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Les récents évènements donnent indéniablement raison à l’opposition. C’est pourquoi, au cours de sa dernière conférence de presse, tenue lundi dernier à la radio Kayira, l’opposition parlementaire Paréna-SADI a renouvelé sa critique de la déclaration de politique générale du Premier ministre Modibo Sidibé.

Cette DPG, a indiqué Me Hamidou Diabaté n’est que le reflet du PDES qui, aussi, est l’émanation du CSLP II. Donc, a-t-il précisé, ce sont les raisons qui ont empêché le CSLP d’atteindre ses objectifs qui feront que le CSLP II n’atteindra pas ses objectifs. En parlant du taux de croissance attendu par le gouvernement, le groupe parlementaire Paréna-SADI a indiqué :

‘’ les difficultés auxquelles le pays est confronté et la réalité pratique nous donnent aujourd’hui raison…nous avons dit qu’une autre politique était possible et montré qu’on pouvait aller par une autre voie, mais, nous n’avons malheureusement pas été entendus.

‘’ Il convient, à cet effet, de rappeler que le 17 décembre 2007, le groupe parlementaire de l’opposition, après l’écoute et la discussion de la DPG du Premier ministre Modibo Sidibé, avait fait savoir que l’hypothèse de base sur laquelle reposait toutes les projections du Chef du gouvernement, à savoir un taux de croissance de 7% manquait de réalisme.

Dans le document que l’opposition avait élaboré pour la circonstance, il avait mentionné : ‘’ne faut-il pas rappeler que de 1994 à 2003, le taux moyen de croissance était de 5,7%. Et depuis 2003, le taux moyen de croissance est de 5,3%. N’ayant pu maintenir un taux de 5,7% pendant le quinquennat écoulé, nous ne croyons guère à la possibilité d’atteindre 7% pour l’actuel quinquennat, étant donné par ailleurs que même l’objectif de réduction de la pauvreté contenu dans le CSLPI n’a pas été atteint. ‘’

Les réalités très claires

Dans ce document intitulé ‘’ Explication de vote sur la déclaration de politique générale du Premier ministre Modibo Sidibé ‘’, l’opposition avait tiré la sonnette d’alarme dans le domaine de l’agriculture en citant l’indisponibilité et le coût élevé des intrants agricoles et la dépendance de notre agriculture des eaux pluviales.

Aujourd’hui le ministre de l’Agriculture a compris que l’initiative riz ne pouvait marcher avec les seules eaux pluviales dont on ne maîtrise pas les aléas, il a donc envisagé d’atteindre ses objectifs en y incorporant la contre saison. Le docteur Oumar Mariko dénonce la mafia constituée des personnes qui ont pris en otage le marché des intrants agricoles parsemé de fausses factures.

Il est d’ailleurs curieux que le Premier ministre, interrogé sur la question des marchés des engrais passés de gré à gré n’ait pas voulu répondre à la question. C’était au cours de la dernière rencontre entre le Premier ministre et l’opposition.

Au cours du vote du budget, les députés de l’opposition avaient signalé que la loi des finances comportait des erreurs qui n’allaient pas tarder à apparaître clairement. La réalité du terrain a prouvé que la gestion des finances publiques a été catastrophique.

Les difficultés que rencontrent plusieurs services publics ont fini par révéler la grave saignée du Trésor public qui n’était qu’un secret de polichinelle. Le 17 décembre 2007, l’opposition mettait en garde le Premier ministre sur le concept de l’école apaisée et performante qui conduit à la démission de la gestion de l’école par les pouvoirs publics pour peu que le calme y règne.

Malheureusement, a constaté le groupe de l’opposition, aujourd’hui, le calme n’y règne pas. Dans le domaine de la santé, avait indiqué le groupe parlementaire de l’opposition lors de la DPG, les mesures préconisées par le Prodess, le Pddss et le Prodec ne permettent pas aujourd’hui de conclure à une amélioration de l’accès des populations à la santé.

Un communiqué du ministère de l’Equipement a confirmé l’échec de la privatisation de la Régie des chemins de fer du Mali. Ce qui confirme les prévisions d’échec de la privatisation de la CMDT, faites même par des députés de la mouvance présidentielle.

En effet, Idrissa Ouattara, député UDD, élu à koutiala nous répondait, au cours d’une interview, dans les coulisses de l’Assemblée, en ces termes : ‘’A mon avis, la privatisation de la CMDT conduit à 90% d’échec. Dans toutes choses, il y a des risques. Le dossier de la privatisation de la CMDT a été mal ficelé, mal géré. Ce n’est pas l’avis des producteurs. Les producteurs sont très réticents à la privatisation.

A mon avis, au lieu de dire que c’est un projet de loi qui autorise l’Etat à céder ses parts d’actions, il faut dire que c’est un projet de loi qui autorise le gouvernement à laisser tomber les paysans. ‘’ Le groupe parlementaire Paréna-SADI, dans sa déclaration de politique générale datée du 24 septembre 2007 avait soutenu qu’il sera le porte-voix des journalistes, en particulier quand leur droit constitutionnel à la liberté se trouve violé.

Aujourd’hui, les journalistes indépendants sont victimes de toutes sortes d’abus de la part notamment des autorités qui tiennent à les bâillonner, de surcroît, avec l’aide de la presse mise au pas. La libération du ‘’ tueur ‘’ de notre confrère Oumar Bouaré donne-t-elle- pas, une nouvelle fois, raison à l’opposition parlementaire ?

Baba Dembélé

07 Août 2008