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Pour le président de l’Association des entraîneurs de football au Mali, Mamadou Moussa Diané, le coach « est une personne valide avec une connaissance théorique et pratique du football sanctionnée par l’obtention d’un diplôme ou d’une attestation, jouissant de toutes ses facultés et disposant de temps pour entraîner ».

L’entraîneur sportif est chargé d’amener une équipe ou un athlète à son meilleur niveau et de le préparer à des compétitions. C’est lui qui est, en partie, responsable de leurs échecs comme de leurs succès. La nature de son travail est naturellement fonction des conditions de pratique de la discipline qu’il encadre.

L’entraîneur est lui-même, à des exceptions près, un sportif de haut niveau qui a pratiqué une discipline de manière intensive pendant plusieurs années. C’est également un enseignant qui maîtrise les processus d’apprentissage et sait les transmettre grâce à un programme d’entraînement destiné à augmenter les performances.

Il conçoit des exercices adaptés à ses élèves ou à ses joueurs. Et cela selon un rythme, une progression et une intensité adaptés à chacun dans les disciplines individuelles. L’entraîneur sportif conçoit un programme d’entraînement pour son équipe ou son athlète : échauffement, assouplissement, exercices pour chacun, tactiques de jeux à mettre en place, etc.

L’entraîneur sportif a bien sûr ses obligations dues à son travail, c’est-à-dire apprendre un sport aux jeunes et souvent avec obligation de résultats si l’association a des objectifs de compétition.

Son travail repose sur la motivation des jeunes qu’il a en face de lui. Véritable chef d’orchestre d’un club ou d’une sélection, rien ne lui échappe : les fautes techniques, les gestes irréfléchis, les défaillances physiques ou psychologiques, la fatigue mentale ou la lassitude. Pour toutes ces tâches, il est souvent épaulé par des conseillers techniques et des préparateurs physiques.

En revanche, il est le seul à savoir motiver ses troupes, les encourager à aller de l’avant, à dépasser leurs limites. Qu’il exerce au sein d’un club, d’une ligue régionale ou d’une fédération sportive nationale, il n’a pas un rôle facile.

Il est le premier bouc émissaire à être sacrifié pour conjurer la contre-performance ou même les crises de gestion administrative ou financière.

En effet, célébré en héros lors des grandes victoires, le coach est facilement discrédité lors d’une défaite et rapidement mis sur la touche.

Sans compter qu’il doit faire preuve de force de caractère et d’un solide sens psychologique pour désamorcer les conflits, ménager les susceptibilités lors des sélections ou soutenir les sportifs en cas d’échec ou ne pas céder à la provocation, voire à la tentation au cas où il entraîne une équipe féminine.

L’entraîneur a aussi une mission d’éducation des jeunes qu’il encadre. Il faut comprendre dans le terme d’éducateur la notion de responsabilité. Ce qui l’oblige à être attentif sur la sécurité et surtout à contrôler ses actes, ses paroles et ses idées.

Mieux, il doit être un guide spirituel et moral, un soutien, un conseiller, un pilier, une référence. Un éducateur ne peut pas faire n’importe quoi car il doit toujours servir de modèle aux jeunes qu’il encadre.

Il faut donc savoir allier 3 notions de copain, de modèle et d’autorité. Les trois doivent être en adéquation pour ne pas qu’une d’elles devienne prépondérante sur les deux autres.

C’est l’équilibre éducatif. L’entraîneur ne peut pas provoquer la motivation, mais uniquement l’entretenir, l’augmenter ou la réanimer. Souvent, on le compare facilement à un sorcier s’il aligne une série de sacres. Toutefois, il n’est nullement un magicien et ne peut pas faire de miracles. Les sportifs sont donc acteurs de leur réussite à 80 %.

Ancien sportif de haut niveau, l’entraîneur doit être en France titulaire du brevet d’Etat d’éducateur sportif (BEES) du 2e degré dans la discipline sportive qu’il pratique. Pour travailler à un plus haut niveau, en tant qu’entraîneur national, le 3e degré du même BEES est exigé. Si on exerce à titre bénévole dans une structure non compétitive, un brevet fédéral délivré par une fédération sportive est suffisant.

Au Mali, il existe un statut de l’entraîneur depuis 2006 afin de mieux organiser le secteur. Mais, c’est en 1995 que l’Association malienne des entraîneurs de football (Amefoot) a vu le jour.

Elle a pour mission de rapprocher les entraîneurs à travers des échanges d’expériences et le renforcement des capacités. Et c’est elle qui a institué ce statut créé sous l’autorité de la Fédération malienne de football. Ainsi, il existe quatre catégories d’entraîneurs.

Il s’agit du diplôme d’entraîneur licence C ou d’une attestation équivalente, du diplôme d’entraîneur licence B, du diplôme d’entraîneur licence A et du diplôme d’entraîneur instructeur.

Au Mali, en 2007, il existait 14 entraîneurs instructeurs, 28 entraîneurs de licence A, 32 entraîneurs de licence B, 67 entraîneurs de licence C et 29 initiateurs. Ces chiffres concernent toutes les capitales régionales du Mali.

Les diplômes correspondant aux entraîneurs de la licence C et de la licence B sont délivrés par la Femafoot et ses structures décentralisées au niveau des ligues. La formation du 3e degré est assurée par la direction technique nationale et éventuellement par la Caf, voire la Fifa ou d’autres structures qualifiées.

Pour les diplômés de l’Institut national de la jeunesse et des sports, ils sont considérés comme titulaires de la licence B pour le cycle moyen et de la licence A pour le cycle supérieur. Toutefois, pour la confirmation de leurs licences, ils doivent subir des stages de perfectionnement organisés par la Fédération.

Et des anciens footballeurs reconnus comme tels doivent bénéficier de stages spécifiques pour l’obtention de la licence C. C’est dire que le métier d’entraîneur de football connaît un début d’organisation au Mali. Ce qui est de bonne guerre !

Alphaly

11 Juillet 2008