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Le Collège transitoire mis en place pour diligenter les affaires courantes à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) n’a pas comblé les attentes. Des voix s’élèvent pour exiger la tenue des élections consulaires. Le processus est lancé par le ministère du Commerce.

Le coup d’Etat de mars 2012 et la situation sécuritaire du pays ont fait que les élections consulaires n’ont pas pu se tenir à la CCIM au terme du mandant du bureau consulaire sortant présidé par Jeamille Bittar.

Pour pallier le vide juridique, un Collège transitoire composé de toutes les sensibilités des opérateurs économiques et des commerçants détaillants a été nommé en novembre 2012. Il doit rester sur place jusqu’à la sécurisation du pays et a pour mandat de d’évacuer les affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un bureau consulaire élu.

La crise de confiance s’est aggravée avec l’entrée dans la danse d’Hamma Abba Cissé, président de la Coordination des commerçants détaillants du Mali, vice-président du bureau consulaire sortant et un de ses militants, surnommé de Gaulle. Ils ont boudé le collège dès sa mis en place.

Le premier a écrit au ministre du Commerce et le second au Premier ministre pour leur demander de procéder dans les plus brefs délais à l’organisation d’élections consulaires avec le retour de la paix et de la sécurité au nord du pays. Selon eux, le Collège, qui a atteint un an, s’est emmuré dans des querelles intestines et la dilapidation des fonds.

Un an après sa nomination, le Collège transitoire présidé par Mamadou Tiény Konaté est en proie à la déconfiture. Ses membres ne parlent plus le même langage. Certains se sont démis de leurs fonctions et ne participent plus aux réunions du bureau, d’autres ont tout simplement demandé de biffer leur nom dans l’arrêté de nomination des membres du collège.

Les lettres de Hamma et celle de De Gaulle ont été au centre d’une réunion le lundi 2 décembre 2013, au ministère du Commerce, sous la présidence du ministre Abdel Karim Konaté dit Empé. Selon nos informations, un accord a été trouvé pour la convocation du collège électoral. Mais cet accord repose sur certains préalables comme la relecture de la loi et du décret portant création de la CCIM.

Tout ce processus et le délai de l’organisation des élections consulaires vont prendre au moins 4 mois. La convocation du collège électoral et l’établissement des listes d’électeurs des membres consulaires prennent 3 mois, selon les dispositions légales. Il faut donc s’attendre à la tenue des élections consulaires à la CCIM entre mai et juin 2014.

La relecture des textes vise à éviter les difficultés qui sont à l’origine de la tension électorale d’octobre 2006 et qui entame jusqu’à présent la cohésion du monde des opérateurs économiques maliens. C’est sur la base des mauvais textes pris en catimini par le ministre du Commerce et de l’Industrie d’alors, Choguel Kokalla Maïga, qui a introduit les procurations, que Jeamille Bittar a été élu avec 80 % de procurations, plus que de votes physiques.

Griefs contre le collège transitoire

Les griefs contre la gestion du collège transitoire portent sur des dépenses qui n’étaient pas prévues dans son mandat et qui sont loin d’être la priorité. Il s’agit d’une dette de 2 milliards de CFA contractée auprès d’une banque pour l’achat et la construction d’un terrain à 500 millions de F CFA à Bamako devant abriter l’école de la Chambre de commerce, la construction à 20 millions de F CFA à Ségou et à Kayes du siège des délégations régionales ainsi que l’achat d’un groupe électrogène de 200 KVA à 20,120 millions de F CFA. A ajouter à ce chapitre, l’achat de deux véhicules VX pour un coût total de 140,7 millions de F CFA.

Face à ces accusations, Youssouf Bathily, le 2e vice-président du Collège transitoire, que nous avons joint au téléphone répond que ce sont « des dépenses programmées, budgétisées, approuvées par la DFM du département et ayant fait l’objet d’appel d’offres en bonne et due forme« . Selon M. Bathily, les deux véhicules dont il s’agit ont la même option que celui de l’ex-président de la CCIM, Jeamille Bittar, même s’il y a une différence de 4 millions de F CFA entre les nouveaux et l’ancien acheté en 2009.

La même marque, a-t-il ajouté, est vendue à 85,5 millions de F CFA chez un concessionnaire de la place. Pour ce qui est du groupe électrogène de 200 KVA de 20 millions de F CFA, aux dires de M. Bathily, son prix est moins cher que celui du marché local et il a été acheté au moment des délestages que Bamako a connus et qui paralysaient les activités de la CCIM.

Et de conclure que les terrains comme les véhicules sont dans le patrimoine de la CCIM et la future école est prévue pour plus de 1000 étudiants.

Abdrahamane Dicko

05 Décembre 2013