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En prélude à la 32e assemblée générale annuelle de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf) qui se tiendra du 25 au 29 février dans notre capitale, le Comité des compagnies d’assurances du Mali (CCAM) a tenu un point de presse hier à la Maison de la presse pour débattre de la problématique des assurances au Mali.

La différence des autres secteurs d’activités, l’assurance demeure très peu connue ou méconnue d’une frange importante de la population. C’est pour inverser cette tendance que le CCAM a voulu mettre un accent particulier sur la communication afin de toucher le grand public.

Pour ce faire, le comité a organisé une causerie-débats sous le thème de la problématique de l’assurance au Mali.
La rencontre était présidée par Mme Cissé Aminata Dembélé, Présidente du comité des compagnies d’assurances du Mali (CCAM) et de son Secrétaire général, Mahamadou Fofana, en présence des différents Directions des autres assurances du Mali.

Prenant la parole, le Secrétaire général Mahamadou Fofana, a fait un rappel succinct de son association.

Créée dans les années 1980, le Comité des compagnies d’assurances du Mali a pour objectif de faciliter la communication et de résoudre tous les problèmes qui pourraient surgir entre les sociétés membres par la voie d’arbitrage et de concertation; de procéder à la formation continue du personnel du secteur de l’assurance et de la réassurance; de favoriser et de vulgariser l’assurance et la réassurance; de promouvoir l’industrie des assurances au Mali.

La présidente, Mme Cissé Aminata Dembélé, a axé son intervention sur les missions de l’assurance et son rôle dans le développement économique et social de notre pays, les contraintes au développement de l’industrie des assurances au Mali ainsi que les mesures de développement du marché des assurances au Mali.

Pour le premier point, elle indiquera qu’il est indispensable de corriger la perception mitigée largement partagée par de nombreux citoyens « les assureurs passent pour des opérateurs économiques riches, qui encaissent des primes d’assurances et qui rechignent à indemniser les sinistres« . Car, selon elle cette vision ne colle pas à la réalité.

D’autre part, Mme Cissé a relevé que les compagnies d’assurances contribuent au développement du pays par l’injection dans l’économie nationale de plusieurs centaines de milliards. A cet effet, le secteur des assurances est en contribution croissante avec un chiffre d’affaires total de 16, 338 milliards de F CFA en 2006 contre 15 milliards en 2005, soit une progression de 9 %.

Malgré ces chiffres en croissance, beaucoup d’usagers de nos services, fera t-elle remarquer, ne s’adressent au marché de l’assurance que pour le risque automobile, à cause du caractère obligatoire de l’assurance de responsabilité civile. Mais là encore, tous les automobilistes ne respectent pas cette obligation.

« L’assurance RC automobile constitue, à elle seule, près de la moitié du chiffre d’affaires réalisé par les compagnies d’assurances au Mali. Cette relative importance cache une énorme perte et pour les compagnies d’assurances et pour l’Etat, car plus de 4 % du parc automobile n’est pas assuré  » a-t- elle a soutenu.

Pour le second aspect, elle a mis l’accent sur les contraintes essentielles liées à la délocalisation des risques, le non-respect des assurances obligatoires et de l’environnement fiscal défavorable.

A la croire, l’environnement fiscal défavorable a besoin d’être souple, adapté et attrayant pour mieux jouer son rôle de collecteur d’épargne au service de l’économie nationale. S’agissant du dernier point elle indiquera que le secteur des assurances est éminemment porteur pouvant procurer des ressources de longue durée si l’autorité de tutelle, au travers d’une politique mieux ciblée, renforce les capacités d’intervention des acteurs sur le marché.

Ainsi, cette politique dira la présidente, ne peut se faire qu’avec la mise en place d’une Direction des assurances à l’instar de certains pays
« Cette entité de surveillance régentera non seulement à court et moyen termes la politique de développement des sociétés d’assurances en tenant compte des synergies nécessaires, mais évaluera l’état d’application sur le terrain des textes relatifs aux obligations d’assurances en tenant compte des synergies nécessaires » a-t-elle déclaré.

Ramata TEMBELY

22 Février 2008.