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Le président de la Coordination des associations des commerçants, Hama Cissé, s’est insurgé contre la casse, par la mairie de la Commune III, des kiosques des occupants des rues Pointcarré et Mage du marché Dibida. Il en fait porter le chapeau au maire Abdel Kader Sidibé.

Dans la nuit du mercredi 21 novembre, la mairie de la Commune III a détruit au bulldozer des kiosques appartenant à de jeunes commerçants aux alentours du Centre Djoliba au Dibida, occasionnant des millions de F CFA de dégâts. Les biens, composés de pièces détachées de véhicules, de téléphones, de moteurs électriques, tôles… ont disparu sans laisser de trace.

La mairie a agi en dépit d’une décision du Tribunal de la Commune III qui lui défend toute opération de déguerpissement avant le verdict du Tribunal de commerce, seul habilité à se prononcer.

Après l’acte, le président de la Coordination des associations des commerçants détaillants, Hama Cissé, a vigoureusement réagi. « Indigné et outré », M. Cissé dira que la mairie devrait avoir mieux à faire que de s’attaquer aux biens des jeunes commerçants.

Selon lui, elle a outrepassé ses prérogatives de garant de la municipalité. Pour lui, les adhérents de l’Association des commerçants détaillants des rues Pointcarré et Mage du marché Dibida ne sont pas ces jeunes « bana-bana » qui squattent les abords des voies. « Cette association est légalement constituée et a son récépissé délivré par le gouverneur. Ses membres occupent des kiosques au marché Dibida pour exercer leurs activités commerciales et professionnelles depuis 1992 ».

A en croire, M. Cissé, l’association s’est toujours acquittée des droits d’installations et des taxes d’exploitation conformément aux clauses insérées dans les autorisations d’installation. « On ne peut se lever et casser un bien comme son propre poulailler ». « On appelle ça une insulte à l’endroit de notre justice et de nos justiciables ».

Suite à une plainte, le Tribunal de la Commune III, lors de son audience du 15 octobre 2007, a ordonné à la mairie de la Commune III de cesser de troubler les commerçants détaillants du marché Dibida dans l’exercice de leurs activités commerciales et professionnelles, jusqu’à la décision définitive d’expulsion du Tribunal de commerce. En outre elle a prorogé de six mois le délai contenu dans la lettre de congé de la mairie, et ceci à partir de la date de la présente décision.

Hama Cissé a dénoncé les agissements « honteux » de ceux qui ont pris cette « décision irréfléchie » qui ne fait que saper les efforts des plus hautes autorités dans la lutte contre le chômage des jeunes. « L’acte ignoble de la mairie met ainsi des centaines de jeunes en chômage. Mais ce sont aussi les fruits de plusieurs années de labeur qui sont réduits à néant. Des dizaines de millions partis en fumée », s’est-il offusqué.

L’acte que M. Cissé qualifie de « vandalisme » a été posé au moment même où les parties étaient en pourparlers en vue de trouver un terrain d’entente. « On ne peut pas faire une ville comme si on fait sa famille ».

Approché par les victimes, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, affirme n’avoir pas été mis au courant de la décision de déguerpissement des revendeurs. Il a aussitôt commis un huissier pour évaluer les dégâts.

Jeamille Bittar, aux dires des déguerpis, a affirmé que toutes les dispositions seront prises pour que les jeunes commerçants soient remis dans leurs droits.

Amadou Sidibé

26 novembre 2007.