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Si l’émission de télé-réalité Case Sanga, organisée par Fanaday Entertainment et partenaires -dont AFRICABLE- commençait à faire des émules au Mali et dans la sous-région (à part la petite erreur de compréhension entre Mamadou Dembélé dit “Dabara” et les organisateurs, qui avait laissé planer l’ombre du doute sur l’issue de la première édition), la deuxième édition, Case Sanga 2, par contre, vient d’être gâchée par Africable.

En effet, à l’issue du 9è prime qui a vu un des lauréats maliens éliminé, la chaîne satellitaire (AFRICABLE) a cru bon de recueillir les sentiments du public. Un travail pas du tout professionnel, qui aurait mis le feu aux poudres, et qui risqué d’entamer sérieusement le moral, voire la crédibilité des membres du jury.

Et pour cause : le micro-trottoir réalisé aura vu un public déchaîné contre l’élimination de Ousmane Toumani Diakité du Mali, insultant les membres du jury et déversant sur eux de méchants mots, des mots qui les traitaient de tous les noms d’oiseaux, et qui les accusaient de tous les péchés d’Israël.

Des membres du jury qui ne déméritent pas pour autant, au regard de leur parcours dans le monde des arts et de la culture au Mali. Il s’agit, entre autres, de Massamou Wélé Diallo, Idrissa Soumaoro, Sabou Donanthié, le vieux Kassogué… Toutes ces personnalités à rang d’ambassadeurs de la culture malienne ont plus de 30 ans de carrière artistique dans le domaine des arts et de la culture.

Les trimbaler dans le tribunal populaire d’un public aussi passionné que profane en la matière, alors qu’on les a choisis pour être les seuls arbitres du jeu, est aussi injuste qu’il dénote un manque de respect à leur égard.

Pourtant, ils n’ont rien fait d’extraordinaire, ni de pendable : pour noter les candidats, ils sont simplement partis de leur expérience professionnelle, et selon des critères bien définis. Leurs notes sont ajoutées à celles du public qui vote par SMS, pour dégager une moyenne générale au compte de chaque candidat nominé. Et c’est en fonction de cette moyenne qu’un nominé est appelé à poursuivre la compétition ; pendant que le second est éliminé.

Pour le cas spécifique de Ousmane Toumani Diakité du Mali, la note qui lui a été attribuée par le jury était nettement supérieure à celle de la Nigérienne Freeda. C’est plutôt le vote du public qui a donc permis à cette dernière de supplanter le Malien Toumani, un jeune homme qui n’a pas froid aux yeux, mais qui a peu de talent, musicalement parlant. Et il n’était point besoin d’être un professeur de musique pour s’en rendre compte.

En effet, la voix du jeune homme ne cadrait pas du tout avec la musique. En plus, il éprouvait des difficultés d’articulation et d’intonation, au niveau du son qui sortait de sa bouche. Du reste, nombreux sont ceux qui étaient encore surpris de la présence de Ousmane Toumani Diakité dans la compétition.

Enfin, AFRICABLE n’avait nullement besoin de substituer la voix du public à celle des membres du jury. Allez donc savoir si certains d’entre eux ne vont pas désister, suite à cet affront qu’ils viennent d’essuyer… de la part d’ AFRICABLE. Des pratiques du genre sont de nature à mettre définitivement… le feu à la Case. Si ce n’est déjà fait ?

Adama S. DIALLO, le soir de Bamako du

17 Septembre 2008