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L’un des multiples avantages de l’émission Case Sanga sur AFRICABLE (disons le tout net, de la station Africable elle-même), c’est d’avoir désillé un peu les yeux de nos « amis passionnés du service public » de l’ORTM. C’est d’avoir aussi montré qu’il y a d’autres manières de passionner justement les téléspectateurs maliens (et africains), qu’il y a un autre monde de média qui n’est pas forcément fait de soumission, de prétextes toujours plus osés les uns que les autres aux seules fins de booster les maitres du jour, ceux du pouvoir en place.

On ne le dira jamais assez, détourner les moindres émissions sportives, culturelles ou de simples animations à des fins politiques est peu glorieux et beaucoup moins à l’avantage de l’ORTM.

Si « SUMU TELE » a été fermée d’une manière assez cavalière, AFRICABLE qui a pris la relève, sans être une foudre de guerre, est en train de bousculer l’ORTM dans ses certitudes et son programme, l’obligeant même à une ouverture dès 6 heures du matin les week ends. De plus, chose impensable il y a peu, les « passionnés du service public » versent dans la télé-réalité : « Tounkagouna » et « Magna magan » (même si on a du mal à percevoir l’utilité de magna magan).

Bref, Africable réussit avec Case Sanga un grand coup qui lui attire de plus en plus de téléspectateurs et créé ainsi une forte envie à l’ORTM de sortir du train-train quotidien en lui emboitant le pas. Cependant, tout n’est pas rose à Case Sanga

De toutes les émissions de télé-réalité qu’il nous été donné de voir à travers le monde, nous n’avons jamais vu le système de vote en vigueur à Case Sanga. Et Dieu sait que nous en avons vu : star-academy jusqu’à la 7ème édition (et la 8ème débute le 16 sept), Nice People.

La ferme-célébrité 1 et 2, le loft, Secret story, nouvelle star… Partout, c’est le vote, le seul vote des téléspectateurs qui est en mesure de départager les candidats nominés, le jury se contentant que de désigner les 2, 3 ou 4 qui, à ses yeux durant la semaine, n’ont pas été à la hauteur de la performance souhaitée.

Mais à Case Sanga, il y a un jury qui se prend trop au sérieux et qui, avec bienveillance, expertises, hauteur de vue et condescendance, estime que sa notation a autant de valeur sinon plus que la volonté de milliers de téléspectateurs.

C’est ainsi que lors de la demi-finale « Mohamed Diaby-Dabara » de la toute première édition, le jury a failli générer une explosion de violence au Palais de la Culture AHB, n’eût été la vision salvatrice d’une personne très intelligente qui a suggéré de différer la proclamation des résultats.

Tout portait à croire que Diaby l’emporterait car, dans la salle, on ne vibrait que pour lui et la gente féminine, majoritaire, n’avait d’yeux que pour lui et lui tombait comme des mouches.

Hélas, le jury, dans sa croyance en la supériorité de son jugement, a choisi Dabara. Pourtant, dans la star-academy 3, une demi-finale était de la même espèce sauf que, là, le vote populaire en faveur d’Elodie contre Sophia a été respecté, le jury reconnaissant que, professionnellement, Sophia était à mille lieux de sa concurrente, mais les téléspectateurs étaient souverains dans leur choix.

A quoi avait-il servi donc le vote entre Diaby et Dabara si le désir des votants pouvait être contrarié par une poignée d’individus, fussent-ils pro?

L’édition en cours, que nous reconnaissons suivre d’un peu loin, ne doit pas tomber dans cette grossière erreur. Le jury doit se contenter de désigner (de nominer) ceux qui, à ses yeux, n’ont pas atteint la performance nécessaire durant la semaine.

Il appartiendra au public de voter pour celui ou celle qui doit poursuivre la compétition, pour ne pas créer chez lui le sentiment de l’inutilité de son vote.

HAIDARA ML

17 Septembre 2008