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De plus en plus les populations ont du mal à accéder à la carte d’identité nationale. Pénurie ou « affairisme » ? En tout cas, les autorités sont interpellées.

Se procurer de la carte d’identité nationale malienne relève aujourd’hui du parcours du combattant. Le demandeur est obligé de se lever au premier chant du coq et se rendre à l’aube dans les lieux de délivrance (commissariats de police, gendarmerie et sous-préfecture).

A la sous-préfecture de Kalaban-Coro, c’est tout simplement la restriction. On prive les citoyens de rentrer en possession de leurs dus. En effet, le sous-préfet a pris la responsabilité de fixer à 3 jours seulement (lundi, mardi, mercredi) la délivrance des cartes d’identité au grand dam des populations qui ne comprennent pas l’attitude du premier responsable administratif de la Commune. Ce n’est pas tout. Le demandeur se fait accompagner par deux témoins faute de quoi il ne peut accéder à la carte.

Un demandeur et le sous-préfet ont failli en arriver aux mains. Pour le demandeur, ce que le sous-préfet fait est inadmissible. Et d’ajouter que cette époque est révolue. « Ce n’est pas juste de traiter les citoyens de la sorte ». A la sous-préfecture, on apprend que cette pratique du témoignage permet la fiabilité de la carte. « Il y a quelques années, un réseau de trafiquants a été démantelé en possession de la carte d’identité malienne délivrée à Kalaban-Coro. C’est pourquoi on a décidé d’instaurer le système pour barrer la route aux escrocs », se défend le sous-préfet.

Si beaucoup se rabattait sur le Camp I de la gendarmerie, aujourd’hui il faut prendre son mal en patience. Parce qu’on ne fait plus de carte où du moins le nombre de cartes délivrées a considérablement diminué ces derniers temps.

Selon un personnel qui a requis l’anonymat « nous ne savons pas trop ce qui se passe. Mais ce qui est sûr, c’est que ces derniers temps, on ne fait pas de cartes ici ». Il ajoute que la raison est à rechercher au niveau des autorités chargées de la délivrance. Joint au téléphone, un personnel du département de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, après vérification au niveau de la Daf dudit ministère, a affirmé n’être pas au courant de la rupture de cartes aux lieux de délivrance.

L’identification est un processus administratif qui permet de distinguer un individu d’un autre à travers son état-civil. Même périmée, elle permet d’établir l’identité d’une personne par sa photo et sa filiation. En cours de validité, elle permet l’entrée dans certains pays sans avoir à acquérir un visa.

Elle se présente sous la forme d’une carte sécurisée en plastique rigide. Sa validité est de 3 ans après quoi le demandeur se rend dans un commissariat où dans une brigade de gendarmerie en fonction de son lieu de résidence. Aujourd’hui, au Mali, pour se la procurer, il faut affronter vents et marées. Il n’est pas donné à tout le monde de l’acquérir aussi facilement qu’on l’imagine tant l’octroi est difficile.

Si la carte d’identité a pour objet d’identifier un individu, au Mali, les autorités en ont fait un fonds de commerce. Beaucoup se demandent les raisons de sa courte durée de validité qui est de 3 ans. Alors qu’elle est de 10 ans dans plusieurs pays.

En France, la durée de validité est de dix ans. Au-delà on fait établir une nouvelle carte d’identité (renouvellement). Au Burkina Faso, elle est fixée à dix ans à compter de la date de son établissement. Idem pour le Sénégal, (10 ans) et la Côte d’Ivoire. L’Algérie et la Guinée ne font pas exception.


Amadou Sidibé

10 Février 2009