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La première impression que vous aurez en arrivant dans la ville de Yélimané, c’est que cette localité ressemble à une ville insalubre. L’on dirait même que les services de la mairie n’existent pas.

La divagation des animaux contribue à salir la ville. “Souvent des ânes se battent jusqu’à blesser des hommes et font des dégâts énormes. Il faut une fourrière pour caser ces animaux”, nous confie un jeune du milieu.

A cela s’ajoute les problèmes liés à l’éducation. Dans cette ville, il n’y a pas un seul lycée. Ce qui fait d’ailleurs que les élèves sont contraints d’abandonner les cours après leur D.E.F, les parents n’ayant pas les moyens de les envoyer à Kayes ville, soit à plus de 200 kilomètres de Yélimané. L’Etat doit penser à soulager les populations de cette contrée en leur construisant, ne serait-ce qu’un seul lycée.


Il faut noter par ailleurs que dans cette ville, les vols de motos et d’animaux sont très fréquents. Les animaux volés, souvent des troupeaux, sont acheminés en Mauritanie.


Autre point à relever :
Yélimané broie du noir. En effet, l’électrification rurale, tant souhaitée par les populations, y est devenue un véritable calvaire. L’énergie fournie par l’opérateur SSDS (démembrement de l’énergie de France) coûte très cher (14 000 F Cfa par mois) et ne couvre pas les besoins des populations. Le courant qui est fourni seulement de 19H à 00H ne peut alimenter qu’un téléviseur et une ampoule. Les populations de Yélimané s’étaient même soulevées contre l’opérateur français. Aujourd’hui sur les 150 abonnés, plus d’une centaine a quitté le réseau. Il faudrait donc revoir la copie de l’électrification rurale à Yélimané.

Par ailleurs, les populations alphabétisées se plaignent des problèmes de communication. “Yélimané est coupé du reste du monde. Ici, nous n’avons pas d’internet, pas de Cyber, pas de journaux, sauf l’Essor qui nous parvient 1 fois par semaine”, s’inquiète un jeune de la localité.

Dans le domaine de la communication, il faut souligner que les radios communautaires abattent un travail de titan. Elles sont sept au total et deux verront bientôt le jour. Selon le président de l’Association des Radios Rurales du cercle de Yélimané (ARCY), M. Issaka Coulibaly, ces radios sont très importantes dans la sensibilisation.

Elles ont même changé les mentalités des populations. Mais, elles sont confrontées au manque cruel de moyens financiers et techniques. “Nous reconnaissons tous les efforts que l’URTEL mène pour nous. Mais, il faudrait qu’elle nous appuie beaucoup plus. Que l’URTEL ne se limite pas aux formations sur le plan national, mais que ces formations soient décentralisées. Par, exemple, elle peut organiser des sessions de formation chez nous ici. Cela pourra mieux nous aider”, a-t-il ajouté.

Enfin, nous avons noté avec beaucoup de satisfaction le travail que mène le PADDY (Programme d’Appui pour le Développement durable de Yélimané). Selon le directeur de la cellule de coordination, M. Souleymane Maïga, ce programme est le fruit de la coopération quadripartite Mali-France-Brésil-Vietnam, avec l’appui de la FAO et du PAM. Il intervient dans les domaines de la sécurité et de la souveraineté alimentaire, dans l’hydraulique, l’agriculture, l’élevage et l’installation des caisses d’épargne. Déjà, 11 experts vietnamiens sont à Yélimané pour former les agriculteurs et les éleveurs.


Bruno Loma

21 Octobre 2008