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Le Ghana est un Etat de l’Afrique occidentale situé au bord du Golfe de Guinée. Sa capitale est Accra. La langue officielle est l’anglais, la langue d’origine véhiculaire est le twi et la monnaie le cédi. Un pays en plein essor.

C’est à la faveur de la tenue de la 10e réunion annuelle de stratégie de l’initiative africaine sur l’exploitation minière, l’environnement et la société (AIMES), qui s’est tenue du 24 au 26 juin, que j’ai visité Accra, la capitale ghanéenne.

C’était ma toute première visite au Ghana et je le reconnais, j’avais vraiment envie de voir ce pays que la nature a gâté avec une multitude de mines d’or.

J’avoue que je n’ai pas été déçu car j’ai vu une capitale en plein essor, des buildings, des villas hight-class, avec des chantiers d’envergure ouverts partout, des grandes avenues éclairées, surplombées par des échangeurs…
J’ai été aussi impressionné par le nombre de véhicules dans la circulation. Là-bas, la plupart des avenues offrent six voies (3 à l’aller et 3 au retour).

Malgré tout, les embouteillages sont monnaies courantes. Il n’y a certes pas de moto ni de vélo, mais des véhicules, beaucoup de véhicules. De Madina à Kotoko en passant par Lungue, on se croirait dans une fourmilière à cause du nombre incalculable des voitures et des piétons tous pressés. Le centre ville est permanemment animé.

J’ai eu la chance d’être accompagné tout au long de mon séjour par un Burkinabé qui parle mieux anglais que moi. Moses Kambo m’a été d’un apport inestimable. Au Ghana, comme la plupart des pays anglophones, on ne fournit aucun effort pour parler le français.

A un « bonjour », le ghanéen répond « no french ». A toi de te débrouiller pour te faire comprendre. Si M. Kambo n’était pas là, imaginez un peu ce que cela m’aurait coûté ! Il n’a pas failli une seule fois à répondre à mes nombreuses questions et à interpréter pour moi tout ce que mes interlocuteurs ghanéens me disaient.


« No franch » et de l’or à gogo

J’ai visité le marché de Makoula dont j’avais tant entendu parler et mon admiration pour le magnifique site n’a eu de pareil que mon respect pour la qualité des marchandises. Au Ghana, on ne connaît pas le F CFA, mais le cédi (monnaie nationale, 1C = 500 F CFA) ou le dollar américain (1C = 1 US). Attention, ne vous fiez pas au premier chiffre avancé par les commerçants, divisez le par trois ou par deux. Dans toutes les communautés que j’ai visitées, j’ai trouvé des gens heureux.

Aussi, j’ai compris que le Ghana moderne n’a pas de liens géographiques ou historiques directs avec l’Empire du Ghana. Le premier, ancienne Côte d’Or, a été renommé par simple hommage au second. Le nom de Côte-de-l’Or vient des très nombreuses mines d’or du pays qui, avant d’être exploitées par les colons britanniques, allemands, hollandais et français, étaient abondamment utilisées par l’ethnie ashanti, qui garde la tradition de splendides bijoux en or, tradition qui s’est propagée aussi chez l’ethnie voisine, le Baoulé.

Le premier visiteur est frappé par l’accoutrement prisé par les adultes. Ils arborent avec fierté le tissu kente, largement reconnu et apprécié pour ses couleurs et son symbolisme. Ce tissu est fait par les tisserands ghanéens. Selon Ayuimah, un de mes amis ghanéens, le centre de tissage important se trouve à Kumasi et autour de Bonwire. Il est reconnu comme l’endroit où l’on fabrique le vrai kente.

Le kente est un des symboles du système hiérarchisé du Ghana, qui reste fort dans le Sud et les régions centrales du pays, particulièrement dans les zones peuplées par les membres de la tribu ashanti. Des bracelets en or, des anneaux et des gris-gris, des parapluies très ornés font partie du décor.« Le symbole le plus sacré des Ashanti est le Tabouret doré, petit trône doré dans lequel l’esprit des gens est censé résider.

Il est soigneusement gardé à Kumasi, capitale culturelle des Ashanti », m’a dit Ayuimah.
A Accra comme partout au Ghana, les aliments sont épicés, même la bouillie et les cacahouètes. Le lait, les fruits et légumes, la farine de blé, le mil, le riz, les pépites de chocolat sont consommés aussi bien dans les hôtels que dans les ménages.


Flambée médiatique

J’ai été aussi impressionné par les jeunes filles ghanéennes qui s’habillent simplement, souvent en pantalon « jean » ou en culotte ou en jupe avec des tee-shirts, les cheveux coupés ou avec des perruques, elles n’éprouvent aucune honte à marcher à pied. Souvent les distances sont assez longues.

Libéralisé il y a à peine cinq ans, le secteur audiovisuel ghanéen connaît une prodigieuse expansion. En effet, le paysage médiatique ghanéen a vu éclore pas moins de quatre télévisions en clair (deux à Accra, deux autres à Kumasi) et quarante-neuf radios privées nationales ou étrangères, dont quatorze dans Accra. Ceci en plus des chaînes de la Ghana Broadcasting Corporation (radio et TV publiques).

Aujourd’hui, certaines radios privées se sont assuré une bonne implantation à travers le Ghana, couvrant ainsi une bonne partie du pays, comme Radio Gold, qui arrose les trois quarts du territoire, et GAR.

Mais la jeunesse du paysage médiatique ghanéen appelle une meilleure maîtrise des indicateurs de mesure, et ce sont les plus gros annonceurs du pays qui ont pris l’initiative dans ce sens. Ils viennent ainsi de financer la mise en place de la Ghana Advertising and Media Research, avec pour objectif d’aider les annonceurs et les acheteurs d’espace à optimiser leurs investissements publicitaires.


Idrissa Sako

(envoyé spécial)

02 Juillet 2008