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Sur invitation de l’Union des journalistes africains (l’UJA) présidée par l’Egyptien Mahfouz El – Ansari, une vingtaine d’hommes de médiat, venue du Ghana, de la Tanzanie, du Burkina Faso, du Gabon, du Niger, du Malawi, de l’Erythrée, du Soudan, du Maroc, de la Tunisie, du Nigeria, de la Libye, de la Somalie, du Zimbabwé, du Mali et, bien sûr, de l’Egypte (pays hôte) a été formée à l’Institut de formation des journalistes africains de Caire.

C’était du 10 au 29 mai dernier. Cette formation axée sur la pratique journalistique, la culture générale et la visite de certains sites touristiques et culturels a été sanctionnée par un certificat octroyé par cet institut. Par-dessus tout, l’histoire de l’ancienne Bibliothèque d’Alexandrie et la reconstruction de la nouvelle au même lieu ont beaucoup séduit les journalistes africains.

C’est à l’Université américaine du Caire et à la Faculté de Communication de l’Université du Caire que les journalistes africains ont eu droit à des brillants exposés portant sur leur profession notamment les formes d’écriture, la publicité, la présence du journalisme multimédia, le journalisme en ligne, la recherche de média, le journalisme africain et égyptien, le futur de la presse…

Dans le domaine de la culture générale, des thèmes multiples et variés ont été débattus avec des spécialistes. Il s’agit de la transition de l’OUA à l’UA, des relations indo-africaines, du rôle du Fonds Arabe d’Assistance technique aux pays africains, de la réforme économique en Egypte, du dialogue entre les civilisations, des racines historiques des relations égypto – africaines etc.

Sur le plan touristique et culturel, la randonnée était magnifique. En effet, la première visite sur le terrain a eu lieu le vendredi 16 mai, dans la ville d’Alexandrie, située à plus de 200 km du Caire. Nous y avons passé quarante huit heures.

Ancienne capitale de l’Egypte, elle fut choisie par Alexandre le Macédoine parmi treize villes portant le nom d’Alexandrie. Cette ville a été fondée en 332 avant J.C par Alexandre qui est venu en Egypte combattre les Perses qui occupaient le pays.

C’est dans cette ville pleine d’histoire que nous avons visité plusieurs sites archéologiques et surtout la Bibliothèque d’Alexandrie, disons la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie.

Il ressort des explications fournies par notre guide, qu’Alexandrie fut, à son époque, l’un des plus grands foyers culturels de la Méditerranée, sa Bibliothèque superbe étant sans conteste l’un des principaux fondements de sa notoriété.

L’ancienne Bibliothèque d’Alexandrie fut conçue au IIIe siècle avant J.C. Ce fut la plus célèbre Bibliothèque publique de l’Antiquité. En effet, c’est l’un des généraux d’Alexandrie, Ptolémée 1er, qui donna l’impulsion intellectuelle et commerciale à la future grandeur d’Alexandrie.

En -288, il fit construire un musée abritant une université, une académie et la Bibliothèque, renfermant, à l’époque une collection estimée à 400 000 volumes à ses débuts, et jusqu’à 700 000 au temps de César. Ensuite, il demanda à chacun des pays connus de lui envoyer les œuvres de tous les types d’auteurs, qu’il faisait traduire en grec.

Comme la ville était un port, il demanda aussi à tous les navires qui faisaient escale à Alexandrie de permettre que les livres contenus à bord soient recopiés et traduits.

La copie était remise au navire et l’original conservé par la Bibliothèque. Le musée devint ainsi un centre académique de hautes recherches. Les intellectuels et savants de chaque pays se mobilisaient pour faire de ce centre un haut lieu du savoir. Ils étaient attirés par cette masse incroyable de connaissances.

« La terre tourne » : « C’est ici que le catalogue fut inventé afin de répertorier les textes. C’est là que le savant Eristarchus a prouvé que la terre tourne autour du soleil et non le contraire, qu’Erasthène a déclaré que la terre était ronde et qu’Euclide a mis au point ses principes géographiques.

Autant de découvertes importantes pour le monde. La Bibliothèque avait un observatoire astronomique, un jardin botanique et zoologique et des salles de réunion » nous a-t-on révélé.

La première Bibliothèque publique au monde

Ce qui distingue la Bibliothèque d’Alexandrie et ce qui fit sa renommée est le fait qu’elle fut la première Bibliothèque publique au monde. Certains pharaons possédaient de vastes collections de textes législatifs, juridiques et religieux. Il existait également à l’époque des Bibliothèques réservées à certains groupes, comme celles de l’école péripatéticienne.

Mais c’est grâce à la Bibliothèque d’Alexandrie que le commun des mortels pouvait avoir accès aux manuscrits des grands noms de l’époque : Archimède, Aristote, Démocrite, Diogène, Epicure, Euclide, Galien, Héraclite, Hipparque, Hippocrate, Platon, Pythagore, etc.


Destructions de la Bibliothèque

Aujourd’hui, rien ne subsiste de cette grandeur. Les manuscrits furent détruits lors d’un incendie en l’an 47 avant notre ère. Des copies étaient abritées dans la Bibliothèque du temple de Sérapis. Malheureusement, ce temple brûla à son tour en 931. Tous les documents disparurent à jamais.

Les sources sont extrêmement limitées et les positions des historiens aussi tranchées les unes que les autres. Cependant, trois principales hypothèses sont avancées pour expliquer la destruction de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Il s’agit de la guerre civile romaine entre César et Pompée (environ – 50 avant J.C) les conflits de primauté politique et religieuse entre paganisme et christianisme (250-350) et les conséquences de la conquête arabe (environ 650)


Le nouveau temple du savoir universel

Depuis la destruction de l’ancienne Bibliothèque, il y avait un vide jusqu’en 1988, date à laquelle, l’UNESCO et la République Arabe d’Egypte ont lancé un concours pour la construction d’une Bibliothèque dans la ville qui abrita la plus grande collection du monde antique. Inaugurée en octobre 2002, la nouvelle Bibliothèque d’Alexandrie cumule les fonctions de bibliothèques publiques, de centre d’archives, de musée et de centre de formation des bibliothécaires.

Dans le même esprit que l’ancienne, la nouvelle bibliothèque a la volonté de jouer un rôle dans la propagation des cultures et de la science. Bâtie sur le même emplacement que l’ancienne, la nouvelle bibliothèque devrait pouvoir contenir 8 millions de volumes. Mais n’en compte aujourd’hui que 500 000.

Le nouveau bâtiment représente un second soleil s’élevant vers le ciel. Sur ses murs sont gravés hiéroglyphes, alphabets du monde entier, pictogrammes qui sont les racines de l’enseignement et de la paix. Un concours d’architecture, gagné par des Norvégiens, fut à l’origine de ce colosse architectural.

Rappelons, enfin, que la nouvelle bibliothèque comprend un centre pour l’Internet archive, six bibliothèques spécialisées (les arts, le multimédia et l’audiovisuel, les malvoyants, les enfants, les jeunes, les microformes, les livres rares et les collections spécialisées) trois musées (antiquités, les manuscrits et l’histoire des sciences) un planétarium,

un Alexploratorium pour que les enfant découvrent la science et se familiarisent avec elle, un culturama (premier panorama culturel composé de neuf écrans à multicouches numérisées interactives, une vista, neuf expositions permanentes, quatre galeries d’expositions temporaires, un centre de conférence pour des milliers de personnes, sept centres de recherche académique, un forum du dialogue.

La nouvelle bibliothèque d’Alexandrie héberge également une dizaine d’institutions régionales et internationales.

Deux longues heures n’ont pas suffi aux journalistes africains pour écouter cette belle histoire et visiter toutes les infrastructures de cet imposant immeuble du savoir.


A suivre…

De notre envoyé spécial en Egypte, Chahana Takiou

04 Juin 2008