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Avec une superficie de 11 888 km carrés pour une population estimée à 46 230 habitants, l’ex-arrondissement de Ballé est constitué aujourd’hui de trois communes rurales (Dokofry ballé, Allahina et N’dabo). Il ne dispose d’aucune infrastructure de base pour le bien-être de la population. L’absence de routes, d’adduction d’eau et d’électricité en passant par les structures sanitaires de base et la télécommunication suscite aujourd’hui une réelle déception au sein de la population.

Du sous-préfet en passant par l’équipe municipale et la population, l’inquiétude est de taille face aux conditions difficiles de vie surtout renforcées par l’avancée du désert qui met à mal toutes les actions de développement de ladite localité.

Avec la décentralisation, les communes marchent à partir de leurs propres ressources internes dans le processus de développement communautaire de notre pays.

Situées dans le désert à la frontière mauritanienne, les trois communes de l’ex-arrondissement de Ballé ne disposent pas de ressources conséquentes pour faire face à la demande de ses populations.

Approché par nos soins, à l’occasion de la rencontre culturelle des Kagoro dans le Bakounou à Ballé, le premier adjoint au maire, Abdoulaye B Dantioko, pointe un doigt accusateur sur l’Etat.

Qui selon lui, n’a engagé aucune action de développement dans cette localité depuis des années. « Le manque de ressources constitue pour nos communes un véritable problème. Ce qui met en mal la mise en œuvre de la décentralisation qui est renforcé par le retard dans le transfert des ressources. Si la commune ne dispose pas suffisamment de ressources, l’Etat central doit obligatoirement apporter son appui à la commune pour qu’elle puisse répondre plus ou moins aux besoins essentiels de ses populations. Aujourd’hui, c’est la plus grande déception pour nous les responsables de la municipalité», a expliqué le maire.

Ce cri de cœur du premier adjoint au maire de la commune de Ballé se justifie par un manque crucial d’un système d’adduction d’eau dans ces communes. Selon le maire, la commune de Dokofry Ballé est pratiquement la seule commune dans le cercle de Nara qui ne dispose pas encore d’un système d’adduction d’eau moderne. Dans cette zone, les rares puits traditionnels sont dans un état chaotique pour faute d’entretien. Pour se rendre à l’évidence, il suffit de faire un tour à Dinah pour voir l’état d’effondrement du grand puits qui servait de source d’approvisionnement aussi bien pour la population que pour les animaux.

Pour Fatoumata Camara, une brave dame de Ballé, l’eau est une denrée rare pour la population de Dokofry en général et celle de Ballé en particulier. « Nous sommes dans le désert, notre approvisionnement en eau potable demeure un problème majeur. Nous sommes des Maliens comme les autres, l’Etat a l’obligation de créer des conditions pour notre approvisionnement en eau », a-t-elle soutenu.

En plus du manque d’eau, le souci majeur des trois communes de l’ex-arrondissement de Ballé reste aujourd’hui l’absence d’une structure de santé de base (un centre de santé de référence) et l’enclavement de cette zone. Cette situation s’est accentuée par l’incendie du centre de santé communautaire (CSCOM) de Ballé dans la nuit du vendredi 21 mai 2010.

A en croire le premier adjoint du maire de la commune de Dokofry, pour évacuer une urgence sur Nioro ou Nara, où il y a un centre de santé de référence, il faut nécessairement louer un véhicule entre 100 000 et 150 000Fcfa pour une distance avoisinant 130 à 170 km. En plus de cette situation sanitaire difficile, la liaison entre Sebabou et Ballé demeure aujourd’hui un calvaire pour la population. Sur une distance de 140 Km, les quelques rares véhicules qui assurent la liaison peuvent mettre 6 heures de temps.

Face à cette situation de désolation, la population pointe un doigt accusateur sur le gouvernement. Selon cette population, le pouvoir central de Bamako a délibérément abandonné cette partie de la deuxième région du pays.

Approché par nos soins, un haut responsable de l’administration ayant requis l’anonymat, a expliqué que les migrants de cette zone avaient décidé de construire et d’équiper un centre de santé de référence à Ballé pour un montant de 500 millions de nos francs. Sur le même sujet, le premier adjoint au maire a indiqué que l’Etat est responsable du blocage de ce projet de construction du centre de santé de référence (CSRF). Selon lui, l’Etat n’est pas disposé à prendre en charge les 23 agents pour le fonctionnement du centre.

Pour relever le défi, les trois communes ont décidé de faire une intercommunalité à travers la signature d’une convention en mettant l’accent sur la gestion durable des ressources naturelles.

Nouhoum Dicko

03 Juin 2010