Partager

Selon une tradition de notre pays, le beau-fils apporte du sucre à ses beaux parents en prévision de leur rupture de jeûne. Sans en être une obligation, ce rituel renforce les liens entre les personnes. Aux dires des personnes qui ont suivi l’évolution de nos mœurs, la procédure de «donner du sucre à ses beaux», n’était aucunement une exigence et chaque chef de famille pouvait apporter du sucre dans sa belle famille, selon ses moyens.

Mais aujourd’hui, on remarque que cette pratique relève plus d’un calvaire que d’un acte de piété ou d’amour. Ceci est dû au fait que des belles-familles fixent le nombre de kilos de sucre qu’elles désirent recevoir pendant le mois de Ramadan. Les kilogrammes de sucre semblent avoir été désignés comme quotas pour beaucoup de familles dans notre capitale. Aussi quand un beau fils apporte des kilos en moins, il est mal reçu dans sa belle-famille. En général, ces genres de considération proviennent de certaines mères qui, poussées par la cupidité, exigent que leur beau fils leur apporte un nombre important de kilos de sucre. Il arrive bien de fois que des mères mettent en compétition leurs filles. Dans ce cas, chacune va acculer son mari à donner à la famille plus de sucre que ses sœurs.

Dans certaines familles, il existe une rivalité entre les filles qui amènent donc leurs maris à transformer l’acte en «farotage». Le sucre est alors remplacé par les billets de banque. Parfois, des ménages sont perturbés à cause du comportement d’une sœur qui apporte le sac de sucre ou une importante somme d’argent dans le simple but d’exhiber la richesse de son mari. Tout comme une mère qui demande à sa fille dont le mari a des moyens limités de prendre exemple sur celle qui a un époux nanti. Cette situation conduit beaucoup de couples à des disputes et amène les sœurs à se haïr et des beaux fils à chercher les moyens financiers de manière douteuse afin de se sauver la face dans le cercle familial.

Le mois de Ramadan est une période de tolérance, de piété, d’amour envers le Créateur et ses prochains. Une autre façon de manifester sa tolérance peut consister, chez les belles-mères, au fait d’alléger son gendre du poids de ce mois, quand l’on sait qu’il a aussi son foyer à gérer. Il est conseillé d’inviter le gendre à n’apporter que ce qu’il peut exécuter sans souffrir dans sa bourse. Lorsque vous prenez l’habitude en tant que belle-mère de recevoir et de remercier chaque geste de vos gendres avec le même enthousiasme qu’il s’agisse d’un kilo ou dix kilos de sucre, vous parviendrez à maintenir une harmonie et du respect dans votre cocon familial. Et votre gendre vous aimera plus pour l’avoir aidé à travers votre compréhension à maintenir la paix dans son foyer.

Khadydiatou Sanogo

23 aout 2010 / Le Républicain