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Les caniveaux de Kalabancoro ne sont pas curés. Cela risque d’occasionner des inondations avec leurs corollaires d’écroulements de maisons et souvent même de morts d’hommes.

Depuis plus de 5 ans, le curage des caniveaux et collecteurs est une tradition dans les activités d’assainissement des pouvoirs publics et des collectivités. Cette année, face aux risques d’inondations, les autorités ont lancé un appel aux municipalités pour le curage des caniveaux.

Les caniveaux et les collecteurs, en tant qu’ouvrages d’assainissement, jouent le rôle de drainage des eaux de pluies. Le réseau fonctionne de la manière suivante : les caniveaux reçoivent les eaux pluviales et les dirigent vers les collecteurs qui, à leur tour, les conduisent vers le fleuve.

L’entretien courant de ces ouvrages permet un bon écoulement des eaux de ruissellement, réduisant du coup les risques d’inondation pendant la saison des pluies. De ce fait, une défaillance à un niveau aura une répercussion négative sur le fonctionnement de tout le système.

Pour pallier tout dysfonctionnement du système la plupart des communes et leurs partenaires intervenant dans l’assainissement sont en train de mettre les bouchées double pour que l’eau de pluie soit évacuée facilement en curant les caniveaux.

Malheureusement, à Kalabancoro, l’appel des autorités n’a pas été entendu, non pas parce que la volonté n’y est pas, mais parce que la Commune est confrontée à un manque de ressources financières. Bien que contigu au district de Bamako, précise le maire adjoint Lamine Sangaré, le quartier (chef-lieu d’une Commune rurale de 11 villages) a des ressources limitées contrairement aux communes urbaines.

Malgré la volonté des pouvoirs publics à mettre la capitale et ses environs à l’abri des risques d’inondation et d’offrir un environnement assaini aux citoyens, la situation des ouvrages à Kalabancoro laisse à désirer. Les collecteurs sont utilisés comme dépotoirs d’ordures ménagères. Ils constituent la principale difficulté pour la municipalité.

Les caniveaux réalisés à l’occasion de la Can-2002 sont complètement bouchés à tel enseigne qu’on a l’impression qu’il n’y a pas de caniveaux. Conséquence : à chaque pluie, les eaux submergent les voies et sont en train de dégrader l’état même des routes.

S’y ajoutent des écroulements de maisons dus au fait que l’eau stagne. La voie principale qui relie le quartier à Kabala se trouve dans un état de décrépitude avancé. Le banco est en train de « manger » le goudron. « La poussière nous crève les yeux. On a l’impression qu’il n’y a pas de goudron à Kalabancoro ». Telle est la complainte des populations.

Si rien n’est fait rapidement, Kalabancoro est bel et bien menacé.


Amadou Sidibé

05 Aout 2008