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La ville de Bamako reçoit ces jours-ci de fortes pluies alors que presque tous ses caniveaux sont obstrués. Un risque d’inondations pointe à l’horizon avec le mois d’août ou « thio-thio kalo« (mois de grandes précipitations) qui s’annonce. Il y a urgence.

L’obstruction des caniveaux est un problème sérieux à Bamako surtout en cette période hivernale. Le peu de caniveaux dans la ville sont bouchés par des ordures de toutes sortes. La ville est plus que jamais exposée à un risque d’inondations.

Déjà, plusieurs zones de la capitale sont temporairement inondées par des pluies qui s’abattent couramment sur le district. Le lundi 9 juillet 2012, il a beaucoup plu à Bamako. Plusieurs endroits ont été submergés d’eau.

De Niaréla à Bozola en Commune II, à Fadjiguila, Djélibougou, Banconi en Commune I en passant par Hamdallaye et Lafiabougou en Commune IV, partout les routes principales étaient envahies par l’eau qui n’arrivait pas à se frayer un chemin. Plusieurs ruelles étaient dans la même situation.

Aujourd’hui le problème de curage des caniveaux se pose avec acuité à Bamako. Les populations n’ont trouvé d’autres dépotoirs que les caniveaux. Or, les curages se font à la va-vite. Le sable et la boue tirés des fossés sont laissés au bord de ceux-ci, avant de se trouver dedans.

Il n’y a plus de caniveau à Bamako qui répond aux normes. Malheureusement, l’opération de curage de caniveaux qui se tenait chaque année n’aura pas lieu cette fois-ci. L’information a été donnée, il y a quelques semaines par le maire du district de Bamako, Adama Sangaré.

Une goutte d’eau

A l’en croire, cette opération ne pourrait avoir lieu à cause d’un problème de financement. Mais, la mairie de la Commune IV, selon Mory Sacko, 3e adjoint au maire, chargé de l’assainissement, va mener une opération de curage des caniveaux de cette circonscription. D’ailleurs, depuis le 23 juin, elle a commencé cette activité en collaboration avec la population et des partenaires financiers.

« Depuis trois ans, nous faisons une opération de curage à côté de la mairie centrale. Mais, nous allons faire une extension de l’opération, car la mairie centrale n’est pas là cette année et aussi nous constatons qu’il y a de fortes pluies. La première tranche de l’opération a coûté 8 millions de F CFA. Il y aura forcément une seconde tranche pour tous nos quartiers. Le principe de l’opération est celle : la population cure et la mairie ramasse. Mais dans certaines zones où il n’y a pas assez de monde comme à l’ACI-2000, la mairie cure et ramasse. Les populations ont adhéré au projet parce qu’elles savent qu’elle peut prévenir les inondations« .

Selon Amadou Aya, chargé de communication, la mairie de la Commune IV a mobilisé deux camions pour ce faire.

Malgré ces efforts de la Commune IV, le problème reste entier, car les eaux traversent plusieurs communes du district avant de se jeter dans le fleuve. Le curage des caniveaux doit être un service continue. Populations et collectivités locales doivent fournir beaucoup d’efforts pour curer les caniveaux, sinon, le risque d’inondation au mois d’août ou encore « thio-thio kalo« est très grand.

Autant dire que l’engagement de la Commune IV ressemble à une goutte d’eau dans une mer des besoins.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 10 Juillet 2012