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edm.jpgDepuis bientôt deux semaines, la situation est devenue plus que tendue du côté de l’EDM (Énergie du Mali).

Habituellement et cela sur une base statistique, le constat est fait qu’à partir de juin, la consommation en eau et électricité commence à diminuer. Mais la réalité est autre cette année. En effet, alors que la première quinzaine de juin est passée, il y a toujours un grand déséquilibre entre l’offre et de la demande d’énergie sur les réseaux interconnectés.

Dès la fin du mois de mai, la demande en eau et électricité amorce une baisse chaque année. Mais parce que la saison des pluies se fait encore attendre, la demande a subi une hausse fulgurante depuis près de deux semaines, au moment où les centrales thermiques et hydroélectriques sont au plus faible de leurs capacités de production. L’EDM ne se trouve donc plus en mesure de fournir suffisamment de courant pour couvrir la demande grimpante.

C’est donc un appel à l’économie d’énergie qu’ont lancé le directeur général de la société, Sékou Alpha Djitèye, et le directeur central commercial, Abdoulaye Djibril Diallo.

C’était vendredi dernier au cours d’un point de presse animé dans les locaux de la société. L’objectif recherché aujourd’hui : réduire la demande de 10 %.

« Si par chance, le temps clément observé hier (Ndlr : jeudi) se poursuit, nous pourrons fournir suffisamment d’énergie pour tout le pays. Mais si au contraire la chaleur se maintenait à son niveau actuel, nous ne pourrons pas« , a averti Sékou Alpha Djitèye.

Il a rappelé qu’avec de gestes simples comme éteindre les lumières non indispensables ou la climatisation quand l’on sort de son bureau ou d’une pièce de sa maison, l’on peut permettre à l’Énergie du Mali d’économiser suffisamment d’énergie pour satisfaire la demande. Mais l’EDM n’envisage pas pour le moment de procéder à des délestages.

Le directeur central commercial, Abdoulaye Djibril Diallo a expliqué que pour le moment, il y a pas d’autre solution que de faire baisser la consommation. Car pour renforcer, les capacités de production, il faut du temps. Le temps qui se passe entre le lancement des appels d’offres et la livraison des équipements étant très long.

« Nous abordons des jours difficiles, mais nous allons les passer ensemble« , a-t-il ajouté tout en précisant que l’eau et l’électricité sont des services publics partagés par tous. « A un moment donné, il faut atteindre un équilibre parfait entre la quantité d’électricité produit et la demande. Si chacun économise 10 % de sa consommation, il pourra satisfaire 9/10 de ses besoins« , a assuré le responsable de l’EDM.

Sékou Alpha Djitèye a profité de l’occasion pour répondre à ceux qui se plaignent de la hausse du montant de leurs factures. Il a précisé que les tarifs de l’EDM sont fixes depuis le 20 mai 2004 et que cette situation est d’ailleurs unique dans la sous-région. Si certains ont vu les montants de leurs factures grimper, c’est sans doute parce que leurs consommations ont fortement augmenté à cause de la canicule.

Carine GOULEME-L’Essor

Accès à l’eau potable : LES NOUVELLES ORIENTATIONS

Le ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, en collaboration avec la Délégation de la Commission de l’Union européenne au Mali, a organisé mercredi dernier une journée de dialogue national sur l’eau à l’hôtel Salam.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le chef de cabinet du département des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Souleymane Diallo. Elle s’est déroulée en présence du représentant de la Délégation de la Commission de l’UE, Franco Tranquilli, de la directrice nationale adjointe de l’hydraulique Mme Ly Fatoumata Kane, des partenaires techniques et financiers et des représentants de la société civile.

L’accès à l’eau potable en milieu rural et semi-urbain est une des priorités du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) adopté par notre pays en 2002, a rappelé Souleymane Diallo. Cette priorité s’est traduite par l’élaboration d’une série de textes et d’outils au profit du secteur de l’eau.

L’adoption d’une stratégie nationale de développement de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement en milieu rural et semi-urbain et l’élaboration d’un Code de l’eau, adopté en 2002, jettent les bases d’une nouvelle approche du secteur et légitiment les structures en charge de la gestion des ressources en eau, a expliqué Souleymane Diallo.

Le Code précise les modalités de gestion et de protection des ressources en eau, en déterminant les droits et obligations de l’État, des collectivités territoriales et des usagers, a poursuivi Souleymane Diallo. Il intègre ainsi le rôle des collectivités territoriales qui deviennent un acteur central de la gestion de l’eau.

Quant au plan national d’accès à l’eau potable 2004-2015, il a été élaboré pour répondre à un des Objectifs du millénaire pour le développement : réduire de moitié la proportion de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable d’ici 2015. La politique nationale de l’eau revue a été adoptée en février 2006, a ajouté Souleymane Diallo.

Cette journée de dialogue national était une recommandation de la revue sectorielle sur l’eau tenue le 30 mai et 1er juin dernier.

Trois thèmes étaient au centre des débats lors de la journée de dialogue : l’eau et la décentralisation, la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et la planification et le financement.

Les débats devraient permettre de mieux cerner les opportunités et d’identifier les contraintes et difficultés qui pèsent sur le secteur afin d’y proposer des solutions appropriées.

Boubèye MAIGA

18 juin 2007.