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Cette nouvelle mesure est née de la volonté politique des acteurs de la classe politique et des plus hautes autorités du pays. C’est pourquoi, elle a suscité peu de contestation. L’objectif visé est de rendre plus contraignants les critères d’éligibilité aux élections présidentielles afin d’éviter ce qu’il est convenu d’appeler candidatures fantaisistes. Cet objectif majeur a-t-il été atteint ?

Le parrainage: atouts et insuffisances

Il semble, en effet, que nous nous rapprochons du but. Car, nous avons, au stade actuel, moins de la moitié du nombre de candidats en 2002. Même là, il est hasardeux de croire d’emblée que tous ceux qui ont déclaré leurs candidatures seront effectivement en lice. Car, quoi qu’on dise, il se pose deux problèmes majeurs : la question du financement de la caution, soit dix millions et celle du parrainage. Ainsi, au stade actuel, jusqu’à la preuve du contraire, ce ne sont pas tous les candidats annoncés qui ont la possibilité de se faire parrainer sans difficulté. Au regard de ce constat, certains candidats, malgré leur détermination, devront résoudre les deux équations : financement et parrainage. Ceux qui sont déjà dans le regroupement politique FDR espèrent bénéficier de la solidarité des autres membres du groupe pour régler au moins la question du parrainage.

Des candidatures fantaisistes, malgré tout

Mais, qu’en sera-t-il avec le financement, quand on sait que la caution a été carrément doublée, allant ainsi de cinq à dix millions de francs CFA ? C’est au regard de ce montant qu’on pense que certains candidats pourraient être recalés. Qui sont-ils ? C’est le temps qui nous le dire, quand on sait que certains candidats espèrent sur la magnanimité du président du RPM qui a beaucoup plus d’élus qu’il ne faut pour le parrainage et sur d’autres partis de la même mouvance. Pour ainsi dire, leur sort est encore loin d’être scellé. Cela explique que, malgré la réduction du nombre de candidats, on dénombre encore des candidatures fantaisistes. C’est au cas où ils participeront effectivement à la compétition pour la magistrature suprême que les résultats nous en diront. En effet, certains candidats savent d’avance qu’ils n’auront pas le score qui leur permettra d’avoir droit au remboursement de leur caution de dix millions.

Pourquoi ont-ils alors décidé d’être dans la course ? Si l’on peut estimer que pour certains, la participation aux élections présidentielles est un devoir et une obligation, d’autres n’espèrent-ils pas que c’est en cela même qu’ils ont l’opportunité de s’élever politiquement ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que la plupart d’entre eux espèrent qu’ils pourraient être utiles en cas de deuxième tour aux élections présidentielles. Car, ne dit-on pas que toutes les voix comptent dans ce cas ? Ce qu’il faudra retenir en tout cas, c’est le fait qu’en fin de compte, les charges de l’organisation des élections de 2007 seront réduites pour les autorités. Ainsi, le parrainage et le relèvement du niveau de la caution auront servi à quelque chose.

Moussa SOW

29 mars 07