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L’unité n’a même pas tenu 24 heures: deux poids lourds de l’opposition congolaise ont annoncé dès lundi qu’ils se retiraient de l’accord qu’ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l’opposition à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre en RDC. Les présidents de l’UDPS Félix Tshisekedi et de l’UNC Vital Kamerhe affirment avoir reculé sous la pression de leur base à Kinshasa, après l’accord surprise à huis-clos à Genève avec cinq autre ténors sur le nom d’un outsider méconnu, Martin Fayulu. D’après cet accord, M. Fayulu, à la tête d’un petit parti peu représenté au Parlement, devait défendre les chances de l’alternance face à l’ex-ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis près de 18 ans et qui a accepté de se retirer. Tout semble à refaire au sein de l’opposition après le coup de théâtre de lundi soir. « J’ai compris que l’acte posé à Genève a été mal compris et rejeté par la base. Par conséquent, je retire ma signature de cet accord que nous avions signé hier dimanche au nom de l’UDPS », a déclaré M. Tshisekedi à la radio Top Congo. Très en colère, les militants réunis au siège de l’UDPS à Kinshasa lui avaient demandé plus tôt dans la journée de ne pas se retirer au profit de M. Fayulu et de maintenir sa candidature. « On ne comprend pas pourquoi il peut se désengager pour un candidat impopulaire. Pour nous à l’UDPS c’est un affront. Nous disons que le président Tshisekedi doit se ressaisir et revenir à la raison », avait déclaré le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund. – Auto-exclusion – « Au cas contraire – c’est la base qui décide – il sera destitué », avait menacé Simon Kashama, militant de l’UDPS. « On n’a pas fait 36 ans de lutte pour chercher un candidat commun, mais pour chercher une alternance, conquérir le pouvoir », a-t-il poursuivi. Quelques minutes après M. Tshisekedi, l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe a embrayé à son tour la marche arrière toute, toujours sur Top Congo: « J’annonce donc que je retire ma signature pour respecter la volonté de ma base. Sans cette base, je vais moi-même m’auto-exclure du parti. A quoi ça sert d’être leader sans base ? ». Avant l’accord de Genève, MM. Tshisekedi et Kamerhe avaient été investis candidats à l’élection présidentielle par le congrès de leur parti… AFP