Partager

jpg_une-397.jpgSi sa longue absence du pays a fait que beaucoup de Maliens l’ont relativement oublié, l’enfant de Niafunké, Soumaïla Cissé continue, lui, à penser au Mali depuis la lointaine mais aussi très proche capitale burkinabè où il pris ses quartiers depuis plus de sept ans qu’il préside la Commission de l’UEMOA. Celui qui a eu à croiser le fer avec le président ATT en 2002 et qui a battu campagne pour la réélection de ce dernier en 2007 s’estime, en tout cas être en droit de prétendre occuper le fauteuil que l’actuel président de la République cédera en 2012.

C’est vrai que durant la très longue absence de Soumaïla Cissé, son parti, sous la houlette de l’honorable Younoussi Touré, a engrangé beaucoup de succès, allant jusqu’à se hisser au rang de deuxième force politique du pays, après sa mère biologique l’ADEMA. D’où ce sentiment d’optimisme quant à la victoire en 2012, aisément perceptible chez les plus hauts responsables du parti de la poignée de main. Au sein de cette formation politique, tout semble baigner comme dans l’huile. L’autorité de Soumaïla Cissé ne souffrant également d’aucune contestation. Les quelques rares cas d’indiscipline, relevés par-ci par-là, ayant été très vite circonscrits. Laissant ainsi le mentor du parti seul maître à bord. L’ancien ministre de la Santé et deuxième vice-président du parti, Oumar Ibrahima Touré, qui avait prétendu faire valoir ses ambitions de présidentiable, a été contraint, par la force des choses, à mettre de l’eau dans son vin.

L’homme qui ploie actuellement sous le poids de six chefs d’accusation dans l’affaire du Fonds mondial a, certainement, d’autres chats à fouetter. Une situation qui fait, aujourd’hui, que l’enfant de Niafunké peut surfer sur la stabilité et la cohésion de son parti. Deux éléments forts indispensables dans la course à l’élection présidentielle. Soumaïla Cissé, qui retrouvera les siens en septembre prochain, fera donc partie, dès le 11 septembre, des candidats déclarés à l’élection présidentielle qui pointe déjà le nez.

Dans le starting-block de cette présidentielle de 2012, il y aura des grosses cylindrées à l’instar de Dioncounda Traoré de l’ADEMA, Ibrahim Boubacar Kéïta du RPM, Soumaïla Cissé de l’URD et du candidat du PDES qu’on ne connaît pas encore mais qui est attendu pour créer la très grosse surprise. Du moins en caresse -t-on l’espoir du côté des héritiers présomptifs d’ATT. Soumaïla Cissé, arrivé deuxième en 2002, compte donc bien réussir cette fois-ci l’ascension de la colline du pouvoir et occuper le fauteuil douillet qu’ATT se voit obligé par la Constitution de céder le 8 juin 2012. Ayant créé un parti en 2003, exclusivement à cette fin, c’est un véritable défi que l’ancien patron de l’UEMOA est amené à relever.

La sérénité et la cohésion qu’affiche le parti des Abeilles, qui semble avoir réalisé l’union sacrée autour de la candidature de Dioncounda Traoré, ne sont pas du tout rassurantes pour les militants de l’URD. En effet, ce parti comptait fort sur une éventuelle division de l’ADEMA afin de placer des pions et s’approprier des voix de la Ruche. Pour le moment, cela n’est donc que pure illusion, une simple vue de l’esprit. Mais un rêve que l’URD continue à nourrir.

Rappelons que suivant l’Article 47 des statuts de l’URD, c’est  » la Conférence Nationale qui investit, sur proposition du Bureau Exécutif National (BEN), le candidat du parti à l’élection présidentielle « . Quant à cette Conférence Nationale, elle est composée des secrétaires généraux des sections ou de leurs représentants, des présidentes des sections du Mouvement des Femmes, des présidents des sections du Mouvement des Jeunes, des députés du parti, des conseillers nationaux du parti, des membres du BEN, des membres des Commissions spécialisées du parti. Quant aux ministres membres du parti, ils y prennent part mais seulement avec voix délibérative. Dans le cas présent, tous les trois ministres du parti sont également membres du BEN, donc des délégués à part entière.C’est donc tout ce beau monde qui est convoqué en conclave, les 10 et 11 septembre prochain, au palais de la Culture de Bamako, pour procéder dans la ferveur militante à l’investiture de Soumaïla Cissé à l’élection présidentielle de 2012. Qui promet, comme on le voit, d’être très serrée.

Mamadou FOFANA

08.08.2011