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Après la gestion consensuelle du pouvoir par ATT pendant son premier mandat, la situation politique nationale est à nouveau en ébullition. On s’y attendait au sein de la classe politique et de l’opinion publique nationale et internationale, puisqu’à mi-parcours de la gestion consensuelle du pouvoir, nous avons observé des réactions négatives de la part d’acteurs politiques dont les attentes furent déçues. Au cours de la période de pré campagne électorale, nous avons été témoins de tirs croisés sur le pouvoir, la personne d’ATT, voire sa famille. ATT cratie, Doumbi Fakoli et un Para à Koulouba. C’est à travers ces oeuvres que l’on a tenté de déstabiliser le pouvoir par des actes de dénonciation, de dénigrement. Mais, les résultats du scrutin du 29 avril, premier tour des élections présidentielles, ont démontré que les manoeuvres des apprentis sorciers ont été vaines.

Ce sont, en fait, les pratiques du genre qui ont provoqué le dégoût de la politique chez nombre de concitoyens. A cela s’ajoutent les promesses non respectées de certains acteurs politiques. De là l’explication du faible taux de participation aux élections.

DES ACTEURS POLITIQUES SE TROMPENT SUR LE COMPTE DES ELECTEURS

D’ores et déjà, il importe que les acteurs politiques revoient leur copie. Sont-ils majoritairement disposés à envisager cet effort de revalorisation de la chose politique? Rien n’est moins sûr car, le constat le plus récent est que de nombreux acteurs politiques sont des partisans du moindre effort , ils ne sont pas disposés à innover, à changer de comportement et de stratégie. L’expérience prouve qu’ils s’accrochent désespérément à des pratiques tombées en désuétude au fur et à mesure du processus démocratique au Mali.

En effet, parmi eux, il y en a qui s’entêtent à croire que les convictions et les mentalités des populations, électeurs potentiels n’évoluent pas. Tant que cela sera leur conviction ils n’inventeront pas la roue. En effet, ils imputent toujours leurs échecs électoraux au pouvoir en place, au président de la République ou à l’administration. Erreur ! C’est pourquoi, nous disons qu’ils doivent se ressaisir, voire la réalité en face, changer de mentalité, d’état d’esprit et de méthodes pour être capables de transformer qualitativement leurs idées, de matérialiser leurs ambitions, si noble, si patriotique soient-elles.

Avec les élections présidentielles du 29 avril, nous avons pu nous rendre compte que le peuple souverain a atteint un certain niveau de maturité. Il n’est plus prêt à se laisser berner par des acteurs politiques qui sont devenus, au fil du processus démocratique malien, des marchands d’illusions. On reconnaît l’artisan à l’oeuvre, dit-on.

DES SCORES EN DEÇA DES ATTENTES

A l’issue du scrutin du 29 avril, les candidats contestataires sont ceux du regroupement politique Front pour la Démocratie et la République (FDR). Il s’agit de Ibrahim Boubacar Keïta du RPM, de Tiébilé Dramé du PARENA, de Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence 2007 et de Mamadou Sangaré de la CDS. Pour avoir recueilli des résultats en deçà de leurs attentes, ils sont entrés en colère. Pourtant, ils n’étaient pas les seuls candidats dans cette situation.

En effet, sans affirmer que le Dr Oumar Mariko est d’accord avec tout: conditions d’organisation et de déroulement des élections, il n’a pas les mêmes réactions que les candidats du FDR qui, du reste, ne peuvent soutenir qu’ils sont plus importants que lui. En effet, le Dr Oumar Mariko est tout aussi l’une des figures emblématiques du mouvement Démocratique qui inspire respect et considération. Il a réagi en affirmant que ses inquiétudes se sont avérées. Mais cela ne l’a pas empêché d’appeler à l’apaisement, estimant que le Mali n’a pas besoin de situation trouble. Il sait de quoi il parle. Par cette réaction, le Dr Mariko a fait preuve de sagesse et de responsabilité, sinon chacun sait bien que c’est un acteur politique qui ne recule devant rien, compte tenu de sa forte volonté.

En plus, il y a les candidats Madiassa Maguiraga et Mme Sidibé Aminata Diallo. Eux, à la différence des candidats du FDR et de Dr Mariko, se sont réjouis de l’organisation et du déroulement du scrutin du 29 Avril.

Ceux du FDR, par contre, tentent non pas de réclamer la victoire, mais de contester les scores qu’ils ont obtenus. Cette réaction, il faut le préciser, a conduit certains d’entre eux à ce qu’on pourrait qualifier de férocité, mettant ainsi à mal notre démocratie et par la même occasion, c’est leur propre crédibilité qui est progressivement entamée, à travers le fait qu’ils contribuent, par leurs réactions, à fragiliser la démocratie, à ternir son image.

CANDIDATS DU FDR : PAS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE

Les candidats du FDR, malgré qu’ils contestent tous les résultats, au motif qu’il y a eu des fraudes massives, ne sont pas tout à fait sur la même longueur d’onde. En effet, selon Soumeylou, c’est la manière dont ont été organisées et se sont déroulées les élections qui n’est pas conforme à leur conviction et vision. Voudrait-il parler là d’une menace qui planerait sur notre processus démocratique ?

Dans tous les cas, IBK a une approche différente. Il s’est montré très fâché. Ainsi, en parlant des élections du 29 avril, il a dit ceci : “Il est des victoires honteuses, amères, peu glorieuses…”. Par la suite, il a parlé de “manières grotesques”.

IBK n’a pas affirmé qu’il avait gagné comme en 2002. Mais, on se rappelle qu’à la veille du scrutin du 29 avril, il avait dit qu’on ne lui volerait pas sa victoire comme en 2002.

Tout ce qu’on peut dire sans risque de se tromper, c’est que les candidats du FDR comptaient surtout sur un deuxième tour dont l’éventualité a été écartée avec les premiers résultats qu’ils avaient à leur disposition.

Au nom de la démocratie et de l’esprit patriotique qui, selon les déclarations, sont le cheval de bataille de tous les candidats, n’ y a-t-il pas lieu que les uns et les autres se ressaisissent?

Moussa SOW

09 mai 2007.