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Le dimanche 1er juillet 2007, le premier tour des élections législatives n’a enregistré que quelques petits couacs, sur le plan de son organisation. L’autre constat, c’est surtout la maigre affluence des électeurs. Toutes choses qui ont poussé le Président de la République, Amadou Toumani Touré, à envisager la relecture des textes sur la loi électorale, après ces législatives.

Mais on retiendra surtout la débâcle des indépendants, face à ce scrutin. Ce qui prouve, une fois de plus, que la politique reste le domaine des partis politiques, dont certains sont implantés et représentés dans les coins les plus reculés.

Au cours de cette législative 2007, on a assisté à une multiplication des candidatures indépendantes, pour des raisons diverses. Si certaines candidatures s’expliquent par le fait qu’elles n’ont pas été choisies par leurs partis, d’autres candidats, par contre, se sont présentés uniquement pour leurs propres intérêts. Surtout qu’aujourd’hui, la fonction de député est très recherchée.

En effet, à partir de 2007, chaque député aura droit à un salaire de 500 000 F CFA et une prime d’installation de 10 millions F CFA. Aussi, selon nos sources, certains candidats chercheraient à se protéger contre d’éventuelles poursuites judiciaires, en s’abritant derrière l’immunité parlementaire. D’autres candidats guigneraient la députation, rien que pour bénéficier de passeports diplomatiques et parlementaires, pour importer des marchandises, sans taxes ni contrôle.

Mais force est de reconnaître qu’au lendemain des résultats provisoires, c’est la désolation, sinon l’humiliation de bien des indépendants. Selon des sources bien fondées, un des candidats indépendants est tombé en syncope, après la proclamation des premières tendances.

Le désintérêt des électeurs, face à la chose politique, la pauvreté galopante et la misère expliquent cette déconvenue. Sans compter les promesses fallacieuses, et l’incohérence des discours de programme de ces candidats.

C’est le cas de certains d’entre eux, qui déclaraient qu’ils allaient électrifier les différents quartiers, ou construire des fontaines d’eau, des routes, etc. Mais, ils oublient que certains routiniers sont dans la mouvance politique, bien avant la révolution de mars 1991. Il s’agit des partis politiques bien structurés, et organisés.

Du reste, la plupart de ces indépendants sont méconnus de la population, car n’ayant rien entrepris, comme actions concrètes, dans leurs localités d’origine. Aussi, la plupart d’entre eux manquent de moyens matériels et financiers, pour motiver leurs partisans et sympathisants.

En attendant la validation, par la Cour Constitutionnelle, de ces résultats provisoires, à part l’indépendant Moussa Mara en Commune IV et la liste indépendante “Fasodenw” de l’ancien maire de Sikasso, Mamadou Tangara, tous les autres indépendants sont menacés de perdre la partie.

En effet, ce sont les partis politiques qui sont majoritairement sortis gagnants, tant dans les 6 communes de Bamako que dans toutes les circonscriptions électorales de l’intérieur. C’est dire que la notion de candidature indépendante doit être, au préalable, mûrement réfléchie.

Selon des sources concordantes, certains ont décidé de se retirer de la vie politique pour de bon, allant jusqu’à accuser leurs staffs de campagne de les avoir induits en erreur. D’autres, par contre, ont juré de “poursuivre leur lutte”, pour l’honneur, en dépit de l’échec. En effet, certains indépendants, qui pensaient être incontournables au sein de leurs formations, ont claqué la porte, quitte à essuyer la risée publique. Tenteront-ils de rejoindre leurs partis d’origine ?…

En attendant, beaucoup d’indépendants doivent serrer la ceinture, s’ils veulent gagner leurs places à l’hémicycle. Car, comme le dit l’adage, “ce n’est pas le jour de la chasse qu’on doit apprendre à son chien les techniques de la prise d’un gibier.” Aussi, certains indépendants commencent, dès à présent, à affûter leurs armes, en vue des municipales de 2009.

Sadou BOCOUM

04 juillet 2007.