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Plus tôt ces maladies sont dépistées, plus grande est la chance de guérison. Les cancers gynécologiques et mammaires sont de redoutables maladies dont la prise en charge dans les pays pauvres,relève parfois d’une utopie, soit parce qu’elles sont dépistées sur le tard, soit parce que celles qui en souffrent n’ont pas les moyens d’y faire face. Pourtant ces pathologies ont un extraordinaire potentiel de destruction. Elles touchent les organes génitaux de la femme et son sein.

jpg_3333_1.jpgCe n’est pas pour rien qu’elles demeurent au coeur des préoccupations des gynécologues. Ceux-ci en ont fait une thématique centrale lors du 10è congrès de la Société africaine de gynécologie et d’obstétrique (SAGO) qui consacrait le 4è congrès de la Société malienne de gynécologie et d’obstétrique (SOMAGO). Certains aspects liés à ces maladies ont été largement développés par des compétences africaines voire mondiales.

Des cancers gynécologiques par exemple, le plus fréquent est le cancer du col de l’utérus qui est également le plus répandu chez la gent féminine. Les autres cancers gynécologiques généralement rencontrés sont entre autres ceux de l’utérus, de la vulve, des ovaires.
Pour en revenir au cancer du col de l’utérus, les spécialistes s’accordent à relever un paradoxe.

Il est le plus facile à diagnostiquer précocement mais les femmes qui en souffrent sont parfois dépistées tardivement.
Le Dr Hamadoun Garba Cissé, gynécologue-obstétricien à la clinique Lac télé, explique que le cancer du col de l’utérus apparaît chez la femme à partir de la quarantaine.

Le toubib précise qu’à ce niveau, le signe d’alerte essentiel reste les métrorragies (saignements) en dehors des règles ou menstrues. La constatation de ce seul signe doit inciter à faire des examens complémentaires pour étayer le diagnostic.

Il faut précisément que les saignements dont il est question, surviennent après les rapports sexuels, les toilettes intimes ou même pendant les examens gynécologiques de la femme. Les examens complémentaires sur la base de ces saignements peuvent permettre de confirmer le cancer du col de l’utérus (un réel problème de santé publique dans notre pays et dans le continent africain).

Hamadoun Garba Cissé, sans donner de statistiques exactes, confirme la fréquence de ces cancers du fait de l’existence de facteurs favorisants. Ceux-ci se déclinent par les mariages précoces, les rapports sexuels multiples mais aussi les grossesses et accouchements.

En outre, les infections sexuellement transmissibles sont également incriminées comme des facteurs de risque de cancers gynécologiques. Si les cancers sont généralement idiopathiques, c’est-à-dire de cause méconnue, les recherches auraient confirmé ces derniers temps que le cancer du col de l’utérus est dû au papillomavirus humain (HPV).

Notre interlocuteur souligne qu’on estime même actuellement qu’on peut le prévenir par un vaccin plus ou moins coûteux. Il est estimé à un peu plus de 200 000 francs CFA, explique Garba Cissé mais il faut le faire à la puberté ou chez les femmes qui n’ont pas encore une activité sexuelle.

Assez répandus. Le cancer de l’utérus survient généralement, selon les spécialistes, chez les femmes de 45 à 50 ans, à la différence du cancer de la vulve qui est très observé au 3è âge, les 60 ans et plus.
Si les cancers gynécologiques sont assez répandus, le cancer du sein (donc mammaire) sévit moins dans notre continent parce que les facteurs favorisant de ce cancer sont moindres en Afrique.

Il s’agit par exemple du mariage tardif, du non allaitement maternel (c’est-à-dire des femmes qui n’alimentent pas leurs bébés au sein). L’hypothèse d’une transmission héréditaire est également évoquée dans ces facteurs de risque.

Le Dr Hamadoun Garba Cissé observe que le cancer du sein est aussi facile à diagnostiquer. La femme procédant à une autopalputation de son sein, peut se rendre compte de la présence d’une boule ou d’un changement de coloration au niveau du sein. Ce signe annonciateur d’un probable cancer du sein sera confirmé par les examens notamment la mammographie.

Au regard des risques et des conséquences dramatiques liées aux cancers gynécologiques et mammaires, les spécialistes, les gynécologues-obstétriciens naturellement, conseillent à toute femme en période d’activités génitales (c’est-à-dire de la puberté à la ménopause) de faire au moins une fois par an le frottis cervico-vaginal : un examen qui permet de dépister le cancer du col de l’utérus. Ensuite la femme doit intégrer le réflexe de l’autopalpation des seins.

Ces mesures peuvent permettre d’anticiper sur les cancers gynécologiques et mammaires et prévenir en amont les complications. Celles-ci vont par exemple de l’atteinte des organes de voisinage comme l’utérus, la vessie, le rectum, à une métastase à distance. A ce stade, le foie, le poumon, les os et le cerveau peuvent être touchés. Il est évident que plus le cancer est détecté tôt plus le pronostic est meilleur. C’est-à-dire que les chances de guérison sont réelles. Le médecin du Lac Télé note que la prise en charge du cancer, comporte 3 volets.

Il a la possibilité de la chirurgie. En d’autres termes, il s’agit de faire l’ablation de l’organe atteint. Notre pays dispose de réelles compétences pour ça.

Il y a aussi la radiothérapie qui n’a pas encore acquis droit de cité au Mali même si des efforts sont en train d’être accomplis à cet effet. Pour ce traitement de pointe du cancer, nos malades sont très souvent envoyées, selon le Dr Garba, au Cameroun, au Sénégal ou en Tunisie parce que ces pays gardent une avance sur nous dans ce domaine. Enfin, la chimiothérapie (utilisation de médicaments anticancéreux) est aussi une alternative contre les cancers.

En conclusion, la réussite du traitement du cancer dépend du stade d’évolution. Précocement diagnostiqué, la malade après l’intervention peut vivre encore 5 à 10 ans voire plus.

Mais à un stade avancé, les chances de survie de la patiente sont moindres donc entre 2 à 3 ans.
Mais une fois au stade des complications notamment de la métastase, on ne peut plus rien pour la personne atteinte. Généralement, les médecins s’attachent à soulager simplement la souffrance de la personne car le processus à ce niveau est irréversible.


B. DOUMBIA

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Migraine : Crise récurrentes

Les migraineux souffrent de crises violentes et récurrentes qui perturbent fortement leur vie. Au-delà de la douleur, c’est aussi l’attente de la prochaine crise qui les angoisse. Lot quotidien de ces patients, l’anxiété handicape même l’efficacité des traitements. Contrairement à une idée reçue, la migraine ne se réduit pas à la simple succession de crises mais il s’agit d’une véritable maladie invalidante.

Fréquemment associée à la migraine, l’anxiété altère la qualité de vie du patient migraineux mais handicape également l’efficacité des traitements de crise. Pour mieux comprendre les liens entre anxiété, stress et migraine, les laboratoires Schwartz Pharma ont initié avec le concours de la Société française d’étude des migraines et céphalées et TNS-Healthcare une vaste étude sur le traitement des patients migraineux consultant en médecine de ville1.

Intitulée SMILE, cette étude a observé le traitement réel chez plus de 1500 médecins de plus de 5400 patients âgés en moyenne de 40 ans et n’utilisant aucun traitement de fond. Pour ces malades migraineux2, le traitement était jusqu’alors uniquement symptomatique.

Premier constat lors de l’entrée des patients dans l’étude : les trois quarts des migraineux ne reçoivent pas un traitement efficace selon les critères déterminés par la Haute autorité de santé3. La consommation des traitements de crise est excessive (en moyenne 5,2 comprimés par crise et jusqu’à 6,4 comprimés pour 48 % d’entre eux). Près de 70 % des migraineux souffrent d’anxiété (39 % sont aussi dépressifs).

Cette anxiété altère significativement la qualité de vie des migraineux, qui sont beaucoup plus sensibles au stress et ont une plus forte tendance à anticiper la douleur de façon négative et adoptent plus facilement un comportement d’évitement.

A l’issue de la consultation initiale, un traitement de fond a été prescrit à 73 % des patients suivis pendant 4 mois (une proportion très élevée car la proportion des migraineux qui pourrait en bénéficier oscille généralement autour de 25 %).

Les résultats à deux mois de l’étude SMILE permettent d’évaluer l’impact de ces traitements sur la migraine et la qualité de vie des patients. Chez les 1127 patients ayant rigoureusement suivi leur prescription et répondu aux différents questionnaires, le traitement de fond a apporté des bénéfices sur la sévérité et la qualité de vie des migraineux.

Essor du 17 Février 2009