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Le cancer tue et celui du col de l’utérus ne fait pas exception à la règle. Bien qu’il s’agisse d’une maladie évitable, celui-ci, 2e cancer féminin de par le monde, enregistre 470 000 nouveaux cas et 250 000 décès par an dont 80 % dans les pays en développement. Selon l’OMS, si aucune action préventive n’est programmée, les décès dus au cancer du col de l’utérus devraient augmenter de 25 % au cours des 10 prochaines années dans ces pays. Un avis que partage le Dr Ibrahima Tékété, gynécologue obstétricien au centre hospitalier universitaire Gabriel Touré.

Après le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus est la deuxième forme la plus fréquente chez les femmes.
Pourtant, il est aujourd’hui possible de l’éviter. C’est du moins l’avis du Dr Ibrahima Tékété, gynécologue obstétricien au CHU Gabriel Touré.

Au Mali, parmi les cancers spécifiquement « féminins », sein et col de l’utérus notamment, celui-ci touche deux sur 1000 femmes selon les estimations. Les deux types de cancers peuvent cependant être décelés très tôt grâce à un dépistage régulier.

Le cancer du col de l’utérus est un problème de santé publique très préoccupant au Mali mais malheureusement méconnu du grand public. Selon le Dr Tékété, cette maladie se manifeste par le développement d’une masse au niveau du col mais, dans le cas du cancer, à la différence des autres masses, c’est une très dangereuse masse dans la mesure où elle peut envoyer des cellules cancérigènes à distance de l’organe de départ qui est le col et ces cellules peuvent aller jusqu’au niveau des poumons, du foie. C’est ce qu’on appelle le stade métastase.

Soucieux du danger que cause cette maladie chez les femmes, en 2002 une étude a permis aux médecins du Mali de constater que, parmi tous les cancers gynécologiques et mammaires, le cancer du col de l’utérus était le plus fréquent.

Les femmes qui développent la maladie arrivent à un stade où l’on ne peut ni les opérer ni les prendre en charge car le Mali ne dispose pas du plateau technique nécessaire pour traiter correctement le cancer. Du coup, ces femmes seront laissées pour compte et mourront dans des conditions très pénibles à supporter.

Une maladie sexuellement transmissible

Le cancer du col de l’utérus est pourtant l’un des cancers les plus accessibles au diagnostic permettant une détection précoce pour une prise en charge efficace et un traitement adapté, a soutenu Dr Tékété. Avant d’ajouter que ce cancer est une maladie que les femmes peuvent pourtant prévenir à la seule condition de se soumettre régulièrement au test de dépistage.

Dr Tékété de rappeler les facteurs de risque du cancer de col de l’utérus. Qui est sexuellement transmissible car il s’agit d’une maladie féminine directement liée à l’activité sexuelle. Depuis très longtemps, des médecins avaient remarqué que ce cancer apparaît rarement chez les femmes n’ayant jamais eu d’activité sexuelle.

Le Dr Tékété a révélé que 90 % des cas sont dus à un virus appelé « Papiloma virus« . Un vaccin a été développé, dont l’utilisation a commencé dans les pays développés mais pas au Mali où le coût n’est pas accessible.

Il a insisté sur le fait que le cancer du col est une maladie évitable en faisant le dépistage, action plus efficace que le vaccin.
Il a aussi suggéré que, dès qu’une femme a des rapports sexuels, elle peut développer le cancer du col mais les femmes qui ont eu beaucoup de grossesses et d’accouchements et qui vivent dans des conditions déplorables y sont encore plus exposées.

Pire, la pandémie du sida a changé la tendance car le cancer du col de l’utérus est beaucoup plus fréquent et son évolution plus rapide chez les femmes infectées par le du VIH.

Le traitement du cancer du col de l’utérus coûte cher. Selon Dr Tékété, au stade de la chirurgie, le coût varie entre 125 000 F CFA et 150 000 F CFA. Quand au développement même du cancer, la chirurgie ne le guérissant plus, il faut la radiothérapie qui ne se fait pas au Mali.

En plus, en cas de lésion précancéreuse et de pleine activité sexuelle chez la femme qui désire avoir un enfant, il existe des traitements qui nécessitent l’enlèvement d’une partie du col.

Mais, lorsqu’il s’agit d’un cancer qui a été traité, il est impossible à la femme d’avoir un enfant car elle n’aura plus d’utérus, celui-ci étant complètement enlevé.

Aussi, les saignements provoqués, en dehors des règles, par les rapports sexuels et les pertes vaginales sont-ils des symptômes du cancer du col de l’utérus.

Ramata TEMBELY

02 août 2007.