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Avant d’affronter le Ghana et le Bénin pour boucler la phase aller pour l’Angola et l’Afrique du Sud, les Aigles ont des plaies que Stephen Keshi se doit de panser très rapidement.

jpg_19686.jpgBien d’embûches ont émaillé le parcours des Aigles dans le tour précèdent et même lors du premier match du dernier tour des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010. On peut citer la difficile victoire à l’extérieur, la défense, la combinaison en attaque, l’organisation dans l’axe médian et le bras de fer entre Malifoot-Keshi et certains joueurs. Cinq plaies présentées par les Aigles au cours de leurs sept sorties.

L’absence de victoire à l’extérieur

Avec une seule victoire à l’extérieur contre le Tchad (2-1), les Aigles ont beaucoup de peine à s’imposer sur les terrains adverses. Mahamadou Sidibé « Maha » et ses coéquipiers n’ont pas pu revenir de leurs expéditions de Brazza et d’Omdurman avec les trois points de la victoire alors qu’ils avaient les clefs de ces confrontations en mains.

Ils ont été battus au Congo (1-0), au Soudan (3-2) et contraints au nul étriqué (1-1) samedi dernier par de jeunes Crocodiles. Pour ce dernier tour, il faudra non seulement gagner à domicile mais aussi aller chercher des points à l’extérieur pour espérer se qualifier.

Si les Éperviers ont pu terminer 1er de notre groupe et disputer leur premier Mondial en 2006, c’était grâce à leurs nombreuses victoires à l’extérieur. Et quand on sait que les équipes de notre groupe sont de calibre supérieur, il y a de quoi s’interroger avant juin, septembre et novembre prochains.

Les failles de la défense

Si la défense n’a pas pris l’eau de toutes parts lors de sept matches des Aigles, cela ne veut pas dire qu’elle est parfaite. L’on a remarqué que le technicien nigérian des Aigles a été confronté à de sérieux problèmes de choix. On a eu l’impression qu’il ne savait pas qui responsabiliser sur le côté droit, qu’il a décidé de faire évoluer Souleymane Diamouténé à ce poste comme à la Roma. Faut-il dorénavant responsabiliser Diamouténé qui a joué juste sur ce flanc samedi face au Soudan ou un autre ? La question reste posée.

La seconde difficulté à laquelle le coach Keshi a été confronté est l’axe où il s’est posé un problème de joueur clé pour suppléer Adama Coulibaly « Police ». Avant, c’était Cédric Kanté ou Diamouténé, aujourd’hui c’est Bakary Soumaré. Keshi devra trouver également un suppléant valable au portier Maha avant qu’il ne soit tard. Il doit faire le bon choix entre Oumar Cissoko et Soumbeyla Diakité.

La bonne combinaison en attaque

Les Aigles se sont qualifiés pour le dernier tour sans véritablement convaincre. Et s’il y a un compartiment qui a quelque peu déçu, c’est bien l’attaque même avec les 6 buts de Frédéric Oumar Kanouté.

A ses côtés, le sélectionneur a intégré tour à tour Ténéman Ndiaye (Tours), Mamadou Diallo (Havre), Djimi Boubou Kebé (Reading), Cheick Tidiane Diabaté (Ajaccio), Mamadi Sidibé (Stoke City), Bakaye Traoré (Amiens), Mamadou Bagayoko (Nantes) et Moustaph Yattabaré (Clermont-Ferrand). Une rotation qui prouve que Keshi n’a pas encore sa combinaison en attaque, chose qu’il faut vite corriger avant juin.


Manque d’organisateur au milieu

Le milieu de terrain des Aigles a besoin d’un véritable passeur. Celui là même qui va donner une orientation au jeu de l’équipe nationale. Seydou Kéita, commis à la tâche, n’a pas été rassurant samedi dernier. Le Barcelonais paraissait emprunté et comme dans un jour de baisse de régime.

Les joueurs écartés

La sérénité du groupe de Stephen Keshi a été quelque peu perturbée par ce qu’on pourrait appeler « l’affaire des joueurs écartés ». Le refus de Dramane Traoré « Rivaldo » de participer à un regroupement de l’équipe espoir à Kabala a été ressenti par Malifoot comme un soufflet.

Dans le même temps, la Fédération avait instruit au coach de ne plus faire appel à Sidi Yaya Kéita et Sammy Traoré pour indiscipline avérée. Heureusement que les blessures, suspensions et forfaits de certains éléments de l’équipe ont profité au premier de saisir sa chance et le second est toujours en attente.


Que dire des cas Moussa Coulibaly, Boubacar Sidiki Koné « Tory », Mamadou Bagayoko et autres ?

Mais dans la mesure où les Aigles doivent entamer dans trois mois un autre virage, il est impératif d’enterrer la hache de guerre.

La sélection a besoin de tout son monde et de plus de cohésion pour aborder les cinq rencontres à venir. Keshi et Malifoot devront pardonner aux joueurs fautifs et les réintégrer, car ils ont d’énormes qualités qui peuvent profiter aux Aigles dans leur marche en avant.

Boubacar Diakité Sarr

Les Échos du 01 Avril 2009