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Avant le tirage au sort des poules de cette 29è édition de la CAN, le sélectionneur national Patrice Carteron avait confié qu’il se verrait bien dans une même poule que la Zambie et qu’il ne souhaite pas croiser la Côte d’Ivoire au premier tour.

Si le hasard du tirage au sort a épargné les Aigles d’une confrontation avec l’épouvantail de cette CAN, la Côte d’Ivoire, le vœu du technicien français d’être dans le même groupe que le champion d’Afrique en titre n’a pas non plus été exhaussé. Alors que les Aigles sont logés dans la poule B en compagnie du Ghana, de la RD Congo et du Niger, les Éléphants de Côte d’Ivoire et les Chipolopolos de Zambie évolueront, respectivement dans les groupes D et C.

Pas de Côte d’Ivoire donc pour le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers, mais pas de Zambie non plus pour Patrice Carteron. Mais le technicien français doit-il se plaindre de ce tirage au sort qui a effectué par l’ancien international zambien, Kalusha Bwalya ? A priori non et cela pour au moins trois raisons. Primo, les Aigles ont évité le groupe D qui est sans doute le plus relevé de cette CAN avec la Côte d’Ivoire, la Tunisie, l’Algérie et le Togo.

Secundo les nôtres ne sont pas dans la même poule que le pays organisateur, l’Afrique du Sud et tertio, la sélection nationale aura la chance d’effectuer son entrée en lice contre l’équipe la plus faible de son groupe (du moins sur le papier) à savoir le Niger. C’est vrai que les pays organisateurs de la CAN réussissent souvent aux Aigles comme ce fut le cas en 1994 en Tunisie 94 (2-0) ou récemment en 2010 en Angola (4-4 alors que la sélection nationale avait été menée 4-0).

Mais quand on regarde la composition des autres poules, il est difficile de dire que Kalusha Bwalya a eu la main lourde pour le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers en les mettant dans le même groupe que le Ghana, la RD Congo et le Niger.

Le Ghana est une vieille connaissance des Aigles. Lors de la dernière CAN, Maliens et Ghanéens se sont affronté deux fois pour une victoire de chaque côté. Mais la victoire des nôtres a été plus significative puisque l’enjeu de cette rencontre était la troisième place du tournoi, synonyme de médaille de bronze. Hasard du calendrier, nos deux pays s’affronteront encore lors de la deuxième journée des matches de poules, comme cela avait été le cas au Gabon et en Guinée Equatoriale. Mais la comparaison s’arrête là car si en 2012, les Black stars avaient commencé par le plus faible du groupe, le Botswana, cette fois ils affronteront un adversaire d’un autre calibre à savoir la RD Congo.

Les quadruples champions sont condamnés à bien négocier ce match et ce n’est pas gagné d’avance pour la sélection ghanéenne quand on sait que les Congolais font partie des trois prétendants à la qualification, contrairement aux Botswanais en 2012. Le résultat de ce choc peut donc être déterminant pour la suite de la compétition et il ne fait guère de doute que la pression sera du forte sur les Black stars pour cette sortie initiale. La trajectoire des Aigles sera exactement le contraire de celle de la dernière CAN.

Pour commencer, la sélection nationale se frottera à l’outsider du groupe, le Niger alors qu’elle avait commencé par la Guinée en 2012 (1-0). Logiquement, le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers devraient pouvoir négocier cette entrée en matière et on voit mal le Mena national (surnom de la sélection nigérienne) tenir tête aux troisièmes de la dernière CAN.

Le Niger, faut-il le rappeler, participe seulement à sa deuxième phase finale et il est difficile de parier sur ce pays face aux trois favoris du groupe que sont le Ghana, le Mali et la RD Congo. Sans fausse modestie, les Aigles ne pouvaient donc espérer meilleur adversaire pour leur sortie initiale et les joueurs du technicien Patrice Carteron n’auront aucune excuse en cas d’échec contre le Mena.

Il leur faut impérativement gagner ce match pour mieux aborder les deux dernières rencontres de poules d’une part et d’autre part, mettre la pression sur leurs concurrents directs dans la course à la qualification. Le passé du tournoi plaide en faveur des Ghanéens et des Congolais qui ont déjà remporté la couronne continentale (4 pour les Black stars, contre 2 pour les Léopards). Mais on ne juge pas une sélection par son passé, ce qui compte, c’est la réalité du moment.

Et sur ce point, les Aigles n’ont rien à envier aux Ghanéens et aux Congolais et il n’est pas prétentieux de dire que le Mali peut aujourd’hui dialoguer d’égal à égal avec n’importe quelle nation africaine. En attestent le parcours de la sélection nationale à la dernière CAN (médaille de bronze) les résultats obtenus aux éliminatoires de cette même CAN et du Mondial 2014 au Brésil et surtout le bond effectué par les Aigles au dernier classement mondial FIFA (3è d’Afrique et 27è mondial).

Le capitaine Seydou Keïta et ses coéquipiers ont donc une belle carte à jouer pour cette CAN baptisée «CAN de la Transition» (le tournoi se disputera désormais les années impaires) et tout le peuple malien s’attend à voir l’équipe écrire une nouvelle page de l’histoire de notre football au pays de Nelson Mandela.

LE PROGRAMME DES AIGLES : Dimanche 20 janvier à Port-Elizabeth 18h : Mali-Niger Jeudi 24 janvier à Port-Elizabeth 15h : Ghana-Mali Lundi 28 janvier à Durban 17h : RD Congo-Mali

S. B. TOUNKARA

29 Octobre 2012

Essor