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Nombre de Ghanéens estiment que les Black stars ont les moyens de s’imposer demain face aux Lions indomptables.
Cameroun-Ghana est déjà le sujet principal de discussion au Ghana. Dans les bars, les marchés et les services, toute l’actualité sportive est concentrée sur ce derby, que beaucoup de Ghanéens estiment à la portée de leurs Blacks stars. Cette donnée relègue au second plan l’autre demi finale qui va opposer les Éléphants ivoiriens aux Pharaons Égyptiens.

La victoire 2-1 des Pharaons lundi à Kumassi face à l’Angola ouvre de séduisantes perspectives pour le reste de la compétition, au coach Sehata et ses joueurs. Le technicien égyptien, dont le discours toujours basé sur la prise de risque et l’état d’esprit, a de toute évidence fait mouche. Et si tout ne fut pas parfait, à l’image d’une conquête sans doute pas à la hauteur d’une ligne d’arrières assez solide, la semaine s’annonce studieuse à Kumassi pour la préparation du match face aux Ivoiriens. La marée orange a déjà déferlé dans la seconde capitale du Ghana, pour cette demi finale aux allures de revanche de la finale de l’édition précédente.

Dans ce quart de finale qui mettait aux prises deux styles de jeu totalement opposés, (l’Angola a un football direct et physique, alors que l’Égypte mise sur la vitesse et le mouvement), les hommes du Nil trouveront la faille sur penalty (23è) par Hosny Abdrabou. Ils se font rappeler à l’ordre par un tir splendide de Alberto Mateus, décoché à près de 25 mètres qui fit mouche (32è, 1-1). Mais l’Égypte reprend aussitôt l’avance par Amr Hassan Zaky (39è, 2-1).

« On a pris beaucoup de plaisir, mais on a aussi eu chaud« , expliquait le keeper Essam Kamal Tawfik, sans doute un peu soulagé par ce score. Et le capitaine des Pharaons de rappeler le discours d’avant match du coach Séhata. « On a beaucoup travaillé sur le jeu angolais qui fait peur à tout le monde dans cette CAN. Il y avait une organisation faite pour ça.

On a pu appliquer à la lettre les consignes du coach, c’est finalement devenu possible d’arracher le ticket de la demi finale
« .

Possible en effet de voir un onze égyptien pratiquer crânement un jeu ambitieux. Possible de voir des arrières multiplier les relances depuis leur base de la première à la dernière minute de jeu. Possible encore d’adopter cette philosophie de prise de risque, sans pour autant renier à une organisation rigoureuse et une défense solidaire.

Et pourtant à écouter les jeunes Pharaons invités à reconquérir le trophée continental, à les voir évoluer sans appréhension, avec autant de maturité et si peu de déchet, rien de plus simple. À l’image du chef d’orchestre de ce bel ensemble, Hosny Abdrabou Moheleb, à peine conscient du haut de ses 23 ans de la portée de cette performance : « Ce sont des bases de jeu très simples qu’on a répétées toute cette semaine. Après, sur le terrain, c’est facile de se trouver. Et avec la qualité des joueurs qui sont autour de moi, c’est forcément plus facile.

Il ne fallait pas se mettre trop de mauvaise pression et on a continué sur la bonne ambiance depuis le début de cette compétition. Nous allons sortir un autre football devant la Côte d’Ivoire
« .

Ce qui leur fait encore défaut en terme d’expérience, les Pharaons l’ont rattrapé par leur cohésion, cette solidarité de tous les instants. Le soutien permanent, illustré par ces joueurs toujours présents pour le copain sur la pelouse de Baba Yara stadium de Kumassi et qui a autorisé ce jeu ambitieux et libéré. Mohamed Abdel Fatah, s’il s’est comme tous les autres bien comporté, n’en a pas oublié les fondamentaux : « Moi, je me suis focalisé d’abord sur le combat et après tout s’est mis en place tout seul. Je suis content de notre match« .

« Il y a une super ambiance, mais c’est normal. On continue à gagner. Ce n’est pas évident quand on va rencontrer la Côte d’Ivoire. Il y a la revanche en l’air, mais l’essentiel est de gagner aussi. On a pris des risques mais aussi avec beaucoup de soutien de la part de tous, on a eu une dynamique vraiment commune, beaucoup d’envie et d’application. Tout n’a pas été parfait mais l’envie a comblé quelques lacunes. L’Angola est vraiment fort »

De quoi travailler en toute sérénité pour la réception des Éléphants demain pour un autre défi… L’Angola attend de pieds ferme, en revanche, l’Afrique du football dans deux ans, à domicile. « Notre objectif est déjà fixé. Nous allons réaliser une bonne préparation, bien différente de celle faite par le Ghana, mais surtout remporter notre premier trophée. Les garçons ont mouillé le maillot. Ils ont respecté les consignes et n’ont jamais dispersé leurs forces. Je pense personnellement que la CAF doit rehausser le niveau de son arbitrage, en le moralisant beaucoup plus.

On a l’impression qu’il y a une affaire de deux poids deux mesures. J’ai sous la main un groupe de jeunes perfectibles qui a gagné en maturité et qui peut faire la sensation en 2010« , a commenté le sélectionneur angolais, Luis Olivera Concalves.

L’Angola qui a acquis la sympathie de tout le monde sportif présent au Ghana, par son football de rigueur, de solidarité et de discipline, quitte la compétition la tête pleine d’enseignements.

« On était venu pour faire mieux que les autres fois. On avait envie d’aller en finale, mais les autres aussi voulaient y aller. C’est la rude vérité du terrain qui compte. On est éliminé en quart de finale par les champions d’Afrique en titre. C’est peut être cela notre niveau réel. On va donc travailler pour atteindre le sommet d’ici deux ans« , analysait avec lucidité le jeune attaquant Amado Flavio.

Envoyés spéciaux

M. N. TRAORE

A. SISSOKO – L’Essor

06 Février 2008.