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La Côte d’Ivoire marche désormais à visage découvert dans cette CAN. La bonne prestation des camarades de Drogba lors des rencontres précédentes (4 victoires en autant de sorties), viennent d’installer tout le pays dans une certitude de sacre au soir du 10 février.

Aujourd’hui après le rouge-jaune-vert ghanéen, frappé de l’étoile noire, l’orange-vert est la couleur dominante partout au Ghana. Les Ivoiriens qui avaient conquis Sekondi-Takoradi, viennent d’envahir depuis la seconde capitale économique du pays. Kumassi est devenue en l’espace d’une journée, un bourg ivoirien, avec tous les désagréments que cela pourrait provoquer. Partout des véhicules d’immatriculations ivoiriennes, engorgement des hôtels et envahissement des espaces publics pour l’animation, au grand dam d’une population locale très hospitalière.

Les observateurs les plus avertis pensent que l’attitude triomphaliste des Ivoiriens risque de leur jouer un sale tour. Et la star Didier Drogba de mettre en garde ces camarades contre tout triomphalisme. « La compétition a atteint son seuil critique. Nous avons besoin de toutes nos forces physiques mais surtout psychologiques pour aborder la dernière ligne droite. L’Égypte n’est pas un adversaire facile. Les Égyptiens sont très rusés, méthodiques et beaucoup plus stratégiques. Ils jouent en fonction du jeu proposé par leurs adversaires.

Et ce sont eux les champions en titre« , analyse le capitaine des Éléphants.

Interrogé sur le Ballon d’or remporté cette année par Frédéric Oumar Kanouté, Drogba répond sans surprise : « Je suis sincèrement content pour cette consécration de Fred. C’est vrai que j’ai entendu beaucoup de choses autour de cela par vous les journalistes. Mais personnellement je reconnais le mérite de ce grand joueur. Je suis heureux pour lui comme tout le peuple malien. Le Mali reste et restera toujours ma seconde patrie« .

Il est clair que la Côte d’Ivoire est en pleine confiance à l’image d’un Didier Drogba plus volontaire que jamais. On va, bien sûr, retrouver sur le terrain la formation que Gérard Gili avait alignée lors des deux premiers matches contre le Nigeria et le Bénin, la dernière ayant été profondément remaniée en raison de la blessure de Kolo Touré et des cartons jaunes de cinq joueurs de l’effectif.

La formation ivoirienne est arrivée au Ghana très ambitieuse, forte du statut de finaliste de la dernière CAN et de mondialiste quelques mois plus tard. Cependant dans cette finale, il serait absurde de donner totalement la faveur des pronostics aux Éléphants. La Côte d’ivoire a toujours ouvert durant cette commettions, le score; il s’agit d’envisager le comportement de l’équipe dans un scénario contraire. C’est à dire que feront Drogba et les siens lorsqu’ils seront appelés à revenir à la marque ?

L’Égypte est un gros morceau. Gareb Saouki, l’entraîneur adjoint des Pharaons, clame la bonne maîtrise technique des ses joueurs, leur sens de la solidarité et surtout leur bon état d’esprit. « Nous avons demandé aux garçons de laisser libre court à leurs initiatives et de prendre s’il le faut des risques pour tirer l’équipe vers le haut. Nous parlons moins maintenant sur le banc de touche. Nous avons un statut à sauvegarder, et nous ne pouvons pas être dans les mêmes dispositions mentales que la Côte d’Ivoire.

La rencontre sera facile si l’Égypte le veut et difficile si nous le rendons difficile pour nous« , déclare Gareb Saouki. le mieux pour les Éléphants ivoiriens, serait de se concentrer totalement sur leur match et faire abstraction de leur rêve d’être sacrés le 10 février. Le danger viendra peut-être plus d’eux-mêmes que d’un adversaire qui peut toujours se permettre dans cette confrontation.

Les pronostics sont surtout faits pour être démentis. Les impressions des premières journées plaident en faveur du Ghana et de l’Égypte, pour leur grande faculté à gérer les pressions quelles que soient les tournures que puissent prendre les matches. Le Cameroun et la Côte d’Ivoire entendent bien bousculer les destins. Pour ce faire, il leur faudrait se conformer à leur statut d’outsider dans ces demi-finales.

Envoyés spéciaux

M. N. TRAORE

07 Février 2008.