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Le président de la République, Amadou Toumani Touré a présidé, hier, dans la salle des banquets de Koulouba, la 3è session du Conseil supérieur de l’Agriculture.

Le Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, notamment le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, les directeurs nationaux des services techniques, des représentants des organisations et associations professionnelles de producteurs, étaient présents.

Le secrétaire permanent de la Loi d’orientation agricole, Daouda Diarra, a présenté les documents relatifs aux rapports d’activités 2008 et au programme d’activités 2009 du Conseil supérieur de l’agriculture.

Après son intervention, le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, a présenté le rapport d’activités de la campagne 2008/2009 et le projet de programme de la campagne 2009/2010.

Le ministre Sangaré a indiqué que les résultats de la campagne agricole 2008/2009 s’inscrivaient dans le cadre des objectifs du plan d’action 2008/2012 dont le but est d’atteindre le cap des 10 millions de tonnes de céréales par an à l’horizon 2012.

L’objectif global de production céréalière de la campagne 2008/2009 était de 4 6… tonnes toutes spéculations confondues. La production de riz attendue était de 1 6… tonnes de paddy, soit une hausse de 50% par rapport à la campagne précédente.

Il était prévu de produire 859 000 tonnes de maïs, 118… tonnes de mil, un million de tonnes de sorgho, 37 053 tonnes de fonio et 13 000 tonnes de blé-orge.

Les productions industrielles comme le coton (462 000 tonnes de coton graine, 350 000 de tonnes de canne à sucre), les oléagineux et protéagineux (arachide, tournesol et niébé), les tubercules (pomme de terre, manioc, patate et igname), complètent le tableau de la production alimentaire.


En constante augmentation

Les résultats définitifs de production céréalière de la campagne agricole 2008/2009 (saison principale et contre-saison) sont estimés à 4 8… tonnes. La production de riz a atteint 1 6… tonnes de paddy (99,34% des prévisions).

Celle du mil s’est établie à 1 3… tonnes (115,31% de taux de réalisation). 740 108 tonnes de maïs (89,9%), 1 0… tonnes de sorgho (104,8%), 40.793 tonnes de fonio et 13 166 tonnes de blé/orge ont été récoltées.
Le taux moyen de réalisation de la production céréalière est estimé 102,7% par rapport à la campagne précédente.

Les pertes enregistrées durant la campagne agricole sont évaluées à environ 2% des superficies réalisées. Ces pertes sont imputables à des maladies, aux attaques d’oiseaux granivores, de sautériaux et à la crue précoce ayant entraîné l’inondation de jeunes plants de riz.

La production de riz est en constante augmentation durant les quatre années. Celle du coton graine s’est établie à 190 000 tonnes.
L’Initiative riz a été un facteur positif pour la réalisation des objectifs de la campagne agricole.

Le coût de l’initiative s’est chiffré 33,7 milliards Fcfa, dont 23,4 milliards Fcfa pour les engrais, 8,05 milliards pour les semences, 1,02 milliard Fcfa pour les équipements, 325 millions en appui-conseil et 32 millions pour l’achat d’équipements pour la station de pompage de la plaine de San.

Les producteurs ont participé pour 36 millions au titre des semences et pour 12,9 milliards au titre des engrais.

Le ministre de l’Agriculture a souligné les difficultés qui ont marqué l’exécution de l’Initiative riz comme la non éligibilité de certaines organisations professionnelles au crédit bancaire, la complexité de l’organisation du volet commercialisation.

Quant à la campagne agricole 2009/2010, elle s’articulera autour de trois spéculations céréalières porteuses : le riz dans le cadre de la poursuite et du renforcement des acquis de l’Initiative riz, le maïs et le blé.

Le ministère de l’Agriculture ambitionne de produire 2 003 040 tonnes de riz paddy. La réalisation de cette ambition nécessitera un financement de 53 milliards Fcfa. L’Etat apportera une enveloppe de 8,1 milliards Fcfa. Cette enveloppe englobe une subvention pour les engrais à hauteur de 6,3 milliards Fcfa, pour les semences avec 1,05 milliard Fcfa, et le renforcement des capacités pour (747 millions Fcfa). La contribution attendue des producteurs est de 45 milliards Fcfa.


Deux options pour la subvention

Pour ce qui est du maïs, l’on table sur une production de 1 546 975 tonnes pour un coût total de 29,7 milliards Fcfa. La contribution de l’Etat est estimée 6,4 milliards Fcfa avec une subvention pour les intrants de 5,6 milliards Fcfa et 722 millions pour le renforcement des capacités.

Les paysans devraient dépenser 23 milliards Fcfa. Les débouchés pour cette céréale ne manquent pas : l’élevage, l’agro-industrie, le marché sous-régional.

Concernant le blé, la production attendue est de 30 166 tonnes pour un coût total de 2,5 milliards Fcfa. Pour soutenir la campagne, l’Etat déboursera 304 millions Fcfa qui seront repartis entre la subvention des engrais (280 millions Fcfa), le renforcement des capacités (23 millions). La contribution des producteurs sera de 2,2 milliards Fcfa.

D’importantes productions sont attendues pour le mil, le sorgho et le fonio pour une prévision totale de 2,7 millions de tonnes. La production céréalière totale attendue est de 6 139 820 tonnes.

Comme mesures d’accompagnement pour la prochaine campagne, le ministère de l’Agriculture prévoit le recrutement de 200 nouveaux agents polyvalents de base afin de porter le taux de couverture zonale de 40 à 57%. Des cadres de concertation seront animés pour fixer le prix d’achat aux producteurs bénéficiant de la subvention de l’Etat.

Pour une bonne réussite de la campagne, des équipements agricoles (décortiqueuses, batteuses, nettoyeurs, égreneurs, moulins mini-rizeries) seront cédés à crédit aux paysans.

Le budget prévu pour la campagne 2009/2010 se chiffre 239 milliards Fcfa. Il envisage deux options pour la subvention des engrais. En fonction de ces options, la contribution des producteurs est variable.
Celle-ci est de 139,5 milliards Fcfa si la première option qui prévoit un prix subventionné des engrais à 12 500 Fcfa le sac de 50 kg, est adoptée. Par contre, elle sera de 144,7 milliards si la seconde option était appliquée. Celle-ci prévoit de subventionner le sac de 50 kg qui coûtera alors 13 500 Fcfa.

Le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, a apprécié le choix d’intensifier la production avec la prise en compte du maïs et du blé. Il a par ailleurs souhaité que le gouvernement puisse tirer tous les enseignements de l’Initiative riz pour concilier les impératifs de production et la nécessité d’une commercialisation qui tienne compte de la juste rémunération de l’effort du producteur et des retombées positives d’une production largement subventionnée pour le citoyen.

Le président Touré a renouvelé sa confiance et son soutien aux acteurs. Tous doivent œuvrer afin que nous puissions relever le défi de faire du Mali, une puissance agricole, conformément à l’ambition contenue dans le Projet de développement économique et social.


M. COULIBALY

Essor du 24 Mars 2009