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Une semaine avant la tenue du premier tour de la présidentielle, le réseau Apem a présenté à la presse la synthèse du rapport général d’observation préélectorale. C’était le samedi 20 juillet 2013 à son siège. Cette action s’inscrit dans le cadre du programme d’appui au processus démocratique par l’observation citoyenne de la préélectorale et des élections de 2013 au Mali

Pour la réalisation de ce travail, le réseau a déployé soixante observateurs dans toutes les régions du Mali. Cette synthèse du rapport d’observation préélectorale est portée sur l’établissement des listes électorales, la distribution de la carte Nina, le dépôt des candidatures, la campagne électorale, et l’acheminement du matériel électoral.

Pour l’établissement de la liste électorale, il a été constaté durant ce processus que plusieurs commissions ont enregistré des réclamations concernant l’absence des noms de certains électeurs potentiels sur les listes et des anomalies sur les noms, prénoms, dates et lieux de naissance et surtout des omissions des personnes enrôlées. Malgré ces difficultés, le réseau se réjouit de la régularité des membres de la commission administrative et la disponibilité des documents de travail

Selon le rapport, le taux de retrait de la carte Nina est estimé à 57% dans les six communes du district de Bamako. Dans la région de Mopti, on a enregistré un taux de 87.07% et 40% à Kidal.

Contrairement au district de Bamako et les régions de Mopti et de Kidal, une grande disparité a été constatée entre les différentes communes de la 7ème région. A titre d’illustration, la commune de Gounzourèye a atteint plus de 70% de taux de retrait contre 2% pour Tilemsi.

Cependant, il convient de signaler le faible taux de formation de certaines équipes de distribution et leur petit nombre entrainant une lenteur dans le traitement des demandes des citoyens.

Avant même la campagne électorale, des partis politiques ont violé la loi électorale avec le démarrage de la campagne avant la date indiquée (07 juillet 2013).

Plusieurs jours avant cette date, les affiches et les photos des candidats étaient présentes sur les artères principales des six communes du district de Bamako et des régions.

Parlant de l’organisation et de l’acheminement du matériel électoral, le président du Réseau, Ibrahima Sangho, a indiqué que le processus est en cours dans toutes les circonscriptions électorales avec une forte implication des autorités administratives pour la répartition des matériels entre les régions, les communes et même les villages.

Mariam Ben BARKA

Le Prétoire du 22 Juillet 2013.


Élection présidentielle : La FEDAMA propose sa feuille de route aux candidats

Le document se présente en trois volets déclinés en axes d’intervention avec des objectifs généraux et des résultats attendus

La Fédération nationale des artistes du Mali FEDAMA n’entend pas rester en marge de la campagne pour l’élection présidentielle prévue pour le 28 juillet prochain. Les artistes du Mali ne veulent plus se contenter du simple rôle d’animateur de meetings et autres rencontres populaires. Leur place est bien plus importante dans la société.

Mieux l’industrie culturelle est un élément essentiel dans le développement au même titre que d’autres secteurs aujourd’hui plus prisés dans les projets de société des candidats aux différentes élections, indique Kary Bogoba Coulibaly, secrétaire général de la FEDAMA. Cette association entend faire en sorte que les candidats s’engagent dès maintenant dans une « Feuille de route » permettant de revaloriser notre patrimoine culturel riche et varié et de lui apporter un rayonnement tant à l’intérieur que par delà nos frontières.

Ce document, concis et précis a été envoyé à chacun des 28 candidats à la présente élection présidentielle. Il se présente en trois volets déclinés en axes d’intervention avec des objectifs généraux et des résultats attendus. Le tableau de cette feuille de route comporte également des périodes d’exécution et des responsables en charge de ces tâches.

Moins de deux semaines après l’ouverture officielle des campagnes trois candidats et non des moindres ont déjà répondu aux artistes. Il s’agit de Moussa Mara, candidat du parti Yèlèma ; Ahmed Sow et Soumaïla Cissé. Si les deux premiers ont effectué le déplacement au siège de la FEDAMA pour débattre avec le bureau, le 3è a invoqué le calendrier chargé de son candidat. La FEDAMA a discuté du document avec le président de l’URD,Younoussi Touré.

Chacun de ces candidats ou chef de parti atteste de la pertinence de l’idée d’une feuille de route pour les postulants à la magistrature suprême. Cela permet d’amener dans le débat la question culturelle, rapporte le secrétaire général de la FEDAMA. D’autres candidats ont également proposé de se rendre au siège de la dès cette semaine.

Les trois volets mis en exergue dans le document sont : le financement du secteur de la culture ; l’aide à la création artistique et littéraire et l’intégration de la dimension culturelle dans toutes les approches de la gestion des affaires publiques. Dès 2014, les artistes souhaitent que le budget de leur ministère de tutelle soit porté à 1% du budget national. Cela pour outiller le département afin de faire face au nombreux projets d’investissement et d’événement culturels qui se sont entassés durant cette de disette pour création, mais aussi de destruction de mausolée et monuments dans les régions du nord.

Le nouveau président devra aussi accorder 2% de tout projet d’infrastructure du gouvernement à la construction d’infrastructures culturelles sur l’étendue du territoire national et la mise en place d’un Fonds auto renouvelable de la culture (FAC).

Ce qui aurait pour résultat, l’amorce et le soutien par une multitude d’infrastructure culturelle des créativités artistique et littéraire. Dès janvier prochain il faudrait proposer des mesures législatives et règlementaires pour le financement de la culture. Cette mesure vise à imposer aux grandes sociétés et multinationale exerçant chez nous, une taxe de 1% de leur bénéfice annuel au financement de la culture.

Les artistes souhaitent que l’Etat impose, à travers des mesures législatives, le financement de la culture par les collectivités territoriales. Ce qui permettra de rehausser les crédits alloués à la culture dans les communes et les cercles et les régions. La dimension culturelle serait ainsi intégrée dans les programmes de développement économiques et social des collectivités. En fin dans ce volet le mécénat culturel et le sponsoring à travers des abattement fiscaux accordés aux entreprises, sociétés ou multinationale méritantes.

Dans le volet aide à la création artistique et littéraire, les objectifs généraux inscrit sont : finaliser et vulgariser le document cadre de politique culturelle. Il faut accorder de la visibilité et du crédit à la FEDAMA, booster l’aide à la création artistique et littéraire et promouvoir l’aide indirecte, travers des commandes d’œuvres faites par l’Etat, les sociétés et les multinationales.

Quant à l’intégration de la dimension culturelle dans toutes les approches de gestion des affaires publiques, la FEDAMA veut promouvoir l’approche culturelle au du développement. Ce qui permettra de reconnaître la culture comme un secteur pouvant participer au processus de développement. Le développement durable serait également amorcé sur fond de valeurs culturelles authentiquement maliennes. La promotion de la culture de la paix sur le territoire national et l’intégration de la dimension culturelle seront incluses dans les programmes d’enseignement à tous les niveaux.

Y. DOUMBIA

Essor du 22 Juillet 2013