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Mais depuis 2001, cette compétence a été transférée, à leur propre demande, aux organisations paysannes, c’est-à-dire les organisations syndicales et les groupements de paysans. Lors des états généraux du secteur coton et dans la perspective de la privatisation de la CMDT, décision fut prise de déléguer cette compétence (dans ce secteur) à une seule organisation : l’Union des coopératives des cotonculteurs du Mali (UCCM).

La commission créée en application de cette recommandation fut mise en place le 27 octobre 2007. Elle est constituée des représentants de différents départements ministériels (Agriculture, Finances, Économie, Industrie et Commerce, Élevage et Pêche) et des présidents directeurs généraux de la CMDT et de l’OHVN. Elle est présidée par le président de l’Union des coopératives des cotonculteurs et non moins président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali, Bakary Togola.

Celui-ci explique que l’attribution des titres de fournisseur est faite sur appel d’offre international. Cette année, le processus connaît de réelles difficultés. En effet, la fourniture des intrants au titre de la campagne 2008/2009 est devenue selon lui un vrai casse-tête. Les fournisseurs d’engrais accusent un grand retard.

Ces difficultés, estime Bakary Togola, sont liées à un contexte mondial marqué par une hausse sans précédent des cours du pétrole. « Au moment où on bouclait les dossiers d’appel d’offre, il y a eu une flambée des prix des engrais sur le marché international« , indique le patron des paysans.

C’est ainsi que le prix de la tonne du complexe coton a atteint 370 000 Fcfa. La tonne de l’engrais pour les céréales est vendue à 350 000 Fcfa. Ces prix, selon Togola, ont découragé les fournisseurs qui sont obligés de renégocier les prix sur le marché international car ils avaient soumissionné à l’appel d’offre sur la base de tarifs beaucoup plus bas.

Le président de l’UCCM précise par ailleurs que dans la zone CMDT, le stock disponible retenu sur la campagne dernière vaut 18 milliards Fcfa. La valeur du complément à trouver pour la présente campagne se chiffre à 31,6 milliards Fcfa. Pour le complexe coton, le besoin est de 36 939 tonnes (13,6 milliards). Le besoin en urée est estimé à 38 908 tonnes (13,6 milliards également). Pour le complexe céréales, il faut 12 379 tonnes (4,3 milliards).

La semaine dernière, seulement 30% de ces stocks avaient été déposés dans les magasins de la CMDT. Bakary Togola déplore que malgré leur « nombre pléthorique« , les sociétés qui fournissent les engrais n’aient pu satisfaire la demande.

Manque de professionnalisme comme le suggèrent certains ? « Pas du tout !« , répond de manière catégorique Bakary Togola, assurant que de tout temps, ceux sont les mêmes qui fournissent l’engrais à nos paysans. D’ailleurs, précise-t-il, certains fournisseurs comme la société Yara Ouest Africa, Toguna, la société Doucouré ou Niumani, sont reconnus en la matière au niveau de la sous-région.

Malgré les difficultés, le responsable paysan reste optimiste. « Nous espérons que d’autres livraisons arriveront d’ici quelques jours« , énonçait-il la semaine dernière au moment de notre entretien avec lui. Et d’évoquer le cas de l’Office du Niger qui gère lui-même sa fourniture d’engrais. Selon lui, les paysans de cette zone n’ont toujours pas reçu la quantité d’engrais nécessaire à leurs cultures. Histoire de dire que le problème est général.

Une précision : l’Initiative riz n’est pas concernée par ces péripéties. Son volet engrais étant géré par la Primature et le ministère de l’Agriculture.


C. A. DIA

18 Juin 2008