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La CMDT a bâti d’ores et déjà les plans prévisionnels de transport et d’égrainage. L’objectif de production de la Compagnie se chiffre à 500.000 tonnes de coton graine et à 2 millions de tonnes de céréales sèches

jpg_une-1088.jpgLa Compagnie malienne de Développement des Textiles (CMDT) se prépare à assurer le transport, l’égrainage et la commercialisation de l’importante récolte cotonnière qu’elle a réalisé cette année. Toutes les conditions matérielles sont réunies pour atteindre les objectifs de production fixés par la Direction générale de la CMDT. La disponibilité des intrants et des semences est assurée. La motivation des producteurs est au centre des priorités. L’objectif se chiffre à 500 000 tonnes de coton graine et 02 millions de tonnes de céréales sèches. Le processus de relance de la filière prend forme et ambitionne de dépasser les prévisions.

Cette dynamique, explique le directeur général adjoint de la Compagnie, est la résultante de la volonté politique du gouvernement d’accompagner la filière coton pour récupérer sa place de leader sur le continent. Les résultats probants sont dus au bon management interne de l’entreprise. Toutes les mesures d’accompagnement visant à encourager et à inciter les producteurs seront maintenues pour atteindre les objectifs fixés en 2012. Par exemple, le prix du kilo du coton graine ne varie pas. C’est 255 Fcfa pour le premier choix. Les mesures de subvention des engrais sont reconduites. Les factures des producteurs seront payées à temps et les banques sont là pour faciliter les règlements. La campagne de production s’achève dans quelques semaines dans les différents secteurs de production, laissant place à une autre étape : le transport, l’égrenage du coton graine et l’évacuation des balles de coton fibre vers les ports.

UNE MACHINERIE MODERNE. Pour mener à bien cette activité, la CMDT dispose d’un parc d’engins de terrassement par filiale, essentiellement constitué d’une niveleuse, d’une chargeuse, d’un Bull, de quelques bennes et d’un parc de transport coton graine. Cet arsenal est constitué d’une centaine de convois cotonniers d’une capacité moyenne de 2 200 tonnes / jour.

La maintenance de ce parc coton graine, du parc d’engins génie civil. La manutention des balles et du parc de véhicules utilitaires est assurée par cinq garages bien équipés. Les usines renferment trois générations de matériels d’égrenage. Les usines classiques ne sont pas équipées de dispositifs supplémentaires de nettoyage coton graine et fibre. Les usines classiques intermédiaires ont un dispositif supplémentaire de nettoyage coton graine. Les usines modernes travaillent avec toutes les options possibles (nettoyage coton graine et fibre, manutention balles, automates). La capacité d’égrenage de la CMDT est de 575 000 tonnes coton graine par campagne de 150 jours effectifs d’égrenage (03 quarts de huit heures).

Le parc de groupes électrogènes pour la production d’énergie, donne à la CMDT la capacité d’assurer environ 72% de ses besoins en énergie. La puissance installée est en d’environ 21 500 KW. Partout où l’EDM est présente (Bamako, Fana, Kita et Dioila), la CMDT a souscrit un abonnement pour remplir deux missions : prendre l’ensemble des installations en charge si la capacité des installations de EDM le permet ou fournir l’énergie électrique aux auxiliaires. La compagnie dispose d’une unité de fabrication de liens d’attaches. Cette unité est constituée de deux machines Fresne d’une capacité journalière de 22 000 liens pour les usines classiques et de deux machines automatiques Decoux pour une production journalière de 25 000 liens pour les usines modernes. L’atelier de chaudronnerie pour la satisfaction des besoins en tuyauteries des unités d’égrenage est en parfait état de fonctionnement. La CMDT a bâti d’ores et déjà les plans prévisionnels de transport et d’égrenage pour une prévision d’environ 550 000 tonnes.

Ces plans doivent permettre d’assurer le traitement de l’ensemble de la production avant le mois de mai 2013. Le démarrage est échelonné : le 1er octobre pour les usines classiques de première génération (Koutiala 1, Kimparana, Sikasso 1, Bougouni 1), le 21 octobre pour les autres usines et le 1er novembre pour l’usine de Kita en fonction des spécificités de cette zone. La production de fibre attendue est d’environ 230 000 tonnes et celle de la graine marchande 255 000 tonnes. L’apport d’environ 260 camions privés pour enlever environ 1 650 tonnes/jour complétera la capacité de transport du parc CMDT, pour assurer l’approvisionnement journalier de près de 3 800 tonnes/jour.

LES CONTRAINTES

La réussite de la campagne sera liée aux efforts diligents qui seront faits par les structures techniques de l’Etat, de la CMDT et par les producteurs dans le cadre de l’entretien des pistes en zones cotonnières. L’insuffisance des budgets alloués à l’entretien des pistes, depuis le recentrage de la CMDT autour des activités liées au coton en 2003, n’a pas permis de sauvegarder l’état du réseau de pistes, rapporte Sadio Sissoko, conseiller technique industriel principal. Ce spécialiste gère les opérations de transport et les autres logistiques de la compagnie. Les fortes pluies enregistrées cette année n’ont pas arrangé la situation au niveau des infrastructures routières. Les eaux diluviennes ont contribué à dégrader d’avantage les pistes.

Le Directeur général adjoint Cheick Tidiane Doucouré témoigne de la dégradation des pistes malgré les efforts entrepris durant la campagne écoulée pour résorber le mauvais état ou l’inexistence d’ouvrages sur ce réseau. Le budget global prévu pour les opérations ponctuelles d’entretien est d’environ 1,5 milliard Fcfa. Ce fonds facilitera l’exécution des programmes d’évacuation du coton graine d’ici la tombée des prochaines pluies. Le conseiller technique Sadio Sissoko, estime que la participation des producteurs, en terme de main d’œuvre, pour les opérations de points à temps, d’enrochement et d’aménagement de passages temporaires en lieu et place de certains ouvrages est vivement sollicitée. Cet apport spécifique est justifiée par l’ampleur des dégradations et la nécessité de sortir le coton suffisamment tôt pour atteindre les objectifs d’une campagne rentable à tout point de vue.

A. M. CISSE

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Conservation des légumes : attention au noircissement interne des tubercules !

Les tubercules riches en matière sèche sont plus sensibles au développement du noircissement interne. Différentes mesures préventives peuvent être mises en œuvre pour limiter les risques d’apparition de ce type d’endommagement. Les récoltes de pommes de terre de consommation, destinées au marché du frais comme à la transformation, sont en cours. Globalement, la qualité semble plutôt bonne avec cependant, en tendance, une production riche en matière sèche (teneur proche de celle observée en 2009) et une turgescence des tubercules parfois limitée par la faible pluviosité de la fin du cycle. Ces facteurs sont favorables au développement du noircissement interne, en particulier, sur les variétés destinées à l’industrie, généralement plus sensibles.

Le noircissement interne se caractérise par des taches sous-épidermiques de couleur gris bleuté (taches cendrées) d’un diamètre de 0,5 cm et plus, qui peuvent évoluer en profondeur dans la chair des tubercules et devenir noires dans les cas les plus graves. Ce type d’endommagement étant interne, quasiment aucun tri manuel n’est possible. Les symptômes apparaissent principalement du côté du talon.

Amadou Cissé, L’Essor du 10 Octobre 2012