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« L’Initiative riz » mise en œuvre par les plus hautes autorités comme une réponse structurelle au déficit de riz est en route. Mais, San risque de ne pas atteindre son quota.

« Je me réjouis de l’adhésion des producteurs à l’Initiative riz’. L’Etat fera tout son possible pour mettre dans des conditions de travail les paysans pour l’atteinte des objectifs » , avait déclaré le ministre de l’Agriculture qui a visité début août 2008 les plaines sud et ouest de San où un optimisme certain était affiché au départ.

Mais, aujourd’hui, la réalité est autre. Tout semble chambouler. Les nouvelles en provenance de la zone pour la campagne agricole 2008-2009 n’augurent pas de bonnes perspectives pour l’atteinte des objectifs de « l’Initiative riz » dans cette localité, réputée depuis belle lurette pour sa culture de riz.

Selon nos informations, la ville de San est sérieusement en retard sur le plan de campagne. Pendant que dans d’autres localités, l’on a fini avec les semis, à la plaine de San-Ouest, certains paysans étaient jusqu’à la semaine dernière au stade de repiquage.

Nos sources rapportent que ce retard est dû au fait que le groupe électrogène qui irrigue les casiers rizicoles n’est plus fonctionnel. « Nous sommes très en retard sur la campagne agricole 2008-2009. ‘L’Initiative riz’ tend vers l’échec. Il n’y a pas d’eau dans les casiers rizicoles. Le groupe ne fonctionne plus », se soucie un responsable communal.

Le médecin après la mort ?

Pourtant, le problème de groupe de la plaine de San a toujours été une préoccupation des paysans qui n’ont jamais manqué l’occasion d’attirer l’attention des décideurs à chacune de leur sortie dans la plaine. En août dernier, le même problème avait été signalé au ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré devant qui les techniciens ont tenté en vain de mettre en marche le groupe.

Ce qui veut dire que le problème était connu mais la solution a tardé à venir. Ce jour-là, le ministre avait affirmé aux producteurs qu’il n’était pas possible de connecter la centrale à l’EDM, mais leur avait proposé 32 millions de F CFA pour servir de frais de carburant pour un groupe qui est en mauvais état.

Pour ne pas voir leurs champs de culture détruits, des paysans étaient obligés de recourir aux moto pompes pour irriguer leurs casiers à raison de 1500 F CFA l’heure. Aux dernières nouvelles, un nouveau groupe serait arrivé il y a une dizaine de jours, mais les producteurs sont loin d’être rassurés. Ils estiment que le coup est parti pour ne pas dire que c’est le médecin après la mort.

Manifestement, l’acheminement du groupe a accusé du retard. Ce qui va naturellement jouer sur tout le reste du processus. Difficilement, les cultures pourront connaître le même stade de développement qu’ailleurs. Et les résultats à atteindre risquent d’être sérieusement compromis.

Pour mémoire, dans le cadre de « l’Initiative riz », il est assigné à San un objectif de 30 000 tonnes. Le moment du bilan sera encore plus édifiant.


Mohamed Daou

08 Octobre 2008