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L’occupation et la situation d’insécurité qu’elle a générée a créé un contexte particulier et rendu difficile la mise en œuvre du plan de campagne agricole 2012 2013 dans les régions de Tombouctou et Gao, qui regorgent d’un potentiel agricole énorme à cause des sols fertiles, des lacs et d’un nombre important de périmètres irrigués villageois. La région de Kidal, quant à elle, pratique essentiellement les cultures maraichères et les cultures de décrue (sorgho et niébé).

Dans une note technique élaborée par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, on apprend que «le mouvement des agents d’appui-conseil et de certains producteurs, ainsi que celui des opérateurs économiques fournisseurs d’intrants agricoles, est fortement handicapé par l’insécurité». Cette situation «ne favorise pas la conduite et le suivi correct des activités agricoles, notamment l’approvisionnement en intrants (engrais, semences et carburant)».

De plus, le non approvisionnement des périmètres se traduira par des pertes importantes de production de riz et de blé et leurs corollaires (famine, paupérisation des populations, déplacements des populations, etc.). En conséquence, l’approvisionnement des régions du nord du Mali en engrais revêt une grande importance aux plans agricole et politique. C’est dans ce cadre que des stratégies opérationnelles ont été retenues.

Parmi elles, on peut citer l’approvisionnement en engrais et en semences. Ces intrants sont destinés essentiellement aux petits périmètres irrigués, dont les superficies sont maitrisées. Les producteurs sont bien identifiés, ainsi que les quantités à mettre en place. Ce sont d’ailleurs celles qui sont consignées dans le plan de campagne agricole 2012 2013. Toute cette mécanique sera suivie par les coopératives des producteurs, bien organisées sur le terrain.
Quant aux cautions techniques, elles seront remplies par les Directeurs Régionaux de l’Agriculture ou les chefs des Secteurs d’Agriculture des zones concernées. L’enlèvement de l’engrais se fera par voie fluviale à partir de Sévaré (Mopti). Les partenaires (comme la GIZ-Coopération allemande) prendront en charge le coût de la partie non subventionnée de l’engrais (12.500 FCFA/sac de 50 kg) et le Gouvernement remboursera aux fournisseurs la tranche subventionnée.

Selon les techniciens du département de l’Agriculture que nous avons rencontrés, au regard du grand potentiel agricole des régions de Tombouctou et Gao – environ 13% de la production de riz et 80% de la production de blé -, il était impérieux de mettre en place les mécanismes permettant d’approvisionner ces zones en intrants d’intensification (engrais et semences), afin d’aider les producteurs à mettre en place les cultures irriguées.

Techniquement, il sied aussi de noter que les zones concernées comprennent de nombreux petits périmètres irrigués (PIV), dont les rendements vont de 5 à 6 tonnes / ha (Tombouctou, Gao) et la plus grande zone de production du blé au Mali (Diré et Goundam). La conduite et la réussite des cultures irriguées de ces PIV sont donc intimement liées à l’utilisation d’intrants d’intensification de qualité.

Paul Mben

22 Septembre du 5 Juillet 2012