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Première étape, les parcelles du village de Dialakoroba. Là, le fermier philanthrope exploite des superficies éparses au gré des terres cultivables. Les parcelles de maïs, riz, mil s’étendent sur une très grande superficie dont l’exploitant ne connait pas les dimensions exactes. Une certitude cependant : tous les frais nécessaires à l’exploitation de ces terres sont à la charge de Cheick Filimady Haïdara.

L’agent de l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN) qui s’occupe de la zone de Dialakoroba, estime que le vieux fermier exploite 88 hectares, toutes spéculations confondues. Plus loin à Tabakoro, ce sont 180 hectares, encore toutes spéculations confondues qu’il exploite, selon un de ses conseillers.

Fait remarquable, toute la récolte des champs de ce sexagénaire est distribuée directement aux personnes nécessiteuses qui viennent le solliciter.
L’année dernière, témoigne notre fermier, il a récolté 1950 sacs de mil sur ses parcelles, qu’il s’emploie jusqu’ici à distribuer gratuitement à toute personne qui lui fait la demande.

« Je suis guidé par le seul souci d’aider mon prochain qui a faim. Je lui donne la quantité nécessaire pour la nourriture sa famille. Les personnes que j’emploie dans mes champs sont rémunérées convenablement. Parce que je ne veux pas que quelqu’un se plaigne de moi, soit disant qu’il est mal payé« , explique le vieux Haïdara. Des propos étonnants, confirmés par les personnes qui l’accompagnent et qui ne cessent de louer sa bonté et ses œuvres de bienfaisance.

Dans la zone de Tabakoro, le vieux Haïdara a présenté au ministre une de ses filles qui exploite des champs de mil et qui suit les pas de son père. Elle distribuera toute la récolte aux nécessiteux qui la solliciteront, selon les prescriptions de son père.

Le ministre Tiémoko Sangaré a vivement encouragé le vieil homme et demandé à ses services, notamment les directions nationale et régionale de l’Agriculture, d’apporter tout l’appui nécessaire en terme de technologie agricole à l’exploitant afin qu’il puisse mieux rentabiliser ses efforts.
Ainsi Cheick Filimady Haïdara pourra tirer davantage parti de l’exploitation de ses vastes superficies et venir en aide, comme il le fait depuis plus de soixante ans, à son prochain dans le besoin.

M. COULIBALY

23 Octobre 2008