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Pour ceux d’entre vous qui pensaient que notre pays n’allait plus être fourni en engrais hors norme (engrais frelaté) après le tollé de l’an dernier, détrompez-vous. L’engrais frelaté existe bien dans nos magasins de stockage pour la campagne Agricole en cours. La révélation a été faite par le ministre de l’Agriculture, Kassoum Dénon, le mardi 14 juin 2016. C’était au cours d’une conférence de presse tenue à la Maison de la presse. Conjointement animée avec son collègue de l’Elevage et de la Pêche, Dr Nango Dembélé, la conférence visait à partager avec la presse le contenu du plan de campagne 2016/2017 et les résultats obtenus au titre de celle de 2015/2016.

Secteur à même d’offrir le plus d’opportunités d’emplois à notre jeunesse et de réduire la pauvreté par la création de la valeur ajouté, le secteur Agricole a enregistré des performances significatives qui ont contribué à la croissance du secteur primaire qui est de 7,6% en 2015. Conscient de cette réalité, le Président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a décidé de faire de cette Agriculture le moteur du développement de notre économie en lui octroyant 15% du budget national. Il ne s’est pas arrêté là. IBK a lancé un programme-pilote de mécanisation de notre Agriculture qui va se traduire par une augmentation de 40 à 60% du taux de mécanisation. Il a aussi poursuivi le programme de subvention des intrants. Subventions estimées dans le plan de campagne 2016/2017 à plus de 38 milliards de FCFA. Une manne financière qui fait agiter aujourd’hui certains fournisseurs au point d’importer des engrais de mauvaise qualité.

Les années se suivent et se ressemblent dans la fourniture d’engrais
C’est bien le triste constat. Notre pays n’a rien tiré comme leçon du tollé soulevé par l’introduction de l’engrais hors norme que certains qualifient d’engrais frelaté. Une année après ce scandale, revoici le même engrais hors norme revenir au-devant de la scène. Il en existe bien dans les magasins de stockage, notamment pour le complexe céréale, importé dans le pays par certains fournisseurs véreux malgré les mises en garde du Président IBK lors du Conseil Supérieur de l’Agriculture.
Contrairement à l’an dernier, ce n’est pas dans la presse que les Maliens vont apprendre la triste nouvelle. Mais de la bouche du ministre de l’Agriculture, Kassoum Dénon, qui précise que, à ce stade, il n’est pas en mesure de donner ni la quantité d’engrais concerné ni les fournisseurs incriminés. «Les investigations sont en cours.» Cette situation fait planer le risque de la non-atteinte des objectifs définis dans le plan de campagne et, par ricochet, une menace pour le portefeuille des paysans qui vont investir avec le gros risque de ne jamais pouvoir récupérer leurs investissements. Le dossier de l’engrais hors norme sera-t-il géré comme il l’a été l’an dernier ? Sur cette question, le ministre Dénon est, on ne peut plus, clair. «Nous allons assumer toute notre responsabilité. Les contrevenants seront pénalisés» a-t-il déclaré. Faudrait-il encore qu’on donne un contenu à ce mot «pénaliser». S’agira-t-il d’une suspension, d’un simple refus de payer ces fournisseurs ou d’une vraie poursuite judiciaire contre eux ? Wait and see.

En attendant, on peut noter que la campagne Agricole 2015/2016 a enregistré une production céréalière de 8 045 669 tonnes, soit une hausse de 15,25% comparée aux 6 980 733 tonnes de la campagne 2014-2015. S’agissant de la campagne en cours, le ministre a annoncé, conformément aux objectifs du plan de campagne, que la production céréalière attendue est de 8,8 millions tonnes constituées d’environ 60% de riz et de maïs. Pour le la production de coton graine, le plan de campagne 2016/2017 ambitionne de battre la 3ème meilleure performance de la CMDT enregistrée l’an dernier avec une production estimée à 650 000 tonnes dans les zones CMDT et OHVN et 800 000 tonnes à l’horizon 2018. S’agissant des objectifs d’aménagements des terres, le ministre Dénon a précisé que sur la promesse des 100 000 hectares promis d’ici à la fin du quinquennat par IBK, seulement 30 000 ont été réalisés. D’où la nécessité d’aller vite et très vite. C’est pourquoi il a annoncé la création de l’Agence d’Aménagement des Terres.
Pour ce qui est de la production de viande, elle est estimée à plus de 55 000 tonnes de viande rouge. Cette production sera soutenue par une politique de production de poisson qui va s’appuyer sur les cages flottantes et l’empoissonnement des mares, entre autres. Pour le ministre Nango Dembélé, la politique de développement de la pêche passe par la libération des broutoles de transhumances des animaux pour la plupart occupées.

Yaya Samaké

22 Septembre du 16 Juin 2016