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Les autorités du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin sont averties sur une éventuelle arrivée d’essaims au Mali et au Niger.

A chaque veille d’hivernage, des poches d’existence de criquets pèlerins se font signaler dans la sous-région notamment dans les pays du Sahel. En cette veille du démarrage de la campagne agricole 2012-2013, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) tire la sonnette d’alarme dans un communiqué diffusé hier sur son site. Elle signale que des essaims de criquets pèlerins » menacent les cultures du Niger et du Mali ».

« Les cultures du Niger et du Mali sont menacées par les essaims de criquets pèlerins qui se dirigent vers le Sud, en provenance de l’Algérie et de la Libye ». Selon le site, « des groupes d’acridiens ont été détectés récemment dans le Nord du Niger, issus d’infestations plus au nord ».

Pour la FAO, le nombre de criquets et la distance qu’ils parcourront dépendront de deux facteurs principaux : l’efficacité des efforts de lutte en cours en Algérie et en Libye et les précipitations imminentes au Sahel. Les années précédentes, l’Algérie et la Libye ont mis le paquet pour maîtriser la plupart des essaims locaux et empêcher leur déplacement vers le Sud.

La capacité de lutte antiacridienne de la Libye a en outre été affectée cette dernière année, due à en croire l’institution onusienne, à l’insécurité qui règne des deux côtés de la frontière qui entrave l’accès des équipes locales.

Les experts de la FAO craignent que « les efforts de lutte antiacridienne dans la région ne soient entravés par l’insécurité des deux côtés de la frontière algéro-libyenne, mais aussi de l’insécurité politique et les conflits au Mali qui pourraient également compromettre les opérations de suivi et de lutte si les criquets atteignent le pays ».

Au Mali, l’invasion acridienne de 2004 a sans nul doute été l’une des plus grandes calamités ayant compromis la politique de sécurité alimentaire pour laquelle d’énormes ressources humaines, matérielles et financières ont été mobilisées. Dans son plan d’action, l’Unité nationale de lutte contre le criquet pèlerin a prôné la stratégie de lutte préventive et d’alerte précoce. Mais faute de moyen, elle n’est jamais arrivée à sa mise en place effective.

Amadou Sidibé

Les Echos du 6 Juin 2012