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Il n’est un secret pour personne qu’en dépit de ses potentialités d’irrigation très importantes, l’agriculture malienne dépend fortement de la pluviométrie. Et comme depuis quelques années, avec le changement climatique, la pluviométrie est devenue très capricieuse, les autorités maliennes ont décidé de changer de fusil d’épaule, en initiant des programmes d’aménagement de terres agricoles. Soumaïla Samaké, directeur national du génie rural, a animé, le 7 août 2010, un point de presse pour faire le bilan du programme d’aménagements de 103 000 ha de terre agricole.

« Cette année, dans le cadre de la campagne agricole, mes services viennent de mettre 23 521 ha de terres aménagées à la disposition des paysans maliens». C’est en ces termes que Soumaîla Samaké, directeur national du génie rural, a introduit ses propos lors du point de presse bilan des aménagements prévus dans le cadre de la campagne 2010-2011. Il a indiqué que cela constituait la première tranche du programme 2007-2012 d’aménagement de terres agricoles. Selon lui, ce programme doit, à terme, doter notre pays de 103 000 ha de nouvelles terres aménagées.

Si 23 521 ha de terres ont été aménagés et mis à la disposition des paysans, le Directeur national du génie rural a déclaré que plus de 70 000 ha sont actuellement en cours de réalisation. Il a aussi annoncé qu’avec les 23 521 ha, le Mali compte désormais environ 350 000 ha de terres agricoles aménagées à travers tout le territoire national.

Selon lui, si les 23 521 ha mis à disposition dans le cadre de la campagne agricole 2010-2011, vont permettre aux paysans de produire au moins 90 000 tonnes de céréales de plus quand on sait qu’ils produisent au moins 4 tonnes par hectare et avec les 350 000 ha, sans compter la production de la contre saison, le directeur dira que la capacité de production est désormais d’au moins 1 400 000 tonnes de céréales, sur les terres aménagées. « Sur ces terres, avec ou sans une bonne saison de pluies, les paysans pourront produire. Le Mali est en passe de se donner les moyens de se mettre à l’abri des caprices de la pluviométrie », a-t-il déclaré.

A la question de savoir la nature des difficultés que son service rencontre pour la réalisation de ces grands chantiers, il a précisé qu’il préfère le terme de contraintes. Selon lui, les contraintes sont d’ordre financier, en ce sens que les travaux nécessitent d’énormes ressources qui sont à mobiliser à hauteur de 70 à 75% auprès de plusieurs partenaires. « Pour la réalisation d’un hectare de terre agricole, l’Etat débourse au moins 3 millions de Francs Cfa », a-t-il révélé.

Il a aussi mis un accent sur les contraintes inhérentes à la sélection des entreprises et à leur faible capacité d’intervention. Qu’à cela ne tienne, il fera savoir que l’avenir de l’agriculture malienne passe par la maîtrise totale de l’eau, en ces moments de changement climatique. Il a aussi souligné qu’un autre grand défi de l’agriculture malienne est la mécanisation. « En plus de l’aménagement des terres, pour le compte du ministère de l’agriculture, nous avons la charge d’accompagner les paysans dans l’acquisition et l’utilisation de l’équipement », a-t-il déclaré.

Dans le processus de la mécanisation de l’agriculture malienne, ce sont au moins 1500 tracteurs qui ont été injectés sur toute l’étendue du territoire et le service du génie rural est chargé d’accompagner les paysans dans leur utilisation.

Assane Koné

09 Août 2010.