Partager

La visite du 7 au 11 juillet 2009 du directeur général de l’Office riz Ségou (ORS) dans les zones relevant de son ressort, marque le point de départ de la campagne agricole 2009-2010 à l’ORS.

« Nous n’allons pas déroger à la règle. Nous pensons organiser les concertations avec les paysans dans les jours qui suivent. Le message que nous voulons livrer aux producteurs, c’est un message d’encouragement pour avoir réalisé l’objectif qui nous a été fixé l’année dernière ; à savoir : les 60 000 tonnes. L’autre message, et c’est le plus important, c’est de leur dire que c’est un défi maintenant qu’il faut qu’on relève ensemble… »

Cette déclaration du DG de l’ORS, extraite de l’interview qu’il nous a accordée le 25 juin 2009, résume à elle seule, que les préparatifs de la campagne agricole 2009-2010 ont bien démarré à l’ORS. C’est une tradition, pour le DG de l’ORS, Kassoum Dénon, à l’entame de chaque nouvelle campagne agricole de sillonner les secteurs rizicoles relevant de son ressort pour échanger avec les producteurs qu’il considère comme des partenaires à part entière.

C’est dans cette dynamique que se situe la visite de terrain qui va conduire du 7 au 11 juillet 2009 le premier responsable de l’ORS à Tamani, Konodimini, Dioro, Farako et Sansanding. Bien qu’il soit un peu angoissé par les prévisions du CILSS, qui indiquent que la pluviométrie sera déficitaire cette année, cela n’a pas fait oublier au visiteur sa solution agronomique. Cette solution, il a tenu à la partager mardi à Tamani, première étape de la mission.

Sachant que la submersion contrôlée est liée à la pluviométrie et à la bonne crue, le DG de l’ORS, au regard des prévisions du CILSS, qui ont été d’ailleurs toujours les meilleures, selon lui, a expliqué aux producteurs de ne plus croiser les bras en attendant la pluie, mais de procéder au semi à sec avec des variétés très précoces. Tout au long des discussions, il a insisté auprès de ses interlocuteurs sur la nécessité de commencer à gratter le sol et à faire des semis précoces concernant le mil, le sorgho et le riz flottant.

« Il y aura un déficit pluviométrique cette année dans les pays sahéliens si l’on s’en tient aux prévisions du CILSS. Et les palliatifs en cas de déficit pluviométrique résident dans les semis à sec. Il nous revient de changer de méthode de travail », a-t-il conseillé. A sa suite, les paysans ont pris l’engagement que ces conseils, qu’ils ont qualifié de « bons », ne tomberont pas dans des oreilles sourdes.

L’autre question sur laquelle le DG de l’ORS n’a pas transigé, est relative aux crédits intrants. Il se trouve qu’il reste des créances non recouvrées. Or, tous ceux qui n’ont pas payé les crédits intrants n’en auront pas cette année suivant les instructions du Premier ministre lors de son passage le 13 juin 2009 à Farako. L’ORS était à 92 % de remboursement selon les chiffres du 31 mars 2009.

Aussi, l’une des particularités des conditions d’octroi de l’engrais cette année réside dans le fait qu’il sera payé au comptant par les producteurs au prix de 12 500 F CFA le sac. « Tous ceux qui ont des crédits intrants n’auront pas d’engrais cette année. Les engrais seront stockés dans les magasins, mais payés au comptant », a dit M. Dénon. Il n’a pas tari d’éloges à l’endroit des producteurs de Dioro et de Sansanding pour avoir honoré leurs engagements vis-à-vis des banques. A ce jour, les mauvais payeurs restent Tamani, Konodimini, Ségou et une bonne partie de Farako.

Saisine du procureur

Situé à l’ouest de la zone d’intervention de l’ORS, le secteur de Konodimini a été mercredi la 2e étape de la tournée du DG de l’ORS. L’ordre du jour était le même : le paiement des crédits intrants, les semis à sec. Tout comme à Tamani, Kassoum Dénon a averti que l’ORS n’écarte pas l’hypothèse de la saisine du procureur pour poursuivre les mauvais payeurs de crédits intrants.

« Nous n’avons pas la liquidité pour payer les engrais. Nous voudrions que vous conditionniez son octroi au paiement de la redevance eau », a plaidé Bréhima Coulibaly. Dans ce secteur, les herbicides sont déjà arrivés et le sac sera cédé aux paysans à 4500 F CFA contre 6500 ou 7500 F CFA ailleurs. Le chef de village, Bréhima Tangara, tout en se félicitant de la construction de la route latéritique parallèle au goudron, a demandé et obtenu l’érection des « gendarmes couchés » pour minimiser les risques d’accidents.

Des producteurs ont pris l’engagement de s’acquitter de leurs dettes dans un délai proche. Par ailleurs, M. Dénon a informé les producteurs de la fin du Projet pour le développement intégré de Ségou (PDIS) et l’arrivée d’un autre dénommé Projet d’appui au développement rural de Tienkonou et de Tamani (PADERTK) pour un montant de 14,7 milliards de F CFA. Avec ce projet, aux dires de Kassoum Dénon, l’ORS ira directement vers la maîtrise totale de l’eau comme à l’Office du Niger. Une ambition qu’il a nourrie depuis son arrivée à la tête de l’Office.

Le PADERTK qui prendra le relais du PDIS va sécuriser les casiers de Tienkonou, Famana et de Tamani. Il y aura également d’autres composantes comme la construction de plus de 30 km de digue qui vont être dressées pour sécuriser les casiers de Tamani, les forages, la réhabilitation des CSCOM dans la zone etc.

En réponse aux préoccupations des jeunes et des femmes, M. Dénon les a assurés qu’ils auront des champs à cultiver conformément à la vision du chef de l’Etat. C’est dans ce cadre que 10 % des terres qui seront aménagées seront mises à leur disposition. Jeudi, la délégation était à Dioro. Elle mettra le cap ce vendredi sur Farako et bouclera la boucle par Sansanding demain.

Mohamed Daou

(envoyé spécial)

10 Juillet 2009.