Partager

Au cours d’une conférence de presse animée à l’hôtel Salam, le jeudi 20 novembre 2008, Tiémoko Sangaré, ministre de l’Agriculture a annoncé que notre pays attend, à l’issue de la campagne agricole 2008-2009, une production céréalière de 4 925 605 tonnes qui donne un excédent céréalier net de 1 389 970 tonnes toutes céréales confondues.

Tiémoko Sangaré a indiqué que ce bilan tient compte des données prévisionnelles d’importations, d’exportations commerciales et des importations d’aides alimentaires au cours de la campagne.

Selon le ministre, cet excédent se repartit comme suit : 259 190 tonnes de riz, 1 130 370 tonnes pour les céréales sèches et 410 tonnes de blé. «Les disponibilités apparentes attendues par habitant sont estimées à 343,63 Kg/Hbt/an, contre une norme de 214 Kg/hbt/an», a-t-il ajouté.

Mais, la fausse note de cette campagne serait la baisse de la production du coton. Le ministre a indiqué que la production de coton est en diminution continue depuis près de 4 ans. La production attendue pour la campagne 2008/2009 est estimée à 190 000 tonnes. «Cette baisse de production semble essentiellement liée au retard de paiement des producteurs et aux coûts assez élevés des intrants notamment les engrais minéraux», a-t-il déclaré.

Face à ce faible niveau de production du coton, le ministre a estimé qu’il est nécessaire d’organiser une concertation autour de la gestion rationnelle de la graine de coton qui sera au demeurant très en dessous des besoins nationaux.

Le ministre a d’abord rappelé les objectifs de la campagne 2008-2009. Selon lui, dans le cadre de la mise en œuvre du plan de campagne, un accent particulier a été mis sur la production céréalière, notamment le riz à travers l’opération Initiative Riz.

Il dira que l’objectif global portait sur 4,6 85 095 millions de tonnes de céréales. Dans cet objectif, le ministre a rappelé que la part du riz était de 1 618 323 tonnes de riz paddy, soit une hausse de 50 % par rapport à la campagne 2007/2008.

En ce qui concerne les autres céréales, il dira que le Mali comptait produire : 859 mille tonnes de maïs, 1,183 million de tonnes de mil, 1 million de tonnes de sorgho, 30705 tonnes de fonio, 13 000 tonnes blé/orge.

Le ministre a admis que la campagne agricole a connu un démarrage difficile lié aux contraintes d’approvisionnement en engrais et à la hausse généralisée du prix des céréales. Mais, il a estimé qu’elle a été caractérisée par une pluviométrie satisfaisante.

«Cette situation pluviométrique a bénéficié de l’apport du programme des pluies provoquées notamment dans les régions de Mopti, Ségou, Koulikoro et Kayes où des poches de déficits étaient observées», a-t-il déclaré. Avant d’admettre que des cas d’inondations occasionnant des pertes peu significatives de superficie ont été enregistrés. Selon le ministre, cela représente 5926 ha, soit 1 % des superficies.

Le Mali attend 4 925 600 tonnes de céréales

Il dira que la production céréalière totale prévisionnelle est estimée à 4 925 600 tonnes contre 3 885 477 tonnes en 2007-2008, soit une hausse de 26,7 %. Selon lui la production de cette année se compose de 1 463 183 tonnes mil, soit 30 %, 1 624 246 tonnes de riz, soit 33 %, 1 063 000 tonnes de Sorgho, soit 22 %, 719 296 tonnes de maïs, soit 14,5 %, 42 714 tonnes de fonio, soit 0,8 % et de 13 166 tonnes de blé, soit moins de 0,2 %.

Avec ces résultats, le ministre dira que les prévisions ont été réalisées à 123,65 % pour le mil, 106,29 % pour le sorgho, 87,38 % pour le maïs, 100,36 % pour le riz, 100 % pour le blé, 115,27 % pour le fonio. «Avec une prévision totale de 4 675 003 tonnes de céréales, nous avons réalisé une production de 4 925 605 tonnes de céréales, soit un taux de réalisation de 105,36 %», a-t-il déclaré.

Le ministre Tiémoko Sangaré a tenu à faire spécialement le point de l’initiative riz. En ce qui concerne les semences, il dira que la subvention de l’Etat aux producteurs a porté sur 60 % du prix, soit un montant total de 53 352 300 F Cfa.

Pour l’engrais, Tiémoko Sangaré a indiqué que la quantité acquise dans le cadre de l’Initiative riz s’élève à 47 832, 94 tonnes, composée de 30 422,28 tonnes d’urée et de 17 410,66 tonnes d’engrais de fonds. «La subvention accordée à cet effet a été de 9 694 798 000 F Cfa», a-t-il déclaré. Il a aussi annoncé que l’Etat a facilité l’acquisition et la fourniture à crédits des équipements aux organisations de producteurs, pour un montant global de 1 125 105 584 F Cfa contre une prévision initiale de 701 millions de F Cfa.

A cela, le ministre a demandé d’ajouter l’acquisition d’équipement complémentaire pour un montant de 125 850 000 F Cfa et l’achat d’un groupe électrogène pour la plaine de San-Ouest pour un montant de 112 358 100 F Cfa.

Le ministre a aussi annoncé le recrutement et la formation de 102 agents de base et l’acquisition de 200 motos et la prise en charge de leur fonctionnement pour un montant de 325 millions de F Cfa.

Pour la prise en charge de toutes ces dépenses, Tiémoko Sangaré a indiqué que le gouvernement du Mali a déboursé la somme de 5 milliards de Fcfa, au moment où le Canada mettait 2,2 milliards de Fcfa dans la cagnotte, le Royaume des Pays-Bas, 1,311 milliards de F Cfa, la Banque africaine de Développement, 413 018 554 F Cfa, le PNUD, 202 millions de F Cfa, la FAO, 500 000 dollars US, le Danemark, 260 000 000 de F Cfa et la Banque Mondiale, 250 millions de F Cfa.

Après la récolte, le Mali doit faire face à la gestion de sa production. Le ministre a annoncé qu’un dispositif de commercialisation de la production a été mis en place. Selon lui, il va s’appuyer sur quatre principaux circuits : les organisations paysannes, l’OPAM, les transformateurs et les importateurs-exportateurs.

«Les mesures pour l’opérationnalisation de ce dispositif de commercialisation sont en cours », a-t-il déclaré. Avant d’indiquer que la gestion de la commercialisation doit permettre la pérennisation de la production en garantissant un revenu satisfaisant aux producteurs.

«Mais, l’Etat ayant insufflé des ressources publiques dans la production, il est tout à fait logique que les consommateurs s’attendent à un prix abordable. Et entre les producteurs et les consommateurs, il y a les commerçants qui doivent aussi trouver leurs comptes. Nous veillerons à garantir les intérêts, à priori contradictoires, de chacun de ces groupes», a-t-il indiqué.

A. Koné