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web-5.jpgEn dépit des efforts louables de la police pour éradiquer le banditisme, le phénomène persiste à Bamako. Chaque jour qui passe apporte son lot de délits divers, de brigandages, de braquages voire d’assassinats. Mais la difficulté et la nature complexe de la lutte contre l’insécurité ne font pas baisser les bras aux forces de l’ordre. Elles traquent les malfrats les plus endurcis jusque dans leurs dernières planques pour les mettre hors d’état de nuire.

Dans ce combat sans trêve et merci, les policiers travaillent de jour comme de nuit. Car les bandits n’ont pas d’heure. Eux aussi opèrent de jour comme de nuit. Il y a quelques semaines, ils ont ainsi effectué une de leurs dernières attaques spectaculaires. Les faits se sont déroulés à Médine.

« AU VOLEUR ! »

Ce jour là, aux environs de 5 heures du matin, alors que Abdoul Samad, un ressortissant nigérian, employé comme gardien dans un atelier de couture dormait dans la salle des machines à coudre, il fut réveillé par les appels au secours de son collègue qui montait la garde non loin. Ce dernier criait à gorge déployée : « au voleur« . Abdoul se précipita vers le point d’où émanaient les appels. Dans la pénombre, il distingua quatre ombres furtives visiblement armées. Sans lui donner le temps de réfléchir, un solide gaillard se détacha de la pénombre et aboya un ordre en lui pointant un flingue sous le nez. Tremblant de peur, le gardien supplia ses agresseurs de ne pas tirer et rebroussa prestement chemin. Abdoul Samad se blottit alors dans un coin de la pièce d’où il pouvait apercevoir les intrus décrochant tous les habits qui se trouvaient exposés dans la vitrine.

« Une quinzaine de minutes, plus tard, lorsque j’ai entendu des gens crier « au voleur ! » Dans la rue, je suis sorti. Les voyous étaient partis« , a-t-il raconté aux policiers à l’interrogatoire ajoutant encore tout tremblant : « Ils étaient tous armés. A la moindre imprudence, ils pouvaient me tuer, cela se lisait dans leur regard. Je les ai vus emporter les articles de l’atelier. Je ne pouvais rien dire« .

Ces déclarations furent confirmées par le propriétaire des lieux. Lui aussi rapporte avoir reçu un appel téléphonique de son gardien Samba Sylla lui annonçant le pillage de sa boutique du marché de Médine par des voleurs armés. Toute affaire cessante, l’homme accourut sur les lieux, pour constater les dégâts. La porte du magasin avait été fracturée, les cadenas cisaillés et jetés à terre, les vitres brisées. Les visiteurs avaient tout emporté, téléphones portables et accessoires compris. Ils s’étaient également emparé de deux téléviseurs de 14 pouces chacun. Le propriétaire de l’atelier se rendit aussitôt au commissariat de police du 3ème arrondissement pour expliquer sa mésaventure au chef de la brigade de recherche, Papa Mambi Keïta, alias « l’épervier du Mandé« . Devant l’officier de police, il estima la valeur des marchandises volées à 750.000 Fcfa. Et porta plainte contre X.

DES TIRS EN L’AIR

Appelé à témoigner à la police, Djanguina Magassa qui est également un gardien des lieux, explique que cette nuit là peu de temps avant le vol, une Toyota land-cruiser de couleur blanchâtre aurait stoppé tout près de lui. Des hommes, armés de pistolets automatiques débarquèrent du véhicule et lui auraient intimé l’ordre de se coucher à plat ventre. Vu le nombre élevé des assaillants, le malheureux n’aurait opposé aucune résistance. Deux membres du groupe se sont alors dirigés vers la porte d’entrée de la boutique et à l’aide de cisailles, ils ont sectionné les cadenas et brisé les vitres. Ils s’introduisirent dans la boutique pour emporter toutes les marchandises.

Des apprentis qui se trouveraient non loin ont essayé de porter secours au malheureux gardien. Mais les assaillants les dissuadèrent par des tirs en l’air avant de s’enfuir sur les chapeaux de roue. L’opération n’a duré qu’une quinzaine de minutes au cours desquelles près d’un million de francs d’articles divers se sont volatilisés.
Après le départ des bandits, Dianguina alerta son patron par téléphone, lui annonçant le casse.

Avec le concours des agents du commissariat du 5ème arrondissement, les limiers du 3ème entamèrent les enquêtes pour mettre la main sur les bandits. Ils découvriront qu’en plus des marchandises, les voleurs s’étaient emparé d’une somme de plus de 5 millions de Fcfa. Analysant la manière d’opérer des bandits, les policiers établirent qu’il s’agit d’un gang qui écume la rive droite du district depuis belle lurette.

La police poursuit ses investigations avec le bon espoir de mettre, sous peu, les malfaiteurs hors d’état de nuire.

Mh. TRAORÉ | Essor

26 juillet 2007