Partager

La libération des quatre militants d’AQMI intervenue en début de semaine, suivie de celle de l’otage français, avant-hier, a provoqué l’ire de l’Algérie et de la …. Mauritanie.

En réalité, le second pays est aux ordres du premier dans cette affaire. Donc, la Mauritanie, un pays incapable, jusqu’ici, d’opérer la moindre arrestation dans les rangs d’AQMI au moment où son sol devient une véritable passoire pour les terroristes, ne mérite point qu’on se penche sur son cas.

Seulement voilà : sur les six otages occidentaux enlevés par AQMI, seul le français Pierre Camatte l’avait été au Mali. Alors que, les trois Espagnols et les deux Italiens étaient enlevés en Mauritanie souvent même aux portes de Nouakchott, et au nez et à la barbe des forces de sécurité mauritaniennes. Ce pays a-t-il des leçons à donner au Mali ?

Idem pour l’Algérie. A propos de ce pays, nul besoin de revenir sur tout ce qu’il a entrepris depuis 2006 contre le Mali et pour déstabiliser la sous-région. Nous nous limitons à certains faits lors de l’insurrection de la bande à Ibrahim Ag Bahanga et qui prouvent la duplicité du voisin à l’égard de notre pays.

En effet, de 2006 à 2009, l’Algérie n’a cessé de déployer le tapis rouge aux bandits qui tuaient, pillaient et posaient des mines à Kidal et dans d’autres localités du nord du Mali.

Au même moment, l’on évoquait une soi-disante médiation algérienne entre le gouvernement malien et les insurgés.
Mais qui fournissaient armes, munitions et vivres à ces mêmes bandits ? Que dire de ces mines puisées dans les stocks de l’armée algériennes et utilisées par Bahanga ?

Qui soignaient ces bandits blessés lors des combats avec l’armée malienne ? Qui leur apportaient aide et assistance quand ils étaient pourchassés par l’armée malienne ? A toutes ces questions : les Algériens doivent répondre.
Alors l’Algérie, ce pays protecteur de bandits, est mal placé pour condamner la libération des quatre hommes, dont deux Algériens.

Au Mali, nous avons suffisamment de mémoire pour nous rappeler que tous ceux qui, ces dernières années, ont fait du mal à notre pays, surtout dans sa partie septentrionale, avaient trouvé refuge en Algérie. Ont- ils été inquiétés un seul instant ?

Le mardi, le ministère des affaires étrangères algérien a « dénoncé l’attitude inamicale » des autorités maliennes. Le ridicule a donc cessé de tuer du coté d’Alger.

En effet, c’est dans ce pays qu’est né le GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat), qui finalement s’est affilié à Al-Qaïda pour le Maghreb Islamique (AQMI).

Crée et instrumentalisé au départ par les services spéciaux algériens, le GSPC a échappé finalement à ses géniteurs. En Algérie, le sujet est tabou. Et pour cause.

Ce sont les généraux algériens, les véritables tenants du pouvoir, qui ont fabriqué de toutes pièces ce mouvement, en vue de semer le trouble dans leur propre pays et avoir un œil constamment braqué sur le nord du Mali.
Dans leur scénario machiavélique, les géniteurs du GSPC avaient tout prévu, sauf un ralliement du GSPC à AQMI.

Aussi, le combat contre AQMI, la guerre civile, la lutte contre les islamistes, la croisade contre les terroristes, sont aujourd’hui de prétextes fallacieux pour certains barons du régime algérien. Objectif inavoué : détourner des sommes colossales.

Maintenir un perpétuel climat de terreur à l’intérieur, susciter des tensions au niveau des frontières voisines, voilà la stratégie en cours dans ce pays. S’y ajoutent, le trafic et la contre bande organisés et dont les ramifications ont atteint les hautes sphères de l’État. Voilà un pays qui est en mauvaise posture pour accuser le Mali de contribuer à déstabiliser la sous région.

Dans les rapports entre les deux pays, si des actes déloyaux ont été posés, ils l’ont toujours été par l’Algérie et non par le Mali. Et c’est ce pays qui a une dette envers le nôtre.

Dans sa lutte de libération, l’Algérie a bénéficié de l’aide en tous genres des autorités maliennes. Aujourd’hui, du côté d’Alger, c’est oublié.
Oublier au point de vouloir établir des règles nouvelles dans les rapports entre nos deux pays.

Car le souci du Mali d’entretenir des rapports cordiaux avec son voisin n’est pas compris.
L’on pense que le Mali est devenu une arrière cour, où l’on peut indéfiniment faire tout ce que l’on veut et quand on le souhaite.

Une évidence est là : le Mali est un pays voisin de l’Algérie, mais pas son obligé. Cela doit être compris de l’autre coté de la frontière.
Et demain, si le Mali doit libérer d’autres membres d’AQMI pour sauver la vie d’une innocente personne, il le fera.

Pour cela, il n’aura besoin ni de la caution d’un voisin, encore moins de son autorisation. Surtout si ce voisin est passé maître dans l’art de mettre le feu à sa propre case et chez ses voisins. Le Maroc, hier, le Mali aujourd’hui, demain ça sera un autre. Tout cela pour des intérêts inavoués.

CH. Sylla

25 Février 2010.