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La vie a repris lundi au Gabon dans un calme précaire après une paralysie totale de l’économie due à l’élection présidentielle du 27 août. Des violences meurtrières accompagnées de pillages massifs ont suivi l’annonce contestée de la réélection du président Ali Bongo Ondimba. A Libreville, le centre de la capitale a retrouvé son animation habituelle, mais les habitants doutent que la crise post-électorale soit achevée. Une question commence à se poser: l’opposant Jean Ping, qui se déclare le « président élu », va-t-il déposer un recours devant la Cour constitutionnelle d’ici jeudi, la date limite ? Les banques, fermées depuis bientôt une semaine, ont rouvert, alors qu’une pénurie de liquidités commençait à se faire sentir dans la capitale. Les taxis collectifs circulaient de nouveau. Les gros 4×4 rutilants ont également fait leur réapparition. Leurs propriétaires les avaient prudemment garés de crainte des pillards ou des manifestants dans un pays où les inégalités sociales sont criantes. Le secteur de la distribution a été frappé de plein fouet par la paralysie des transports provoquée par les troubles. « On a l’impression d’un faux calme », témoigne à Lambaréné (centre) un cadre d’une société de distribution de produits frais (tomates, ananas…). Petit pétrolier d’Afrique centrale d’environ 1,8 million d’habitants, le Gabon importe 80% de sa nourriture. Les troubles ont provoqué des pénuries et une flambée des prix. « Quatre piments, maintenant ça fait 1.000 francs » CFA (1,5 euro), contre 200 à 300 CFA en temps ordinaire, déplore André, habitant du quartier populaire de Lalala-à-gauche. Après l’explosion de violence mercredi dernier à la proclamation des résultats officiels provisoires, les Gabonais qui le peuvent veulent reconstituer un stock de nourriture avant la prochaine étape du processus électoral: la proclamation par la Cour constitutionnelle des résultats définitifs du scrutin à un tour du 27 août. AFP