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Un calme précaire régnait jeudi à Lomé, où quelques échauffourées opposaient des bandes de jeunes aux forces de l’ordre avant une manifestation de l’opposition togolaise interdite, ont constaté des journalistes de l’AFP. La capitale avait des allures de ville déserte, alors que la principale coalition d’opposition a maintenu son appel à marcher jusqu’au siège de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pour demander la démission du président Faure Gnassingbé, héritier d’une famille au pouvoir depuis 50 ans. Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi, selon le gouvernement, dans les deux principales villes du pays, Lomé et Sokodé, au cours de violents affrontements. Dans le centre de Lomé, la plupart des commerces sont restés fermés à la mi-journée et les rues quasiment désertes, hormis quelques moto-taxis circulant sur les grands axes. « Les activités sont au point mort après des jours de perturbation par des marches. Ce qui se passe pèse tellement sur nous, il faut que les politiques dialoguent pour trouver une solution à cette crise » expliquait un vendeur de téléphones portables à Deckon, le quartier commerçant de Lomé. Quelques bandes de jeunes tentaient de dresser comme la veille des barricades et de brûler des pneus à Bè, secteur historique de l’opposition d’où devaient partir les marches. Les forces de l’ordre, déployées en nombre, les dispersaient à coups de tirs de gaz lacrymogènes sporadiques dans un jeu de chat et de la souris continu. Dans d’autres quartiers comme Amoutivé, des équipes de nettoyage continuaient à libérer les voies des restes de barricades ou carcasses de voitures incendiées la veille. Depuis août, de nombreuses marches ont été organisées au Togo, dont celles des 6 et 7 septembre, qui ont rassemblé plus de 100.000 personnes dans Lomé et plusieurs dizaines de milliers dans les villes du nord du pays. Douze personnes, dont une majorité d’adolescents, ont été tuées en deux mois de manifestations.AFP