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On pourrait appeler cela : ciblage de soumissionnaire, obstruction aux autres candidats. Néanmoins tous les deux comportements sont punis par la loi ou plus précisément par le Code des marchés publics. Les plus autorités du pays sont interpellées pour que force reste à la loi

En effet, certains agents de la Caisse nationale d’assurance du Mali (CANAM) ont décidé de combiner avec une PME française dénommée GLI (Gilles Leroux Industrie) pour cibler un candidat dans le cadre de l’attribution du marché de la nouvelle carte de l’assuré. Ainsi, ce dernier étant uniquement l’éditeur du logiciel MSSIB, version 2017 ou Mali Santé Système d’identité biométrique, profite de cette position pour empêcher les autres postulants au marché de fournir l’échantillon exigé dans leur dossier. En effet, GLI veut d’ailleurs profiter de cette situation pour apparaître comme un fournisseur global alors qu’il n’en est pas. Il lui est seulement demandé de fournir cette application aux candidats. Avec la complicité de certain, il refuse systématiquement ce précieux sésame aux autres candidats qui en font la demande de manière régulière. Les dossiers de candidature des fournisseurs doivent comporter cinquante (50) de cartes spécimen avec cette application.

D’ailleurs la société qui avait fabriqué les puces est prête à témoigner, rapportent nos interlocuteurs. Ainsi GLI n’est ni fabricant de la carte, ni concepteur de puce, il est seulement fournisseur de l’application MSSBI, version 2017.

Selon certains opérateurs rencontrés, l’appel d’offres dont le DAO porte le N°004, est ouvert il y a une vingtaine de jour parla CANAM. Le délai du dépôt des dossiers est fixé au 30 juin prochain.

Comme signalé, ce marché concerne le renouvellement des cartes des assurés. La CANAM ayant décidé de trouver des nouvelles cartes plus sûres et plus sécurisées dans le but d’éliminer la fraude. Le coût du marché est estimé à plusieurs milliards de nos francs. Ce qui fera dire à un de nos interlocuteurs qu’en ciblant un seul opérateur, les agents de la CANAM impliqués dans cette grosse magouille se partageront au moins un milliard. Donc l’évidence, si la concurrence n’est pas seine, se serait au détriment et de la fiabilité de la carte et des assurés.

La conséquence immédiate est que la fraude à l’AMO se poursuivra allègrement. Tout cela devient inquiétant pour les assurés que nous sommes tous, car c’est tout le système de l’assurance maladie qui risquera de s’écrouler. Pourtant Dieu sait combien l’AMO a réduit les problèmes d’ordonnance, d’analyse médicales et de prise en charge des malades dans notre pays.

Ainsi, sur le plan juridique, ce comportement de GLI et ses complices est interdit par l’article 03 du Code des marchés institué par le DécretN°2015-06604/P-RM du 25 Septembre 2015,publics qui traite de l’égalité des traitements des postulants. Il est également discriminatoire au regard de l’article 35, alinéa 02, qui invoque le ciblage d’un des soumissionnaires. Cela veut dire que la Direction de la CANAM doit prendre des dispositions légales et transparentes pour que tous les soumissionnaires soient traités équitablement par GLI qui n’est autre que son partenaire. Les candidats qui veulent postuler à cet appel d’offres de la CANAM n’ont plus que quelques jours pour déposer leur dossier. Ils en appellent aux autorités compétentes afin de trouver une solution pour la transparence et l’équité comme l’exige la loi.

Affaire à suivre donc…
Sadou Bocoum

Du 23 Juin 2017