Partager

Une odeur de magouille est perceptible autour du marché d’un serveur à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Cet instrument informatique a été acheté et facturé à 1 570 000 000 FCFA, selon nos sources, par le département du Développement Social. Alors qu’une structure de la place avait acheté quatre serveurs de dernière génération du même genre à un peu plus de 200 millions de FCFA.

La Caisse nationale d’Assurance Maladie est l’une des réformes sur laquelle, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, compte beaucoup pour améliorer les conditions de vie des Maliennes et des Maliens. C’est lors du Conseil des ministres du 7 janvier 2009 que les projets de textes relatifs à la création de cette structure ont été adoptés.

Pour ceux qui ne le savent pas, la Caisse nationale d’assurance maladie est un établissement public national à caractère administratif créée pour assurer la gestion du régime d’assurance maladie obligatoire. Elle est chargée de l’encaissement des cotisations du régime d’assurance maladie obligatoire ; l’immatriculation des assurés et la mise à jour des droits des bénéficiaires ; l’allocation aux organismes gestionnaires délégués des dotations de gestion couvrant leurs dépenses techniques et de gestion courante. Ce n’est pas tout.

La Caisse nationale d’assurance maladie est également chargée de la passation des conventions avec les formations de soins et le suivi de leur déroulement ; le contrôle de la validité des prestations soumises à la prise en charge et l’établissement des statistiques de l’assurance maladie obligatoire.

Précédemment Conseiller technique au département du Développement social, de la solidarité et des personnes âgées, Nouhoun Sidibé a été nommé pour diriger cette structure.

Malheureusement, la Caisse est confrontée à d’énormes difficultés qui ont pour noms : le recrutement du personnel, l’installation du serveur et le retard des cartes de santé des assurés. C’est le constat que nous avons fait lors de notre passage en début de semaine, au siège de la CANAM à l’ACI 2000.

S’agissant du personnel, le ministère avait chargé, moyennant 14 millions de FCFA, un cabinet privé pour recruter une vingtaine d’agents. Ce qui est une violation flagrante des textes de la Caisse, qui est un établissement public national à caractère administratif doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. C’est donc à ellede recruter son personnel et non au département.

Pire encore, une liste de recrues avait été envoyée par le ministère de Sékou Diakité au Directeur de la Caisse qui l’a catégoriquement rejetée. Pour la petite histoire, cette liste était majoritairement composée de jeunes de l’ADEMA.

Pour le fonctionnement de sa structure, le Directeur de la CANAM avait demandé au Cabinet du ministère de mettre à sa disposition certains cadres de l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) et de la Caisse Nationale des Retraites.

Si la Caisse Nationale des Retraites a refusé de céder ses agents, l’INPS, en revanche, a accédé à la demande de la CANAM.

S’agissant de l’affaire du serveur, on ne peut s’empêcher de sentir une odeur de magouille. En effet, cet outil informatique, qui sert à stocker toutes les données de la Caisse, aura coûté la bagatelle de 1 570 000 000 de nos francs. Alors qu’une structure de la place avait acheté quatre serveurs de dernière génération du même genre à un peu plus de 200 millions de FCFA seulement. C’est dire qu’une magouille à grande échelle se profile derrière cette affaire. En effet, tout laisse à croire que ledit serveur a été surfacturé au frais du contribuable malien.

L’autre difficulté rencontrée par la Caisse nationale d’assurance maladie l’a été au niveau de la confection des cartes de santé des assurés.

Ce marché vient d’être annulé, selon nos informations, par l’Autorité de régulation des marchés publics.. Alors que la Direction de la CANAM voulait distribuer les premières cartes à l’occasion de la fête de l’indépendance, le 22 septembre prochain.

Alou B HAIDARA

08 Septembre 2010.