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La Caisse des Retraites du Mali se trouve ces derniers temps dans le creux de la vague. Les problèmes ont pour dénominateur commun amaigrissement des ressources. D’année en année, on assiste à une augmentation exponentielle du déficit budgétaire. Au même moment, la Directrice Générale, Oumou Marie Dicko, a initié des projets qualifiés “d’éléphants blancs” qui consistent à doter la caisse de nouveaux bâtiments flambants neufs à coût de milliards de francs CFA.

Tenez-vous la réalisation du nouveau siège qui abrite la Direction Générale située à l’ACI 2000 a coûté aux contribuables plus de 700 000 000 F CFA. Comme si cela ne suffit pas, Oumou Marie Dicko vient d’initier un projet de code de pension des retraites à l’Assemblée Nationale.

A peine entamé, le nouveau code de pension des retraites suscite un levée de bouclier au sein de nos forces armées et de sécurité.
Au sommet de la hiérarchie, le nouveau code est comparable à une déclaration de guerre. Que dit le projet de code des retraités ?


Les mesures impopulaires de la directrice générale

Face au déficit de trésorerie dû à la mauvaise gestion et à la construction de nouveaux locaux dans les 8 capitales régionales et dans le District de Bamako, la Directrice Générale de la Caisse des Retraites du Mali a imaginé un projet de réforme du code des pensions. Le texte en gestation prévoit un changement de base dans le calcul des pensions.

Le texte en voie d’être déposé sur la table de l’Assemblée Natinoale, si ce n’est déjà fait, envisagerait de prendre comme base des pensions, la moyenne des revenus des cinq dernières années de service du fonctionnaire partant à la retraite. Mais actuellement, c’est le dernier salaire du fonctionnaire ou du militaire partant à la retraite qu’on prend comme la base des pensions.

Si l’on fait la moyenne des revenus des cinq dernières années d’un fonctionnaire, le résultat qu’on obtient est inférieur par rapport à son dernier salaire perçu surtout s’il n’a pas de prime et d’indemnité conséquentes. On le sait, rares sont ses les agents de l’Etat qui bénéficient des indemnités et primes. Les spécialistes de la question soutiennent que c’est seulement chez les fonctionnaires à revenus élevés que la nouvelle mesure en gestation profite.

La réforme en vue se fera sur le dos des 95% des futurs retraités qui verront leurs pensions baissées tout en perdant le bénéfice de la majoration pour famille nombreuse. Au même moment, les 5% verront leurs pensions gonflées”, nous a affirmé un cadre moyen de la Fonction publique.

Où trouver les ressources pour faire face aux nouvelles charges ? Dans la réforme proposée par la Directrice, le taux de l’abonnement de l’Etat passera de 8 à 20%, tandis que le prélèvement sur le salaire est maintenu à 4%.

Oumou Marie Dicko propose également la suppression de la majoration pour enfant majeur (21 ans au moins), la suppression de la pension d’invalidé concernant les militaires blessés de guerre, les infirmes, les grands malades. Autre mesure impopulaire de la Directrice Générale est la non reversion de la pension pour une veuve qui n’a pas encore atteint 40 ans.


Le mécontentement du haut conseil militaire

En janvier 2008, la Directrice Générale de la Caisse des Retraités, Oumou Marie Dicko a rencontré le Haut Conseil de la Fonction Militaire dans la salle de conférence de la Cercle Messe des Officiers à Badalabougou. Cette rencontre était présidée par le Colonel Minkoro Kané.

Elle a regroupé les représentants de chaque corps des forces armées et de sécurité en raison d’un officier, un sous-officier et un homme de rang pour chaque corps (Armée de l’Air, de Terre, Gendarmerie, Garde Nationale, Police Nationale, Compagnie Para, Protection Civile, Douane). A peine a-t-elle terminé son exposé que les questions des porteurs d’uniforme ont plu sur la Directrice Générale.

Il a suffit seulement 15 minutes pour mettre fin à l’Assemblée générale tant l’atmosphère était surchauffée dans la salle. En quittant la salle, la Direction Générale de la Caisse des Retraites et le Haut Conseil de la Fonction Militaire ont promis de se rencontrer pour une seconde fois. Mais depuis janvier 2008, aucune autre réunion n’a eu lieu.

Une indépendance sous tutelle

Pour marquer son indépendance, la Direction de la Caisse des Retraites du Mali a initié en vaste projet de construction de nouveaux locaux. C’est dans ce sens qu’elle a acheté une parcelle dans chaque capitale régionale et dans le District de Bamako. Le bâtiment qui abrite la Direction Générale a coûté 709 millions de F CFA sans compter le prix de la parcelle et les équipements de travail.

Cela n’est pas mal en soit. Mais à peine deux ans après la construction du nouveau bâtiment, des fissures sont bien visibles à travers le bâtiment. Raison de plus pour que les détracteurs crient à un fiasco. Il semble que ce qui est vrai à Bamako l’est pour les 8 capitales régionales.

Jusqu’où ira la déclaration de guerre que Oumou Marie Dicko a lancée aux forces armées et de sécurité ?

Daba Balla KEITA

10 Septembre 2008