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La majorité parlementaire fuit le débat. Le gouvernement de la République se met à couvert.
Quand l’Assemblée nationale dans sa composition actuelle interpelle le gouvernement sur la vie chère qui affecte l’ensemble de nos compatriotes et sur la crise scolaire de jour en jour pernicieuse, ce n’est certainement pas pour entendre les seuls députés de la majorité présidentielle.

Des députés dont précisément les partis sont tous représentés dans l’exécutif et donc comptables de la gestion catastrophique du pays.

Mais le président de l’institution parlementaire est un mathématicien qui croit au fétichisme des quotas et de leur mise en équation .

Il a tort .

Car en n’accordant que 20 minutes de temps de parole, sur un total de 4 heures, à l’ensemble des députés de l’opposition, ceux par lesquels la critique allait venir, il cautionne, et avec lui d’autres, une pirouette qui faussera à coup sûr le débat dans ses aspects les plus essentiels.

L’on ne sera alors venu que pour s’écouter parler, dans une ambiance familiale, dans un total déficit de démocratie. Et c’est bien dommage!

Eh bien l’opposition malienne, en toute responsabilité, refuse de se prêter à cette mascarade, refuse de servir de faire-valoir, de caisse de résonance en jouant à faire semblant.

Elle a décidé de protester, de boycotter les débats, et elle a eu raison.

L’Assemblée de la majorité parlementaire rate là une occasion immense de débat constructif, une occasion du parler vrai, un moment de sincérité à l’endroit du Mali et des Maliens éprouvés par la conjoncture.

Le PDES lui même aurait gagné en visibilité à quelques jours du 8 juin, date anniversaire de l’investiture du président de la République pour son dernier quinquennat. On va sans doute la fêter en grandes pompes alors que le pays va mal… si mal . Et on le sait.

S. El Moctar Kounta

23 Mai 2008