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Le parti du Tisserand, dans le cadre de l’opposition, vient de donner un cinglant coup de fouet dans le silence complice d’une classe politique acquise à la cause du pouvoir. Il s’insurge contre la rupture du dialogue politique entre l’administration et les représentants de la Commission nationale consultative des partis politiques.

Pourtant le silence de l’administration a été trahi par le débat télévisé au cours duquel le directeur de l’intérieur, Boubacar Sow, a fait des révélations fracassantes sur les insuffisances du processus électoral.

Le Rassemblement pour le Mali ( RPM) est monté aux créneaux pour dénoncer ce qu’il considère comme des faits qui pourraient nous conduire dans une impasse politique préjudiciable aux équilibres trop fragiles de notre projet de construction démocratique. En fait, depuis la fin des élections présidentielle et législatives, le cadre de concertation qui réunissait périodiquement le Ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales et la Commission nationale consultative des partis politiques semblait être délaissé par l’Etat.

L’Administration et les représentants de cette commission, en particulier les membres des partis de l’opposition, depuis cette période, semblent avoir rompu le dialogue. C’est donc, à travers les interventions du directeur général de l’intérieur, Boubacar Sow, lors de l’émission télévisée ‘’ débat de cité ‘’ du 7 décembre dernier que le RPM a été informé sur plusieurs points relatifs au processus électoral. Parmi ces ‘’ révélations ‘’, figurent un projet de chronogramme de préparation des prochaines élections qui n’aurait pas fait l’objet d’une décision gouvernementale.


Le RPM précise:
’ Nous serions davantage confortés dans dans notre quête d’une démocratie apaisée et véritablement participative si ledit projet venait à être préalablement soumis au cadre de concertation MATCL-Commission nationale consultative des partis politiques de l’opposition, aux débats des affaires publiques en général et singulièrement des questions relatives à la préparation et à l’organisation des élections. Pour mémoire. Le RPM n’a été ni représenté, ni sollicité pour avis dans la préparation et l’organisation des Etats généraux sur la corruption.‘’

Le Rassemblement pour le Mali, selon ses sources, a fait état d’une mauvaise organisation des opérations de révision des listes électorales en vue des élections de 2009.

La Commission électorale nationale indépendante, a-t-il indiqué, en tant que structure de contrôle de la régularité des opérations électorales, n’a pas assuré le suivi effectif des opérations de révision des listes électorales à cause du retard accusé dans l’installation de ses démembrements.

Citant les propos du directeur de l’intérieur lors du débat télévisé, le parti du Tisserand mentionne ce qu’il considère comme une interpellation forte de tous les acteurs de notre processus électoral: Celui-ci, indique le RPM, a clairement déclaré que le fichier actuel, résultat du RACE dont la duplication des cahiers de recensement et des différentes révisions des listes électorales a été élaboré sur la base des produits avariés provenant des cahiers de recensement obsolètes donc des produits hors d’usage.

Le parti a cité Boubacar Sow signalant d’autres insuffisances dans les opérations de révision des listes électorales. Ceci, indique le RPM, est un aveu de la mauvaise qualité du fichier électoral attestée par ailleurs par l’évolution du nombre d’électeurs de 1992 à 2008.

Le parti s’est posé plusieurs questions dont celles relatives au RAVEC qui était à portée de mains et à l’analyse de la DGE concernant les différents facteurs qui ont influencé dans un sens ou dans l’autre l’évolution du nombre des électeurs, d’autant plus qu’au cours de l’émission télévisée, le directeur de l’intérieur avait avoué que l’outil technologique qui est à la base du fichier est dépassé.

Le parti ne se limite pas aux constats, Il propose que l’examen du RAVEC et l’étude du fichier électoral soient inscrits dans l’agenda du cadre de concertation. Le RPM a cité d’autres points à examiner, parmi lesquels, la question des cartes électorales non distribuées, la sécurisation des bulletins de vote, la ‘’ traçabilité’’ des bulletins uniques et la non implication des démembrements de la CENI dans la phase cruciale des révisions des listes ( du 1er au 31 octobre).

Toutes choses qui indiquent que le Rassemblement pour le Mali, qui a relevé plusieurs insuffisances dans l’organisation du processus électoral, s’estime exclu des concertations politiques.

D’autant plus que l’administration, en écartant momentanément l’opposition du cadre de dialogue, semble avoir pactisé avec une partie de la classe politique qui continue à soutenir ATT, le PDES, l’initiative riz… et qui a contribué à installer une morosité ambiante et le flou politique – puisqu’il est inexact de parler aujourd’hui de consensus – dans l’organisation du processus électoral.


Baba Dembélé

18 Décembre 2008