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A peine installés, les deux nouveaux ministres chargés de l’Education devront faire face au nouveau cahier de charge de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui comporte une batterie de revendications.

Vingt-quatre heures seulement après la nomination des nouveaux ministres, le bureau de coordination de l’AEEM a organisé une conférence de presse pour dévoiler ses revendications au titre de la nouvelle année scolaire et universitaire.

Un cadeau de bienvenue empoisonné pour les ministres des Enseignements secondaire, supérieure et de la Recherche scientifique ; de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Pr. Amadou Touré et Mme Sidibé Aminata Diallo.

Ce cahier de charge qui sera déposé sur leur table cette semaine contient une pile de revendications que le syndicat estudiantin entend défendre jusqu’au bout. En première ligne de ces points, figure l’épineuse question du « numerus clausus » de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS).

« Il faut que ce problème soit définitivement clos cette année » , a tranché Mohamed Ibrahim Baby, jeudi, à la FMPOS. Ensuite, il y a les questions financières. « Nous allons demander une majoration des bourses et des trousseaux » , a-t-il ajouté.

Le recrutement d’enseignants, la construction des instituts de formation de maîtres, des restaurants, des résidences, des bibliothèques universitaires et l’ouverture de salles informatiques dans toutes les écoles sont d’autres exigences de l’AEEM. Autant dire que les ministres n’auront pas un temps de répit, car, aux dires de M. Baby, « ce sera cette année ».


Fin des concessions

En dehors de ce cahier de revendication, l’école est traversée par de graves crises notamment à la FMPOS, à la FSJP et à la FSEG où le spectre de l’année blanche plane.

Ces trois facultés n’ont pas encore bouclé l’année académique 2006-2007 a fortiori entamer la nouvelle. Le bras de fer qui oppose les étudiants au décanat de la FMPOS est loin de connaître son épilogue. « Le dénouement de cette crise passe par la libération de nos camarades emprisonnés » , a fait savoir le secrétaire général du bureau de coordination de l’AEEM.

M. Baby a invité le décanat au dialogue et les autorités scolaires à arrêter la chasse à l’homme au sein de cette Faculté pour éviter tout pourrissement de la situation. « Nous avons fait trop de sacrifices et de concessions : la journée de salubrité, la journée de pardon pour le bonheur de tous. De leur côté, les autorités n’ont pas respecté leur engagement. Nous avons certes signé le Partenariat pour une école apaisée et performante, mais cet accord ne nous empêche nullement d’utiliser nos moyens de lutte pour nous faire entendre » , a menacé M. Baby.

Aujourd’hui, les négociations sont interrompues. Et entre le décanat, le comité de négociation et les étudiants, c’est un désamour qui ne dit pas son nom. Un autre « cadeau », pardon, patate chaude dans la main du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique.

Sidiki Y. Dembélé

08 octobre 2007.