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Dans le cadre de ses activités de mobilisation sociale, en faveur de l’annulation de la dette et de la promotion des droits humains, la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) a initié une journée d’échanges et d’information sur la dette et les droits humains au Mali avec les honorables députés dans l’enceinte de la salle Aoua Keita de l’Assemblée nationale.

Cette rencontre qui a eu lieu le samedi 14 juin 2008 a été un espace d’échange et de proposition de voies d’annulation de la dette. Elle a permis aux législateurs de prendre en compte la question de la dette dans la mise en oeuvre des activités législatives au quotidien tout en plaçant l’endettement au centre du débat à l’hémicycle.

La cérémonie était présidée par Mme Barry Aminata Touré, présidente de CAD-Mali, en présence de Assarid Ag Inbarcawane, 2è vice-président de l’Assemblée nationale.

Les politiques de développement imposées en Afrique depuis un quart de siècle par les grandes institutions internationales et les pays du Nord n’ont pas réussi à endiguer la pauvreté sur le continent. Ayant eu pour effet principal l’ouverture de nouveaux marchés aux multinationales du Nord, ces politiques n’ont correspondu en rien aux aspirations des populations du Sud.

Les nouveaux programmes de développement tels que le NEPAD, l’Accord de Cotonou, l’AGOA et le CSLP sont élaborés sans consultation de ces mêmes populations.

Parallèlement, les politiques menées par les gouvernements africains depuis les indépendances ont été calamiteuses : clientélisme politique, corruption généralisée, détournement de biens publics et impunité ont compromis gravement les chances de développement de ces populations.

Le fardeau de la dette constitue l’un des freins majeurs au développement de l’Afrique.

Les grandes institutions internationales au chevet des pays surendettés ont soumis les ré-échelonements ou les allègements de ces dettes à la mise en place de programmes d’ajustement structurel dont les conséquences ont été désastreuses.

Ces programmes relèvent d’une doctrine ultra-libérale dont les pierres angulaires sont : l’austérité budgétaire, la réduction drastique des dépenses sociales (école, santé), la libéralisation totale des marchés, la déréglementation, la privatisation massive et la bonne gouvernance.

Les conséquences des plans d’ajustement structurel ont été une paupérisation croissante des plus pauvres et un enrichissement rapide des élites locales et des multinationales du Nord.
La question de la dette des pays africains mérite réflexion.

En effet, la dette, fardeau insurmontable pour les pays en développement comme le Mali, engendre la réduction des budgets dans les secteurs vitaux de nos pays et aussi le blocage de l’accès des populations aux services sociaux de base comme la santé, l’éducation, l’eau potable.

Selon Mme Barry Aminata Touré, elle diminue la marge de manoeuvre du gouvernement à respecter et à promouvoir les droits humains par le fait qu’elle constitue un vrai frein au développement social, économique et culturel des communautés et un outil de violation des droits des citoyens.

Alors que nous, nous luttons pour le développement de nos pays, la survie des communautés et l’intégration africaine, la Commission européenne nous impose des accords de libre échange qui, selon plusieurs études d’impacts réalisées, seront dramatiques pour les pays ACP dont le Mali.

Car, il n’y a nul doute que les marchés et l’économie des pays ACP sont encore fragiles et n’ont pas à présent réuni les conditions pour faire face à la compétition. De surcroît, l’intégration sous-régionale et africaine à peine amorcée, risque d’être compromise”, a martelé Mme Barry Aminata Touré.

En instituant ce débat avec les honorables députés, CAD-Mali relance ainsi la question de la dette des pays ACP.

Il est à retenir que la Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) est un réseau d’organisations de la société civile malienne regroupant des organisations paysannes, des femmes, des jeunes, des opérateurs économiques locaux, des ONGs, des syndicats.


Gnimadi Destin

20 Juin 2008